Chapitre 1

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[ Pour toute personnes sensible ou ayant vécu des événements de ce genre , merci de lire cette histoire prudemment. ]

___________JAMES ELLIS_________

Il y a des silences qui rassurent.
Et d'autres, comme celui de la voiture, qui étouffent.

James fixait la route à travers la vitre, les doigts crispés sur la manche de son sweat.
Le paysage défilait lentement : des champs, quelques maisons, puis enfin l'entrée du Willowrest Institute.
Un bâtiment sobre, entouré d'arbres. Trop calme. Trop propre.
Ça ne ressemblait pas à un endroit où l'on "allait mieux".
Plutôt à un endroit où l'on se perdait avant de se retrouver, peut-être.

Sa mère gara la voiture sans un mot.
Il sentit son regard glisser vers lui, hésitant, coupable.

- Tu te souviens de ce que je t'ai dit, chéri ? murmura-t-elle en coupant le moteur.
Il hocha simplement la tête.
Elle continua, comme pour se convaincre elle-même :
- C'est... un centre très bien. Ils vont t'aider, d'accord ? Juste... laisse leur une chance.

Il ne répondit pas. Il ne pouvait pas.
Les mots restaient là, au bord des lèvres, mais refusaient de sortir.

Elle sourit faiblement, posa une main sur sa joue.
- Je t'aime, tu sais ça, hein ?

Il hocha encore la tête.
C'était leur façon de parler, depuis un an : elle posait les questions, il hochait la tête.

L'intérieur du Willowrest Institute sentait le désinfectant et le thé.
Des fauteuils couleur lin, des plantes, une lumière douce qui imitait presque le soleil.
James suivit sa mère dans le couloir, jusqu'à une porte où était inscrit :
Dylan Reed - Psychologue.

Un homme d'une trentaine d'années les accueillit avec un sourire calme.
Chemise sobre, regard clair, voix basse.

- James ? Bonjour. Entre, je t'en prie.

James s'assit sur le bord du fauteuil, les mains serrées entre ses genoux.
Dylan lui parla doucement, sans le forcer à répondre.
Il expliqua le fonctionnement du centre, les horaires, les séances, les gens qu'il allait croiser.

- Tu auras quelqu'un avec toi pour t'accompagner au début, ajouta-t-il. Un de nos stagiaires. Il s'appelle William Graves.
C'est un garçon sérieux, tu verras. Il parle beaucoup, mais il a bon cœur.

Le ton de sa voix était apaisant, presque familier.
James hocha timidement la tête, sans oser lever les yeux.
William Graves. Le prénom resta suspendu dans sa tête, sans visage encore.

- Ne t'en fais pas, reprit Dylan. On n'attend rien de toi. Pas tout de suite. Ici, tu as le droit de prendre ton temps.

Ces mots-là résonnèrent plus fort que tous les autres.
Pour la première fois depuis longtemps, quelqu'un ne lui demandait pas de parler.

Sa chambre était simple : un lit, une table, une grande fenêtre sur le jardin.
Un silence étrange y régnait, mais pas celui qu'il craignait.
Celui-ci était... doux.

Il posa sa valise, s'assit sur le lit.
Ses doigts jouèrent avec le bord de la couverture, nerveux, agités.
Dehors, un vent léger faisait plier les branches des saules.

Il inspira profondément, ferma les yeux.
Un nouveau lieu. De nouvelles voix.
Et, quelque part derrière une autre porte, ce William qu'il ne connaissait pas encore.

Peut-être qu'ici, le silence ne serait plus un ennemi.

Silencieux Where stories live. Discover now