Marine Le Pen pensait que sa vie était parfaitement normale. Chaque matin se ressemblait : elle se levait à l'heure exacte indiquée par son réveil au tic-tac régulier, descendait les escaliers avec ses chaussons assortis à son pyjama, et retrouvait son père plongé dans son journal. La routine était normale.
Pourtant, ce matin-là, quelque chose clochait. Très légèrement, mais suffisamment pour que Marine le remarque. Jean-Marie, son père, ne lisait pas seulement le journal. Il le scrutait, le retournait, le tapotait comme s'il y cherchait des signes secrets. Ses sourcils froncés semblaient suivre un ennemi invisible. On aurait dit que quelque chose le contrariait. Peut-être les homo avaient eu le droit de se marier, ou les noirs de devenir français, ou pire : François Mitterrand avait été réélu.
— Marine, aujourd'hui, ça va être... différent, annonça-t-il soudain, sans lever les yeux. Je le sens.
Marine haussa un sourcil. Son père avait toujours des intuitions étranges. La semaine dernière, il avait affirmé que les gnomes du jardin de la voisine préparaient une révolution contre la République. Marine avait trouvé ça amusant, mais maintenant, elle sentait que quelque chose de vraiment inhabituel se tramait.
Elle ne savait rien du tout sur les sorciers. Pour elle, la magie existait seulement dans les livres et les films. Que ce soit les sorts, les dragons ou même les droits des minorités, pour elle rien de tout cela n'existait. Elle n'avait jamais imaginé qu'un jour sa vie pourrait changer ni même basculer.
Le petit-déjeuner était prêt, parfaitement aligné sur la table : croissants dorés, jus d'orange fraîchement pressé, beurre et confiture disposés avec un soin maniaque, tous d'origine française. Marine prit une bouchée, mais son esprit était ailleurs. Elle jetait des regards furtifs à son père, qui continuait à marmonner des phrases incompréhensibles à propos de je ne sais quel sujet sociétaire.
— Papa... tu vas bien ? demanda-t-elle, essayant de rester polie.
— Oui, oui, répondit-il, mais il jeta un regard par la fenêtre et se leva d'un bond. Prépare-toi, Marine, aujourd'hui quelque chose de très étrange va se produire !
Marine soupira. Les exagérations de son père étaient légendaires. Mais quelque chose dans sa voix la fit frissonner. Ce n'était pas une exagération habituelle. Il y avait... de la gravité. Une gravité inquiétante.
Alors qu'elle posait sa tasse de thé, un bruit assourdissant éclata à la porte d'entrée. Marine sursauta. Un bruit énorme, et la porte vola. Les croissants sautèrent sur la table. Son père hurla :
— C'EST EUX !
Marine ouvrit la porte des yeux, et ce qu'elle vit dépassa tout ce qu'elle avait pu imaginer. Une silhouette énorme, poilue et visiblement très gênée se tenait sur le seuil. Ses yeux ronds la fixaient comme s'il essayait de calculer la meilleure manière d'entrer sans casser quoi que ce soit. Daesh était-il venu jusqu'ici ?
— Marine Le Pen ? demanda la créature d'une voix profonde et étonnamment douce pour quelqu'un de si massif. Tu es... une sorcière.
Marine resta bouche bée.
— Pardon ? balbutia-t-elle. Une sorcière ? Je... je ne comprends pas...
Avant qu'elle n'ait le temps de digérer la nouvelle, son père surgit du canapé, le doigt pointé avec une gravité théâtrale :
— Je ne laisserai pas ma fille avec un Arabe dans votre genre !
Hagrid cligna des yeux, totalement perdu :
— Mais... je suis demi-géant.
Jean-Marie leva les yeux au ciel, dramatique :
— Pire encore.
Marine soupira profondément. Cette journée venait de passer de « normale » à « complètement folle » en moins de cinq minutes. Elle tenta de reprendre le contrôle :
— Papa... explique-moi juste une chose. Qu'est-ce que ça veut dire « sorcière » ?
