Je m'appelle Mary, j'ai vingt-quatre ans, et je travaille dans une société de décoration. J'aime les couleurs, les textures, les formes... et surtout, j'aime créer des espaces où les gens se sentent bien. C'est mon univers, mon refuge, mon oxygène.
Je suis sénégalaise, fière de mes racines, mais j'ai aussi grandi avec des rêves et des envies qui m'ont parfois emmenée loin de ce que j'imaginais. Je suis douce, parfois trop réfléchie, parfois trop sensible, et il m'arrive de me perdre dans mes pensées plus que je ne devrais. Mais c'est ainsi que je suis, et je ne peux pas faire semblant.
Et puis, il y a Karl. Oui, Karl. Le Cap-verdien aux yeux noirs et au sourire qui me rend folle depuis que nous nous connaissons. Depuis l'enfance, il est là... dans mes souvenirs, dans mes jeux, dans mes secrets. Je n'ai jamais vraiment su comment lui dire que je l'aimais d'une façon qui dépasse l'amitié. Et maintenant, des années plus tard, le revoir chaque jour au bureau est... intense. Trop intense pour que je reste indifférente.
Je suis passionnée par mon travail, mais je suis aussi sensible aux émotions des autres. J'observe, je comprends, j'anticipe... sauf quand il s'agit de Karl. Là, je perds tout contrôle. Mon cœur s'emballe, mes mains tremblent, mes pensées se brouillent. Et c'est frustrant, parce que je sais que je devrais rester professionnelle... mais je n'y arrive pas.
Je suis une fille de cœur, de rêve, mais je suis aussi réaliste. La vie n'est pas toujours simple, et les relations sont compliquées. Pourtant, quelque part au fond de moi, je sais que certains liens sont faits pour durer, peu importe les épreuves. Et Karl... lui, il est ce lien. Mon fil invisible depuis toujours.
Alors voilà... c'est moi. Mary. Créative, passionnée, parfois maladroite avec ses émotions... mais toujours sincère. Et si tu veux savoir ce qui se passe quand Karl est là... eh bien, prépare-toi, parce que rien n'est jamais simple avec lui.
Le réveil sonne, et je me redresse lentement dans mon lit, les yeux encore embrumés de sommeil. Vingt-quatre ans et une routine qui ne m'a jamais vraiment pesée. Je me lève, marche pieds nus jusqu'à la salle de bain, et laisse l'eau fraîche de la douche réveiller mes sens. Le jet glacé contre ma peau me rappelle que chaque journée est une nouvelle opportunité, un tableau vierge à remplir de couleurs, de formes et de créations.
Je choisis mes vêtements avec soin. Ce matin, un tailleur léger aux tons pastel, élégant mais confortable, parce que j'aime sentir que je peux être professionnelle tout en restant moi-même. Devant le miroir, je me maquille avec minutie, soulignant mes yeux et mes lèvres, mais sans excès. Chaque geste est un rituel, un moyen de me préparer mentalement à la journée. Je passe quelques instants à contempler mon reflet, à ajuster mes cheveux, à remettre un collier délicat en place. Le monde extérieur m'attend, mais je veux me sentir prête, ancrée et sûre de moi avant de le rejoindre.
Je descends les escaliers, prends un café rapide, tout en repensant aux projets du bureau. La décoration n'est pas juste un métier pour moi, c'est une passion. Les textures, les couleurs, les espaces : chaque détail raconte une histoire et reflète une émotion. Chaque matin, je me sens comme une créatrice qui s'apprête à révéler un univers caché aux yeux des autres.
En arrivant au bureau, je pose mon sac sur ma chaise et prends un instant pour respirer. Autour de moi, le monde de la décoration s'anime : échantillons de tissus, plans de projets, palettes de couleurs soigneusement alignées sur le bureau. Chaque objet raconte une histoire, chaque détail a son importance, et j'aime cette danse silencieuse entre créativité et rigueur.
Je m'installe, ouvre mes dossiers et parcours mes idées pour la journée. Les couleurs m'inspirent, les formes m'interpellent, et les textures éveillent ma curiosité. J'aime créer des espaces qui racontent des histoires, qui reflètent des émotions, qui donnent vie à des rêves. Et pourtant, malgré l'enthousiasme qui m'anime, il y a cette petite part de moi qui se perd parfois dans mes pensées, qui se laisse emporter par le souffle d'un souvenir ou le murmure d'une idée encore floue.
