- Couloir 4, Sarah Valmont !
Son cœur cognait si fort qu'elle avait l'impression que tout le stade pouvait l'entendre. Elle ressera les lacets de ses pointes, se retourna vers son coach qui l'encourageait et là... BIP ! Tous se jouait sur cette courses. Sarah bondit hors des blocs, ses pointes griffant la piste rouge. Le vent fouettait son visage. Elle n'entendais plus que sa respiration. 200 mètres, elle était troisième. Elle serra les dents, se n'était pas fini. Dans le virage, une adversaire la doubla. Puis une autre. Ses jambes commençaient à brûler plus tôt que d'habitude, comme si son corps ne suivait plus ses intentions. Elle serra les dents, tenta d'accélérer, mais ses muscles répondaient moins fort, moins vites. Dernière ligne droite, elle donnait tous se qu'elle avait, vraiment tous. Ses bras fouettaient l'air, sa respiration était saccadée, ses yeux fixés sur la ligne blanche. Deuxième, puis troisième et encore dépassé dans les derniers mètres. Quand elle franchit enfin la ligne, son corps ralentit d'un coup, comme vidé. Les mains sur ses genoux, le souffle cassé. Les résultats s'affichèrent au loin. Pas elle, pas la victoire, même pas le podium. Elle baissa les yeux sur ses pointes, immobile sur la piste en répétant en boucle dans sa tête «j'aurais dis faire mieux». Elle ressentis une colère contre elle mais aussi une déception qui lui serrai la poitrine et surtout, une phrase revenait sans arrêt : «j'ai tous gâché». Elle restait là, pendant que tous le monde tournait autour d'elle. Elle rentra chez elle sans vraiment se souvenir du trajet. Quand elle poussa la porte de chez elle, la maison était calme, trop calme, comme si rien ne c'était passé aujourd'hui.
- Ça va ?
Demanda quelqu'un sans insister.
Elle répondit vaguement un «oui» automatique et monta dans sa chambre. Elle posa son sac dans un coin, ses pointes encore dans ses mains. Elle les fixas quelques secondes avant de les laisser tomber par terre. Son regard restait bloqué sur le mur. La course repassait en boucle. Chaques détails, chaques dépassements, chaques secondes où elle avait cru pouvoir revenir. Plus tard, on l'appelait pour manger. Elle descendit, s'assis à table et regardait son assiette sans vraiment là voire. Comme si son cerveau refusait de se reconnecter. Elle poussa légèrement la chaise en arrière.
- J'ai pas très faim, je suis fatiguée, je vais me coucher.
Dit elle sans vraiment le penser.
- Bonne nuit ma puce ! répondit sa mère.
Elle remonta dans sa chambre. Cette fois si, affalée sur son lit en fixant le plafond. Le silence pesait lourd mais dans sa tête, elle ne s'arrêtait pas. «j'aurais dis faire mieu», «je suis nulle aujourd'hui», «tous le monde a vu». Et pour la première fois, la course ne lui faisait pas que mal aux jambes mais partout ailleurs.
YOU ARE READING
Couloir 4
RandomSarah, 15 ans, fan de l'athlétisme surtout du 800m. Au lycée, elle est souriante, drôle avec ses amis et travaille bien. Mais dans sa tête, elle se compare constamment aux autres...
