La guerre était terminée, les cris s'étaient tus, le ciel n'était plus zébré d'éclairs verts ni déchiré par des hurlements, le monde magique pansait ses plaies, comme on panse une blessure béante après un long cauchemar. Lord Voldemort était tombé, son nom serait désormais inscrit dans les manuels d'Histoire à la rubrique « Mage Noir Déchu », mais Harry n'en ressentait ni soulagement absolu, ni euphorie, ce qu'il cherchait désormais, ce n'était pas la gloire. C'était la paix, une paix intérieure, une chance, même infime, d'être un garçon de dix-sept ans, sans le poids d'un destin tordu par une prophétie. C'est dans cette optique qu'il était revenu à Poudlard, pour achever sa septième année, non pas pour les diplômes – le ministère avait offert des équivalences à tous les héros de guerre – mais pour retrouver un rythme, une normalité. Il n'était pas seul dans cette démarche, Hermione était à ses côtés, fidèle à elle-même, elle n'aurait jamais supporté de passer à côté d'un examen, peu importe la guerre. Harry savait qu'elle aussi cherchait plus que des notes, elle aussi avait besoin de reconstruire quelque chose, et cette reconstruction, ils l'avaient entreprise ensemble, Ron, lui avait choisi un autre chemin. Il était parti voyager avec George, cherchant à raviver l'esprit des Weasley à travers la redynamisation de la boutique de farces et attrapes, quant à Ginny, elle avait reçu une offre pour intégrer une équipe de Quidditch semi-professionnelle. Ils avaient leurs propres raisons, leurs propres rêves, Harry et Hermione avaient les leurs, ils avaient été nommer préfets-en-chefs, ils partageaient un appartement privé dans une aile discrète du château. C'était un espace calme, aux pierres chaudes, où le silence était doux et non pesant, il y avait deux chambres séparées, mais un salon commun, avec une grande baie vitrée donnant sur le parc. Des étagères pleines de livres, une vielle horloge au tic-tac rassurant, un canapé aux coussins usés mais confortable, et une cheminée qui crépitait dès que la nuit tombait, sans oublier la salle de bain et la cuisine. C'est là, un vendredi soir, que leur histoire changea, la pluie tombait doucement, effaçant les sons du dehors, Hermione avait fermé son livre. Son livre traitait de métamorphose avancée, elle s'était tournée vers Harry, assis à l'autre bout du canapé, les jambes repliées sous lui, les lunettes légèrement embuées, il dit sa voix plus grave que d'habitude :
- Tu sais... je ne pensais pas que je pourrais me sentir aussi... calme, un jour...
- Moi non plus, je croyais que la paix serait vide, mais... elle est pleine de petites choses, du thé chaud, le bruit de la pluie... et toi... répondit Hermione en haussant un sourcil, intriguée, son visage éclairé par la lueur orangée du feu.
Harry la regarda, il la regarda vraiment, ce n'était plus la même fille de onze ans qu'il avait rencontrée dans le Poudlard Express, elle avait grandi, ses traits s'étaient affinés, mais c'était surtout dans ses yeux qu'il voyait le changement. Ils étaient plus profonds, comme si chaque page qu'elle avait lue, chaque combat qu'elle avait mené, y avait laissé une trace, il tendit la main, hésitant au départ, il la posa sur sa joue. Sa peau était tiède, douce, et il sentit une vague étrange monter en lui, de la gratitude, du respect, et quelque chose d'autre, qu'il n'osait pas encore nommer,
Hermione ferma les yeux sous le contact. Un soupir presque imperceptible s'échappa de ses lèvres, ce fut alors naturel, comme si c'était l'aboutissement silencieux de tout ce qu'ils avaient traversé ensemble. Le baiser fut doux, timide, puis plus profond, plus assuré, ce n'était pas une explosion de passion, mais une promesse, c'était quelque chose de tendre, d'intime, ils ne se précipitèrent pas, ils avaient attendu sans le savoir, ce moment-là leur appartenait. Le reste du week-end se déroula comme dans une bulle, le samedi, ils se réveillèrent tard, et décidèrent de cuisiner eux-mêmes dans leur cuisine. Harry en vrai cordon bleu, cuisina un véritable breakfast, ils s'assirent sur le sol du salon, mangeant dans la même assiette posée entre eux, comme deux adolescents découvrant l'amour au ralenti. L'après-midi, ils marchèrent dans les sentiers autour du lac noir, Hermione cueillait des fleurs qu'elle ne connaissait pas encore, Harry la regardait parler au vent, le sourire aux lèvres, et il sut. Il sut qu'il l'aimait depuis longtemps sans l'avoir vraiment compris, le dimanche, ils restèrent dans leur appartement, Hermione lut Les contes de Beedle le Barde, tandis que Harry, avait sa tête sur ses genoux, l'écoutant en silence, les yeux mi-clos. De temps à autre, elle s'arrêtait pour lui caresser les cheveux, pensant qu'il dormait, mais il écoutait, trouvant sa voix plus apaisante que n'importe quel sortilège, mais la parenthèse ne dura pas. Une semaine plus tard, une journée de commémoration fut organisée, d'anciens élèves revinrent pour rendre hommage aux disparus, parmi eux : Ron et Ginny. Les retrouvailles étaient comme qui dirait tendues, une tension sous-jacente se faisait ressentir, les sourires étaient là, les accolades, les souvenirs partagés, mais l'équilibre était fragile, trop fragile, ils croisèrent Harry et Hermione dans un couloir désert. Hermione tenait la main de Harry, sans y penser, leur complicité brillait dans chacun de leurs gestes, Ron et Ginny le virent, et rapidement, ils comprirent tout.
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Un amour libre
FanfictionDe la fin de la guerre à leur dernier souffle, Harry et Hermione construisent une vie guidée par l'amour, la vérité et la famille. Leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants poursuivent cet héritage à Poudlard, unissant courage et savoi...
