Chapitre 1 - 42 & 64

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Depuis l'autre côté de la vitre, Klaus observait la pluie comme un lion en cage. Il ne cessait de répéter le même schéma depuis maintenant une heure : tourner en rond dans sa room, regarder la pluie comme si elle avait insulté son arbre généalogique entier, aller demander des nouvelles de la course à son chef d'écurie, marmonner des jurons en allemand puis répéter le processus encore, encore et encore. S'il avait pu se battre avec la pluie, les nuages ou n'importe quel représentant météorologique, il l'aurait sans doute fait. Cette image fit doucement rire Rafael qui fini par poser son livre sur ses cuisses en voyant ce qui devait être la vingt-sixième répétition du schéma de la part de son coéquipier. 

- Tu sais, avec un peu de chances, si tu lui demande gentiment la pluie pourrait s'arrêter, lança l'espagnol

- Je m'en fou qu'elle s'arrête ou pas, maugréa sèchement le pilote devant la vitre. Je veux juste que les pneus pluie nous servent à quelque chose et que la FIA nous laisse rouler. C'est pas parce que la moitié des pilotes de la grille sont incapable de rouler face à un peu d'eau qu'on doit tous payer leur médiocrité. 


Un long soupire traversa les lèvres de Rafael, il commençait à connaître son coéquipier à force de le côtoyer, il connaissait très bien ses élans de colère des moins orthodoxes et sa façon de parler des plus abrupte. Mais s'il connaissait quelque chose c'était aussi qu'il était inutile de prendre le plus jeune de front,  il fallait être plus malin et contourner le problème. Le brun posa son livre de côté et se leva pour rejoindre Klaus debout face à la vitre, d'abord en silence. Il lui fallu plusieurs minutes avant de prendre la parole : 

- Je sais que tu as envies de courir et que tu es stressé par le retardement de la course mais malheureusement ni toi, ni moi, ni aucunes des personnes présentes dans ce bâtiment n'y peut quelque chose. La pluie est là, et si personne ne roule c'est parce que même si on a des pneus pluie cela reste dangereux et que la FIA ne veut risquer la vie de personne. Donc oui, on va attendre. Maintenant, c'est à toi de choisir si tu veux continuer ton manège et achever de te faire détester par l'ensemble de l'écurie ou alors si tu comprends que de toutes façons, tu ne pourras rien changer à la pluie et que tu veux enfin passer à une activité plus intéressante. 

Là, il y avait deux possibilités : soit le plus jeune consentait à passer à autre chose, soit tous ici allaient une nouvelle fois découvrir toutes les subtilités de la langue allemandes sous son pire jour. Rafael quand à lui n'ajouta rien de plus, ne voulant casser ce qu'il semblait avoir réussi à faire avec son ton entre douceur et fermeté. Malgré tout, il ne se privait pas d'observer le reflet de son coéquipier dans le miroir. Bon signe, celui ci faisait sa moue habituelle d'hésitation, cette façon que l'allemand avait de pincer ses lèvres à l'intérieur de sa bouche lui donnait un air moins sévère que d'habitude. 

Au bout de très longues secondes, Klaus vient passer sa main dans ses cheveux avant de venir jouer avec ses doigts de façon dissipé puis brisa enfin le silence : 
- Je n'aime pas quand les courses sont retardées. Si les choses sont prévues à une certaine heure c'est pour une raison. Après tout le reste de la journée est décalé et ça semble interminable. 

- Je sais, fit d'une voix calme l'espagnol. Et comme tu vois, malheureusement la pluie n'est pas prête de s'arrêter. Donc, en attendant, est ce que tu veux qu'on fasse quelque chose ? J'ai quelques jeux de sociétés dans mon sac, sinon on peut juste discuter. 

- Je n'ai pas envie de commencer quelque chose si c'est pour ne pas le finir parce que la pluie s'arrête, reprit le plus jeune en allant juste s'asseoir à côté du livre de son coéquipier toujours sur le canapé.

Doucement, Rafael se retourna pour l'observer faire avant de le rejoindre, se posant délicatement où il était juste avant et mis à nouveau son livre sur ses cuisses. Après quatre saisons à courir auprès de l'allemand, il avait fini par comprendre comment celui ci fonctionnait et comment lui parler. Pendant qu'en même temps, sur le padoque il s'était fait une réputation de requin vorace qui profitait de la moindre occasion pour grimper toujours plus haut. Bien entendu, l'espagnol lui ne le voyait pas comme ça et savait que ce côté plus que condescendant que se donnait son coéquipier n'était qu'une façade pour se protéger. Une façade qui parfois avait tendance à le faire grincer des dents tant il était convainquant, et tant Rafael aimerait ne plus être le seul à voir ses bons côtés. Comme l'expression proche du chiot prit sur le fait que Klaus faisait actuellement en jouant avec la casquette affublé du numéro 42 de son aîné qu'il venait de chiper sur la table. 

I'd  rather  be a lover than a fighter | Love AdrenalineDonde viven las historias. Descúbrelo ahora