Je me sens si mal
et ce n’est pas nouveau.
Cette tristesse, cette peur, cette colère
ne s’est jamais estompée,
elle n’a fait que monter,
monter encore,
comme une marée qui refuse de repartir.
Il est cinq heures trente du matin.
Devine qui vient de passer une nuit blanche,
les yeux lourds,
le sommeil absent,
le corps qui supplie et que l’esprit ignore.
Ça monte
et remonte
puis redescend un peu,
mais mon Dieu que c’est profond.
Je le ressens jusqu’aux tripes,
jusqu’au creux des os.
Parfois la peur revient,
brutale,
nue.
Vont-ils me croire ?
Mes mots ont-ils encore un sens
ou sont-ils juste du bruit de plus
dans ce vacarme muet ?
Peut-être que tout est dans ma tête,
disent les voix raisonnables.
Mais alors d’où vient cette douleur
qui prend toute la place
et qui pèse plus lourd que mon propre corps ?
Il fait froid dehors
mais j’ai chaud à l’intérieur,
les sensations se retournent,
le froid brûle,
la chaleur glace,
mon cœur bat à l’envers.
Mon âme est devenue noire,
pas d’un noir dramatique de film,
non,
d’un noir fatigué,
usé,
opaque.
J’ai parfois envie d’être l’unique qui reste,
parfois envie d’être celui qui part,
mais dans les deux cas
je suis trop lâche.
J’ai trop peur de souffrir du voyage
alors que la sédentarité me lacère déjà.
Si rester fait mal,
partir doit être l’enfer en plus lent.
J’écoute *My Beloved Monster*.
L’ironie me coupe le souffle.
Il est là,
mon monstre,
mais rien d’adoré.
Imposé.
Inamovible.
Je ne vois que lui.
Que ça.
Que ce silence absurde
au milieu d’un monde qui hurle de bruits stupides.
Je suis celui qui ne dort pas,
celui qui ressasse,
celui qui revoit encore
cette époque infernale
de fumée,
de lave,
de montagne qui pleure.
Les plaques tectoniques l’écrasent,
l’écrasent,
l’effacent doucement,
son individualité
broyée
grain après grain
jusqu’à n’être plus
qu’une cicatrice
sur la peau de la terre.
Et moi,
je suis cette montagne.
Et moi,
je pleure de l’intérieur.
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L'onyx Blanche
PoetryCertaines nuits ne finissent jamais vraiment. Dans le silence d'une nuit blanche, une voix parle de peur, de fatigue et d'un monstre intérieur qui ne disparaît jamais. L'Onyx Blanche est le récit d'une âme qui observe sa propre tempête.
