BONNIE
Dans l'immense manoir, une domestique arpente lentement les couloirs désertés, une bougie vacillante serrée dans sa main tremblante. Il est tard, presque au cœur de la nuit, et tout le monde dort paisiblement... ou du moins, c'est ce qu'elle espère.
Le vent hurle dehors, sifflant comme un présage sinistre, malgré le fait qu'aucune fenêtre ne soit ouverte. Une sensation étrange l'enserre, une peur diffuse qu'elle ne peut expliquer. Ses yeux scrutent à gauche, puis à droite, dans l'ombre mouvante des murs.
Parce que bien sûr qu'il n'y a pas de fenêtre ouverte. La physique, c'est optionnel quand il faut faire peur au joueur.
Et soudain... BOUM.
Le plancher s'imprègne de rouge. La domestique gît là, immobile. Son souffle s'est arrêté. Sa vie s'est éteinte. Quelqu'un, dissimulé dans l'ombre, ramasse la bougie tombée à terre et, lentement, la flamme vacillante s'éteint...
— AAAAAaaah ! je fais en sursautant, reculant de mon ordinateur. Oh, purée... Ça m'a foutu les jetons !
Note à moi-même : ne jamais jouer à un jeu d'horreur en étant bourrée.
Ni seule, ni à 2 h du matin, ni en ayant une imagination active. Donc en gros, ne jamais jouer.
Sans déconner, ce meurtre est bien trop réaliste...
[La première partie du jeu vidéo au thème horreur, La Relique du Pouvoir, dernier-né de l'éditeur Théonz, se vante d'être « le jeu le plus difficile jamais créé ».]
Ce qui est presque vrai, si l'on considère que le niveau de difficulté frôle l'absurde. Les seules critiques positives ? Bah les graphismes. Apparemment, le sang y est très bien modélisé.
Super. Je meurs en ultra haute définition. Quelle chance.
— C'est atroce dès l'intro... grogné je en fixant l'écran avec un mélange de dégoût et de curiosité morbide.
On dit bien que plus il y a de haineux pour critiquer, meilleures sont les ventes... Je n'aurais jamais dû l'acheter. Et si je me faisais rembourser ?
Non, mon ego refuse. Ce jeu ne va pas gagner contre moi. Pas après 49,99 euros.
Bon dernier essai. Je tente encore une fois et j'arrête, promis.
Le mensonge le plus classique de l'histoire du gaming.
Loading...
[Système] : Vous venez d'entrer dans le jeu.
Bon, cette fois, mon personnage est une créature démoniaque ? Super. Emprisonnée dans un corps humain, bien sûr, histoire de rajouter un peu de tragédie gothique au menu.
Ma quête : retrouver un mystérieux objet qui me rendra mes pleins pouvoirs. Mais pour avancer dans la recherche ? Je dois tuer des gens.
Charmant. Rien de tel qu'un petit massacre pour débloquer une cinématique.
Sauf que voilà, pile au moment où je m'apprête à passer à l'acte, une domestique passe par là.
Bam. Game Over.
J'essaie de la rattraper, de l'attirer, de la tuer aussi mais elle fuit.
Encore Game Over.
Elle court plus vite qu'un boss final. C'est quoi son secret ? Des baskets invisibles ?
On m'a dit que plus le jeu est compliqué, plus la fin est jouissive.
Franchement ? Je commence à comprendre pourquoi on dit qu'il est foiré.
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Once upon a demon... and how not to die
FantasyImaginez-vous vous endormir devant un jeu vidéo, ou la première partie a pour thème l'horreur... et vous réveiller à l'intérieur. C'est ce qui arrive à cette jeune fille désormais prisonnière du jeu, incarnant Bonnie une simple domestique sans impor...
