Ce jour -là c'était bien la première fois que ma mère partait sans prévenir. J'avais 10 ans quand j'ai appris la disparition de ma mère, elle était tout ce que j'avais de plus cher au monde. J'ai toujours vécu en arrière-plan dans ma famille, j'étais rejetée par tout le monde sauf ma mère et ma grande sœur. Nous étions 8 enfants dans ma famille, notre père faisait énormément de favoritisme pour ceux qui travaillaient bien, qui aidaient au quotidien etc.
𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐧𝐨𝐮𝐬 𝐞́𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞𝐫𝐞𝐧𝐭𝐞𝐬.
Toutee ma vie j'ai vu ma grande sœur se faire taper et insulter par mon père, ça durait surtout pendant la période du collège à cause de ses notes. Ma mère pouvait rien y faire mais elle s'occupait d'elle plus que des autres enfants. Puis mon tour y est passé, ma moyenne générale au collège ne dépassait pas plus de 12 et c'était pas assez pour mon père. J'avais rejoint les douleurs de ma sœur, nous souffrions ensemble du rejet familial, des insultes et des coups de notre père. Tous nos frères et sœurs nous détestaient et nous voyaient comme des échecs, sauf notre mère, elle a toujours cru en nous. C'était la seule qui nous encourageait et qui était là pour nous.
Puis un jour en me réveillant comme tous les matins je suis allée au salon dire bonjour à mes parents mais maman n'était pas là, ma grande sœur Alissa pleurait, mon père qui la détestait toujours lui criait dessus ce qui la faisait pleurer encore plus.
-Arrête de pleurer t'as 17 ans sérieux t'es plus une gamine. Cria mon père.
-Tu te rends pas compte de la gravité de ce que tu viens de me dire sérieusement. Cria Alissa à son tour.
-Je m'en rends très bien compte et ce n'est pas mon problème.
-Mais on parle de maman là, on parle de la mère de tes enfants de la femme que tu as épousée.
-C'est tant pis, moi je vais pas me battre pour elle.
-T'es vraiment qu'un enfoiré !
Sans même que je m'en rende compte mon père avait frappé ma sœur de toutes ses forces.
-Comment tu parles à ton père sale ingrate.
-Je pourrais même pas dire que t'es mon père. Disait-elle en se tenant la joue.
-Peu importe. Répliqua-t-il.
Je tremblais devant cette scène, je pris mon courage à deux mains et me lançai.
-Elle est où maman ? Dis-je, la voix tremblante.
Mon père ne m'adressa même pas un regard et Alissa me regardait avec un air triste.
-Maman a disparu Élya.
Mes yeux se remplirent de larmes je ne voyais plus rien je sentais mes larmes couler le long de mes joues tout en posant ma main sur ma bouche pour ne pas crier. Tout à coups je sentis quelqu'un m'enlacer, c'était sûrement pas mon père mais je me sentais en sécurité.
𝐀𝐥𝐢𝐬𝐬𝐚.
Quelques heures plus tard mes frères et sœurs se levèrent tous un par un, mon père leur avait tous demandé de s'asseoir sur les canapés du salon, Alissa et moi y compris. Après un long silence il annonça la nouvelle à toute la famille et tout le monde fonda en larmes. Après toutes cette tristesse mon père annonça les nouvelles règles.
-Faire les tâches ménagères
-Faire les devoirs
-Pas de bêtises à l'école
-Avoir une moyenne générale au-dessus de 14 sinon on était virés du foyer.
𝐉𝐞 𝐬𝐮𝐢𝐬 𝐦𝐚𝐥 𝐛𝐚𝐫𝐫𝐞́𝐞.
Mon père nous montra du doigt Alissa et moi tout en regardant les autres.
-A partir du moment où vous avez moins de 14 vous disposerez d'un mois pour vous rattraper sinon la porte. Dit-il d'un ton froid tout en nous fixant Alissa et moi. Le stress montait en moi mais elle restait calme.
Quand mon père nous laissa partir dans nos chambres je suivis directement ma sœur, elle commençait à regarder des appartements et des travaux. Directement je compris son idée. Un vide s'était installé dans la pièce pendant qu'elle continuait de chercher.
-Es-tu sûre de toi ? Lui ai-je demandé.
-Je ne sais pas encore mais pour le prochain mois je n'ai aucun examen ça j'en suis sûre.
Sa moyenne était seulement de 8 papa ne voulait pas l'aider et maman travaillait beaucoup, enfin elle travaillait beaucoup.
𝐌𝐚𝐦𝐚𝐧.
2 semaines s'étaient écoulées et ma moyenne n'avait pas bougé, j'alternais entre les bonnes et mauvaises notes. Alissa qui regardait tous les jours mes notes comprit très vite qu'il allait falloir plus d'argent. Elle avait totalement lâché l'école et travaillait tous les jours sans relâche matin et soir. Mon père lui continuait de s'occuper de ses enfants chéris et nous avait totalement lâchées Alissa et moi.
Le soir quand je rentrais des cours je devais nous faire à manger pendant que mon père préparait pour mes 6 autres frères et sœurs. Ils mangeaient tous des festins tous les soirs tandis que nous nous contentions de pâtes même des fois de rien car mon père voulait pas que l'on mange. Il avait également déjà préparé des valises pour Alissa et moi il avait hâte d'une chose c'était qu'on parte.
Au bout de trois semaines et demi Alissa put acheter un appartement avec un matelas deux places et un micro-ondes. On prit nos valises et partirent très tôt dans la matinée.
-Je suis désolée Élya je ne peux pas t'offrir une vie de rêve pour l'instant mais ça arrivera t'inquiète pas. Elle m'enlaça et elle s'était mise à pleurer, c'était à ce moment précis que je compris que notre vie allait être très compliquée.
En arrivant à l'appartement tout était vide aucun meuble sauf une pauvre petite douche mais ça suffisait. Il y avait que 2 pièces, la salle de bain et la chambre que faisait salon et cuisine même si on avait pas grand chose à y mettre. Le matin Alissa travaillait dans le café juste en bas de chez nous, le midi elle avait trouvé un poste dans un petit restaurant au coin de la rue et le soir elle travaillait dans un fast food trois rues plus loin. Les journées étaient chargées pour elle et elle rentrait tard. Quant à moi je restais à la maison en attendant que ma sœur ramène de l'argent pour m'inscrire dans un nouveau collège, ça arrivait des fois que je l'aide au travail pour espérer avoir un pourboire.
