Prologue

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                                                                                            ***

Cette histoire appartient à ceux qui ont vécu une expérience difficile dans un monde cruel, elle appartient à ceux qui on bon cœur à faire, mais qui se retrouve confronté à notre société, aux normes et aux désillusions. Elle est aussi là pour prévenir, et pour offrir de l'espoir, car si j'ai réussit à aller mieux, vous aussi. J'espère qu'elle vous plaira autant qu'elle m'a fait du bien ! Bonne lecture ! 

                                                                                            *** 

On n'est jamais prêt pour un cœur en miettes.

Même si l'on se réveille le matin avec l'espoir d'avoir, pour une fois, un courage surhumain afin de profiter de quelques rayons de soleil, on reste pourtant enfoui dans les draps, les volets fermés, alors même que l'esprit ne demande que révolte.

Les fenêtres closes, je n'entendais ni le chant des oiseaux ni le bruit des voitures qui passaient dans la rue face à ma chambre. Étrangement, ce silence me réconfortait autant qu'il me terrorisait. Si je devenais le seul être humain sur Terre, serais-je réellement heureuse ? Courrais-je dans les rues vides en criant, habillée comme je l'aurais toujours souhaité ? Ou avancerais-je lentement, sursautant au moindre bruit ? Aurais-je le courage d'entrer seule dans une salle de cinéma, ou resterais-je enfermée chez moi, attendant que la planète rende son dernier souffle ?

Mais c'était sans compter sur ma mère.

Elle entra violemment dans ma chambre, un balai à la main. Ses cheveux noirs, abîmés par l'âge, étaient déjà prêts à affronter une nouvelle journée dont elle savait pourtant que les regrets lui pèseraient, une fois encore, sur les épaules. Ma mère ne me comprenait pas. Elle qui restait debout coûte que coûte, elle qui m'avait élevée pour ne jamais pleurer, pour devenir une femme forte dans un monde où il ne faut faire confiance à personne — surtout pas aux hommes — ne comprenait pas que je puisse être aussi inerte.

Mais maman, je suis fatiguée de sourire.

— Ça ne va pas durer comme ça ! Tu as eu ton diplôme, je te laisse te reposer une semaine, mais ça ne me va pas !

Je venais d'obtenir ma licence de lettres, après trois années difficiles, non seulement sur le plan des études, mais surtout sur le plan relationnel. Côtoyer des personnes qui n'ont jamais voulu votre bien brise la confiance, lentement, sûrement. Mon grand-père me disait souvent que j'étais un petit rayon de soleil pour ce monde. Ce qu'il ne savait pas, c'est que briller en silence n'attirait que les mauvaises personnes. De toute façon, il n'était plus là pour s'en rendre compte. Alors qu'importe.

— Tu vas bouger ton cul !

Elle s'avança davantage dans la chambre, laissant mon chat noir entrer furtivement pour venir se poser sur ma hanche. Je le caressai machinalement avant que le soleil, brutal, ne me brûle les yeux. J'avais dormi à peine une heure. Je me sentais toujours mieux lorsque la lumière qui nous fait vivre disparaissait pour éclairer l'autre moitié du globe. J'ai toujours détesté la lumière. Et ma mère me l'avait imposée de force depuis que j'avais appris à parler.

Peut-être avait-elle raison. Prendre une année sabbatique après trois ans d'études n'était sans doute pas une bonne idée. Mais je ne pouvais pas me fier à elle. Elle se tuait à faire des ménages chez des particuliers, car si elle cessait de bouger, sa maladie la faisait souffrir. Peut-être ne supportait-elle pas de voir quelqu'un d'autre s'arrêter, sans conséquences immédiates, quand elle-même rêvait parfois du repos éternel.

Etude d'un cœur en mietteHistorias para obsesionarse. Descúbrelo ahora