Je passe un moment à organiser mon bureau, à trier les croquis et à réarranger les échantillons de tissus. Chaque geste est un rituel, un moyen de m'ancrer dans le présent et de me préparer à affronter la journée. Je remarque les petits détails qui m'échappent parfois : une tache de peinture sur un coin de papier, une nuance de couleur plus vive que prévue, un pli dans le tissu qui raconte une histoire inattendue. Ces petites imperfections me rappellent que la beauté se cache souvent dans l'imprévu, et que la perfection n'est pas toujours ce que l'on croit.
Je m'assois enfin, stylo à la main, prête à donner vie à mes idées. Le temps file, mais je me sens prête à l'accueillir, à le modeler selon ma vision. Il y a une énergie particulière dans ces premiers instants de la journée, une promesse silencieuse que chaque projet peut devenir une nouvelle aventure, que chaque création peut refléter une part de moi.
Je ferme les yeux un instant, inspire profondément et souris. Ce n'est pas seulement le travail, ni les couleurs, ni les textures... c'est le sentiment de pouvoir façonner quelque chose de réel, d'unique, avec mes propres mains et mon imagination. Aujourd'hui est une nouvelle journée, pleine de possibilités, et je suis prête à la saisir.
Alors que je suis penchée sur mes croquis, concentrée sur un échantillon de tissu que je veux associer à une teinte particulière, la porte du bureau s'ouvre doucement.
- Mary, tu es là ?
Je lève la tête et aperçois un homme dans l'encadrement de la porte. Grand, élégant, costume sombre, allure posée... mon souffle se bloque un instant. C'est Karl.
Vingt-huit ans, avocat, sérieux et sûr de lui. Ses yeux noirs, profonds et attentifs, croisent les miens, et j'ai cette étrange sensation que rien autour de nous n'existe. Les bruits du bureau s'effacent, les collègues, les téléphones, les dossiers... tout devient flou. Même son sourire, discret mais chaleureux, semble me ramener à des souvenirs enfouis depuis des années.
Il avance vers moi, ses pas calmes mais déterminés, et tend la main.
- Mary, ravi de te voir ici.
Je prends sa main, un peu trop rapidement, et esquisse un sourire professionnel. Mon cœur bat plus vite que je ne veux bien l'admettre.
- Ravie... de te revoir aussi, murmurais-je, presque inaudible.
Il retire sa main avec un geste naturel, mais je sens encore la chaleur de son contact. Ses yeux ne me quittent pas, comme s'il cherchait à déchiffrer quelque chose dans mon regard.
- Je crois que nous allons travailler sur le même projet, dit-il finalement, d'une voix calme mais assurée.
Je hoche la tête, essayant de rester concentrée, mais chaque mot qu'il prononce semble réveiller des émotions que je croyais disparues.
Je m'assois, reprends mes croquis, mes stylos, mes échantillons de tissus. Mon esprit, lui, ne peut s'empêcher de revenir sur ces années partagées, sur les rires et les secrets, sur les moments où sa présence suffisait à rendre tout plus simple. Et maintenant, il est là, adulte, imposant, mais toujours avec cette familiarité qui me déstabilise.
La réunion commence, les dossiers sont posés sur la table, et nous discutons de l'organisation et des délais. Je parle de mes choix de couleurs, de textures et d'agencements, et il écoute, attentif, posant des questions précises, mais sans jamais perdre cette douceur dans son regard. Je sens que chaque mot, chaque geste, chaque regard est chargé de quelque chose de plus, un fil invisible qui relie nos souvenirs d'enfance à notre vie d'adulte.
Lorsque la réunion se termine, il range ses documents et se tourne vers moi une dernière fois.
- Tu n'as pas changé, dit-il doucement, presque pour lui-même.
Je souris, un mélange de nostalgie et de surprise dans la voix :
- Et toi... tu as changé... mais pas tant que ça.
Son sourire s'élargit, et pour un instant, le bureau semble plus léger, comme si nos années de complicité reprenaient vie, silencieuses mais indéniables. Je respire profondément, prête à continuer ma journée, mais avec cette sensation étrange que le quotidien venait de s'ouvrir à une nouvelle dimension, que certaines rencontres ne s'effacent jamais vraiment.
Et tandis que je retourne à mes croquis, mon esprit flotte un instant sur ce fil invisible qui nous relie depuis toujours. Certains liens ne meurent jamais... et le nôtre, je le sais, est à jamais.
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Our Never-Ending
RomanceMary et Karl se connaissent depuis toujours. Leurs chemins se croisent, se séparent, se heurtent... mais jamais ne s'éteignent. Entre passions intenses, tromperies et secrets du passé, leur amour semble condamné... et pourtant, il persiste. Alors qu...
