20 septembre 2007
8h20
École primaire | Clamart
Je me retrouvais ici, dans le couloir menant à ma nouvelle classe, encore une fois. Les murs beige clair sentaient la peinture fraîche, et mes pas résonnaient comme si l'école entière écoutait ma respiration tremblante. Nouveau pays, nouvelle ville, nouvelle classe. Ça devenait une routine triste, une sorte de cycle que je ne contrôlais jamais. Presque déjà un tour d'Europe complet à neuf ans, et pourtant j'en étais pas fière. Les autres enfants collectionnaient des cartes Pokémon, moi je collectionnais des déménagements. Peut-être que l'Espagne n'était pas faite pour accueillir un danger comme moi. Une petite fille qui avait trop vu, trop encaissé pour son âge. Forcée à mûrir trop vite pour comprendre qui je suis, ce que j'ai subi, et ce que je deviens.
Arrivée devant la porte, j'hésitai une seconde, mes doigts glacés contre le bois. Puis je finis par toquer. Une dame m'ouvrit, jolie, souriante, et d'un regard chaleureux qui semblait vouloir me rassurer. C'était probablement ma nouvelle maîtresse. Elle me fit un signe de tête pour m'inviter à entrer, et je me glissai dans la salle comme un chat effrayé.
Maîtresse : Voici la nouvelle élève de la classe ! Veux-tu bien te présenter s'il te plaît ?
Je sentis une vingtaine de paires d'yeux se planter sur moi. Certains curieux, d'autres indifférents, d'autres... déjà moqueurs.
Zélie : Bonjour... je m'appelle Zélie Kowalski.
Les mots sortirent avec difficulté, dans un français bancal qui s'accrochait à mon accent slave, toujours aussi prononcé malgré mes efforts. J'entendis deux élèves ricaner au premier rang.
Maîtresse : Il te reste une place au fond de la classe.
J'acquiesçai timidement et traversai la salle, mes chaussures frottant contre le carrelage. Je m'assis, sortis mes affaires d'un geste mécanique, puis me tournai vers la fenêtre. À quoi bon écouter le cours ? Je ne comprenais presque rien au français, seulement quelques phrases apprises trop vite, trop mal.
[...]
Quand la cloche retentit, c'était enfin la récréation. J'étais la première à me lever, presque à fuir la classe. Je me dirigeai vers la cour, cherchant un endroit discret où personne ne viendrait me parler. Je me mis à l'écart, derrière un arbre, comme on se cache derrière un bouclier. Le vent frais me piquait les joues. Je voulais juste être invisible.
Mais ça ne dura pas.
Un groupe de personnes de ma classe vint se placer devant moi, comme un petit mur humain. Leur attitude ne présageait rien de bon.
Garçon 1 : Tu viens d'où pour avoir un accent aussi bizarre ?
Garçon 2 : Ouais, parce qu'on comprend pas quand tu parles !
Fille 1 : Et puis de toute façon, elle a rien à faire ici !
Fille 2 : C'est sûr ! Elle s'est crue belle alors que c'est un gros caca boudin, d'abord !
Garçon 1 : Et ouais !
Ils n'avaient pas tous parlé, mais leurs regards suffisaient. Je ne répondis pas. Je les regardais en faisant semblant de ne pas comprendre leurs propos, comme si leurs mots glissaient sur moi. Mais je comprenais le gros, le plus important... celui qui fait mal.
Fille 2 : Tu comprends pas ou quoi ? T'as les oreilles bouchées ?
Ils finirent par partir, presque fiers d'eux, me laissant seule dans mon coin. Le silence revint autour de moi, un silence lourd qui faisait gonfler ma poitrine. Je pensais être enfin tranquille, mais non.
Un garçon s'approcha. Il semblait plus grand que moi, peut-être d'un an. Ses chaussures étaient poussiéreuses, preuve qu'il avait déjà couru partout dans la cour. Mais son regard, lui, n'était pas moqueur. Juste curieux, peut-être gentil.
Garçon : Salut.
Zélie : Bonjour.
Garçon : Tu t'appelles comment ?
Zélie : Zélie... et toi, comment tu t'appelles ?
Garçon : Je m'appelle Ryan. J'aime bien ton accent. Tu viens de quel pays ?
La question n'avait rien de méchant. Elle ressemblait à une main tendue.
Zélie : Je viens Pologne.
Il hocha la tête, comme s'il rangeait l'information quelque part dans sa tête.
Ryan : Tu veux jouer au football avec moi ?
Il accompagna ses mots d'un geste montrant la balle, au cas où je ne comprendrais pas. Cette attention-là me toucha.
Je haussai les épaules pour accepter, un geste simple, presque discret. Mais pour moi, c'était beaucoup.
Je venais peut-être de me faire un nouvel ami.
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Vénus | PLK
FanfictionUne histoire random faut pas croire 🧍♀️ Chacun ses goûts donc j'vous promet rien d'ouf mais vaut mieux essayer plutôt que de ne rien tenté... (Je tiens a précisé que certaine chose ont été modifié comparé à la vraie vie)
