Je ne devais pas tomber amoureuse au travail.
Déjà parce que c’est le boulot.
Ensuite parce que je travaille dans une crèche, pas dans une rom-com Netflix avec musique de fond et ralentis stylés.
Et pourtant.
Le jour où j’ai vu Nicolas, il était accroupi devant un enfant, à lui parler doucement, avec cette voix calme qui te fait croire que tout va bien dans le monde.
Et là, dans ma tête, ça a fait :
Ah. Merde.
Parce que bien sûr, il fallait qu’il soit beau.
Blond. Yeux bleus. Petite barbe de quelques jours, celle qui dit “je ne fais pas d’effort” alors que SI, clairement.
Gentil. Doux. Timide.
Le combo fatal.
À partir de ce moment-là, j’ai commencé à faire semblant.
Semblant de ne pas le chercher du regard quand je passais devant le centre de loisirs.
Semblant de marcher normalement alors que je ralentissais exprès.
Et puis j’ai arrêté de faire semblant.
Je me maquillais “simplement”.
Comprendre : 20 minutes de plus et une réflexion intense devant le miroir.
Je choisissais mes vêtements comme si j’allais à un date… alors que j’allais changer des couches.
Chaque matin, je me disais :
Aujourd’hui, tu t’en fous.
Chaque matin, je mentais.
Quand on se croisait, c’était toujours la même chose.
— « Salut. »
— « Salut. »
Deux mots.
Mais moi, j’en faisais un film entier.
Un jour, dans la salle du personnel, une collègue m’a regardée avec un petit sourire bizarre.
— « Tu sais que Nicolas te trouve belle ? »
Mon cœur s’est arrêté.
Puis est reparti trop vite.
— « Hein ? »
— « Oui oui. Il est timide, mais il t’a remarquée. »
À partir de là, c’était foutu.
L’espoir venait de s’installer sans payer de loyer.
Après ça, je ne pensais plus qu’à lui.
J’attendais un signe.
Un regard.
Un sourire un peu plus long.
Rien.
Alors j’ai fait ce que toute personne équilibrée ne ferait surtout pas.J’ai stalké.
Mais pas le stalking léger.
Le stalking expert.
•Facebook.
•Son profil.
•Ajoutée.
•Acceptée.
Déjà là, j’aurais dû m’arrêter.
Mais non.
J’ai fouillé.
Et trouvé son numéro.
J’ai fixé mon téléphone pendant un temps indéterminé.
— “Non.”
— “Si.”
— “Non.”
— “Bon… si.”
J’ai ouvert WhatsApp.
Écran vide.
Pression maximale.
Moi :Salut 🙂
Envoyé.
Et là…
L’enfer.
✔️ Envoyé
✔️ Vu
❌ Réponse
J’ai eu le temps :
de regretter toute ma vie
de me demander si je pouvais changer de métier
d’imaginer quitter le pays
Puis :
Lui :Salut, désolé… c’est qui ?
J’ai senti mon âme quitter mon corps.
Moi :C’est Stéphanie, de la crèche.
Silence.
Encore.
Puis le message que je redoutais.
Lui :Je préfère être honnête, je ne cherche rien de plus qu’une amitié.
Ah.
Ok.
Au moins, c’était clair.
J’ai répondu calmement. Très calmement.
Moi :Pas de souci, on peut être amis.
À l’intérieur, c’était plutôt :
Bien sûr, meilleure idée de ma vie.
Les jours suivants, j’ai essayé.
Moi qui écrivais.
Lui qui répondait.
Parfois.
Puis j’ai compris.
Quand c’est toujours toi qui relances,
ce n’est pas de la timidité,
c’est du désintérêt.
Alors j’ai arrêté.
Et lui aussi.
Deux ans ont passé.
Je pensais sincèrement être passée à autre chose.
Jusqu’au jour où une collègue m’en reparle.
— « Tu sais, Nicolas est toujours célibataire. »
Moi :
— « Ah bon ? »
(traduction : raconte-moi absolument tout.)
Elle m’explique qu’il est fermé, qu’il doute, qu’il se protège.
Et moi, comme une idiote, je recommence à réfléchir.
Quelques jours plus tard, je le croise.
— « Salut Stéphanie. »
— « Salut Nicolas. »
Il s’arrête.
— « Ça fait longtemps qu’on n’a pas parlé. »
Mon cœur fait encore un truc bizarre, mais je reste calme.
Enfin, extérieurement.
— « Oui. »
Il me regarde vraiment.
— « Tu vas bien ? »
— « Oui. Vraiment. »
Il sourit.
— « Je voulais te dire… pour avant. Je n’ai jamais voulu te faire du mal. »
Et là, surprise :
je n’ai plus mal.
— « Je sais. »
Silence.
Puis il dit :
— « Parfois, je me demande ce qui se serait passé si j’avais été moins fermé. »
J’ai souri.
— « Peut-être qu’on se serait aimés. »
— « Peut-être. »
Et c’est tout.
Pas de promesse.
Pas de suite.
Mais une paix étrange.
Épilogue
Je ne pense plus à Nicolas comme avant.
Bon.
Parfois.
Un peu.
Mais maintenant, ça me fait sourire.
Parce que cette histoire m’a appris plein de trucs :
que j’ai le courage d’oser
que prendre un vent ne tue pas
et que quand c’est flou, c’est souvent non
Je ne regrette rien.
Parce que moi,
j’ai essayé.
Et franchement,
c’est déjà énorme.
PS: voilà une petite histoire toute mignonne tirée en grande partie d'une histoire vraie que j'ai moi même vécu, j'ai voulu la partager à travers de petits récits j'espère que cela vous aura plus.✨
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Presque Nous
RomanceCertaines histoires ne commencent jamais vraiment… Et pourtant, elles restent gravées dans le cœur, même après deux ans. Moi et lui, on a failli… mais ce qui reste pourrait bien changer nos règles du jeu.
