Avant de commencer, j'aimerais préciser que je ne parle pas de fiction, mais bien d'un réel traumatisme familiale, un traumatisme n'étant jamais partis due à une négligence psychologique des faits. Si vous avez des problèmes, aussi petits soient ils, n'hésitez pas à en parler, et retenez que vos problèmes ne doivent jamais être minimisés. Personne mieux que vous-mêmes peut déterminer leur gravité.
-Qui essayes tu de berner ?
-Pardon ?
-A faire croire que l'absence de ta sœur ne t'affecte pas, si bien que même toi t'en es convaincue.
-De quoi tu parles, j'en ai réellement rien à branler de cette salope. Elle est partie quand j'avais 7 ans, j'ai quasi pas de souvenirs d'elle, et je veux pas que ça change.
-C'est ce que tu crois, mais t'es une gamine, t'y connais rien...pour l'instant.
-Je suis pas une gamine !
-T'as 11 ans, ferme la et laisses moi parler !
-...
-L'absence de ta sœur te marque plus, bien plus que tu ne le crois. Ce qui est compréhensible, c'était ta seule présence féminine en plus de maman. C'est peut-être pour ça que t'es un garçon manqué, parce que t'as grandis sans figure féminine digne de ce nom.
-Où est ce que tu veux en venir ?
-Là où je veux en venir, c'est qu'il faut que tu l'acceptes.
-Accepter quoi ?
-Que oui, Alex était, et est toujours, une mauvaise fille, une mauvaise mère et--
-Wow, stop. Comment tu peux savoir que c'est une mauvaise mère si toute la famille a coupé les ponts avec elle !?
-Ah oui. A un moment tu vas reprendre contact avec elle, pendant un an ou deux, je sais plus. Mais bref, on s'égare. C'est une mauvaise fille, une très mauvaise mère, mais s'il y a bien une chose que tu ne peux pas nier, c'est que c'était une super grande sœur.
-Mouais, si on veut.
-Si on veut !? Elle te maquillait, jouait avec toi, elle s'occupait de toi et de nos frères quand on était gosses. Dis ce que tu veux, mais c'était une super sœur, qui a mal tourné, je te l'accorde, mais quand même.
-Et c'est ça que je dois accepter, que malgré ses défauts c'était une bonne sœur ?
-Ca, et aussi le fait que tu ne te débarrasseras jamais d'elle. Son absence a brisé quelque chose en toi, quelque chose qui n'est toujours pas réparé maintenant, à tes 18 ans.
-Comment ça ?
-A chaque fois que tu verras deux sœurs ensemble, tu te demanderas où est passée la tienne. A chaque fois que tu verras une fille faire quelque chose pour sa petite sœur, tu te demanderas ce que t'as bien pu faire pour ne pas mériter la même chose. A chaque fois que quelqu'un te dira "t'es comme une sœur pour moi" ton cerveau te rappellera, comme un murmure au creux de ton oreille, que tu essayes juste d'être celle que tu n'as jamais eu : une sœur présente et qui reste malgré les difficultés. Au fond de toi, tu te dis que t'as une responsabilité dans le départ de ta sœur, que t'as du faire quelque chose pour qu'elle partes, mais ce n'est pas le cas, pas du tout. Elle est partie par sa propre faute.
-...
-Ca fait mal, pas vrai ? On dit que le temps répare toutes les blessures, mais c'est bizarre, celle-là persiste, même 10 ans plus tard.
-J'espère que le temps fera son boulot.
-Ouais...moi aussi.
Fin
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Ses restes...
RandomVenez découvrir un dialogue personnel, entre une jeune fille de 11 ans et celle de 18 ans. Deux versions d'une même personne : une petite collégienne et une jeune femme qui y voit plus clair dans les débris d'un lien sororal après des années de déni...