— Aucune idée, répondit-il avec sérieux. Mais je ne prends aucun risque avec ces gens-là, répliqua-t-il, fronçant les sourcils comme si un danger invisible allait surgir à tout moment.
Marine leva les yeux au ciel. Elle aurait voulu rire, mais son cœur battait la chamade. Tout ce qu'elle croyait savoir sur sa vie venait de voler en éclats. Les cours de piano, les manifestations pour tous, les discussions sur la politique familiale... tout semblait désormais ridicule, comparé à cette montagne poilue qui venait de débarquer dans son salon pour lui annoncer qu'elle appartenait à un monde qu'elle n'avait jamais imaginé.
— Bon, dit Hagrid, je suppose qu'il faut que je t'explique... mais d'abord, quelqu'un pourrait ranger la porte elle prend un peu de place.
— Je crois que ça va être difficile, murmura Marine.
Son père s'avança :
— Je ne veux rien comprendre. Je ne veux rien savoir. Mais si cette créature ose toucher à un cheveu de ma fille, je déclenche l'alerte nationale.
Hagrid cligna des yeux, visiblement choqué :
— Euh... je ne suis pas là pour vous annoncer la guerre, monsieur. Je suis là pour la guider.
— La guider ? répéta Jean-Marie. Vers quoi ? L'enfer ? La France qui disparaît ? Les sorciers homosexuels mariés à des dragons ?
Marine sentit son visage se crisper. Sa vie venait de devenir un véritable calvaire. Elle prit une profonde inspiration et dit :
— Papa... je crois que tu devrais t'asseoir.
Jean-Marie fronça les sourcils mais obéit. Hagrid profita de la pause pour expliquer, avec toute la patience du monde :
— Marine, tu viens de découvrir que tu as des pouvoirs. Des pouvoirs que tu n'imaginais même pas. Tu es née sorcière, et c'est pour ça que... enfin, je suis là pour t'emmener à l'école des sorciers.
Marine cligna des yeux, totalement abasourdie :
— Une école... de sorciers ?
Hagrid hocha la tête.
— Exactement. Et Dumbledore, notre cher directeur m'a lui même demandé de te l'annoncer.
Jean-Marie éclata :
— Une école de sorciers ! Mais enfin, ce monde devient n'importe quoi! Tout devient contre nature !
— Papa... murmura Marine, je crois que tu ne réalises pas.
— Si, je réalise, coupa Jean-Marie. Je réalise que la France est perdue. Que ma fille va se convertir se radicaliser. Jeanne, au secours !!!
Hagrid soupira, comme si ce n'était pas la première fois qu'il voyait un parent réagir ainsi.
— Écoutez, je ne suis pas ici pour débattre politique, je suis ici pour la guider. Maintenant, Marine, il faut que tu fasses ton choix.
Marine resta figée. Tout autour d'elle semblait irréel : son père en panique, une créature immense et poilue dans son salon, la porte qui gisait sur le sol. Et elle... elle venait de découvrir qu'elle n'était pas du tout ce qu'elle croyait.
— Très bien, dit-elle enfin. Je veux comprendre.
— Parfait ! s'exclama Hagrid. On part immédiatement.
Jean-Marie hurla :
— NON ! Je refuse ! On ne part pas avec un Arabe !
— Je ne suis pas arabe, répétait Hagrid, avec une patience qui frôlait l'agonie.
Marine leva les yeux au ciel. Tout était en train de s'effondrer, mais étrangement, elle sentait un frisson d'excitation. Peut-être que cette journée, bien que totalement folle, serait la première qui ne serait pas... parfaitement normale.
YOU ARE READING
La magie à quelle prix ?
FanfictionMarine, jeune fille française au brushing impeccable et au regard déterminé, n'imaginait pas qu'un jour sa vie basculerait. Tout commence lorsqu'un demi-géant (ou peut-être un arabe, on sait pas trop, c'est confus) débarque chez elle pour lui annonc...
