Il faisait nuit.
La pluie tombait comme si le ciel pleurait.
Elle était assise, immobile, le regard perdu à travers la fenêtre. Les gouttes ruisselaient sur le verre cristallisé, traçant des lignes lentes et irrégulières. Elle, pourtant, restait intacte.
Comme figée.
Comme si le temps s'était arrêté autour d'elle.
Ses yeux étaient vides, dénués d'âme, absents au monde.
Soudain, la porte s'ouvrit.
Un homme entra. Très grand.
Elle le sentit avant même de le voir.
Sa présence.
Cette manière qu'il avait d'occuper l'espace, de faire vibrer l'air.
Ses yeux à elle s'illuminèrent malgré elle.
Puis leurs regards se croisèrent.
Ce regard.
Doux. Tendre.
Un regard que même les mots ne sauraient contenir.
Une tension invisible envahit la pièce.
Il s'approcha lentement. Pas après pas.
Maladroitement, comme s'il craignait de briser quelque chose de fragile.
- Je t'attendais, murmura-t-elle.
Il ouvrit légèrement la bouche, comme pour parler, puis se ravisa. Ses yeux s'écarquillèrent. Il se retenait.
- Mariem...
Ah.
Mon nom sur sa langue.
Un écho brûlant de désir me traversa. Un frisson me parcourut tout le corps.
Ça faisait si longtemps.
Je ne pus plus me contenir.
Je me jetai sur lui, mes bras autour de son cou, l'enlaçant avec une urgence brûlante. Je le serrai comme si j'avais peur qu'il disparaisse.
Je pris son visage entre mes mains, avec force, et le plaquai contre le mien.
Nos lèvres s'écrasèrent l'une contre l'autre, affamées, passionnées.
Il me saisit par la taille, me tenant contre lui, son corps collé au mien. Sa main remonta jusqu'à mon cou, qu'il embrassa avec ferveur.
Mais ce n'était pas suffisant.
J'avais besoin de plus.
De plus près.
De ne faire qu'un.
Cette faim me faisait mal.
Mes lèvres effleurèrent les siennes avec douceur, puis le baiser s'intensifia. De son autre main, il emprisonna mes poignets. Sa langue s'imposa.
Un courant électrique parcourut mon corps.
Il murmura contre mes lèvres :
- Je t'aime, Mariem. Je t'aime tellement que ça me fait mal. Tu es mon tout. Tu es vitale pour moi.
Des larmes coulèrent le long de ses joues.
Le voir pleurer ainsi pour moi éveilla en moi quelque chose d'indescriptible.
Une montée vertigineuse.
Trop forte.
Il posa ses mains sur mes hanches, puis plus bas. Avant que je puisse réagir, il me souleva. Il dévora ma bouche, mordit mon cou, laissant une trace - comme pour marquer ce qui lui appartenait.
Puis tout s'arrêta.
Je me rappelai.
J'avais oublié l'essentiel.
Le pourquoi.
Le comment.
Soudain, j'eus l'impression de suffoquer.
Cet amour.
Cette toxicité insupportable.
Mon cœur s'emballa. Je n'arrivais plus à respirer.
Une crise de panique.
Et tout me revint d'un coup.
- Mariem ? Mariem, regarde-moi.
REGARDE-MOI. RESPIRE.
Ses yeux...
Ses beaux yeux couleur miel.
Ils m'engloutirent.
Et peu à peu, je me calmai.
Il me tendit la main. Je la pris.
Puis il murmura :
- Désolé... c'était peut-être une mauvaise idée. Tout ça, sur le coup.
Je le regardai. Mon cœur battait encore trop fort.
- Non... c'est moi. J'ai initié ça.
Je rougis timidement.
La réalité me frappa de plein fouet.
Il reprit, avec une sincérité désarmante :
- Je t'aime, Mariem. C'est la vérité. Et je regrette tellement de ne pas te l'avoir dit plus tôt.
Stop.
- Arrête-toi là.
C'était une erreur.
- Hein ?
- JE NE VEUX PLUS RIEN ENTENDRE.
La jalousie me rattrapa, violente.
- Non, pas cette fois. J'ai assez regretté le temps perdu. Je... je dois t'avouer quelque chose. À propos de ce qui s'est passé il y a quatre ans-
- S'il te plaît.
Arrête.
Les larmes me montèrent aux yeux.
- Je ne veux plus rien entendre. Tu avais fait ton choix. Tu l'as regretté, peut-être. Mais ça ne sert à rien maintenant.
- Mais... je t'aime.
- Non, c'est faux. Tu es juste attiré par moi. Tu m'as utilisée comme ton jouet, le temps d'un soir, puis jetée quand tu en avais assez.
Et pourtant, comme une conne... je t'ai attendu ici. Putain.
- OUI. ET PUTAIN, MARIEM, JE REGRETTE TELLEMENT ÇA. TELLEMENT QUE RIEN QUE L'IDÉE DE TE VOIR TRISTE OU DE T'ABANDONNER À NOUVEAU M'ÉTOUFFE. J'EN FAIS DES PUTAINS DE CAUCHEMARS.
- Je ne te crois pas.
Je ne te crois plus.
Va te faire enculer, mon amour.
Mais ne crois même pas que tu vas t'en tirer comme ça.
Je te noierai dans la même merde que moi.
Pauvre type. Tu ne sais même pas ce qui t'attend.
Ce soir,
les places ont changé.
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Crave you
RomanceUn amour compliqué, deux âmes complémentaires , ils se veulent, passionnément, mais pourront ils assumer ce sentiment ? petit one shot pour kiffer
