Ma chère sœur,
Vous serez sûrement satisfaite d'apprendre que Vasilis, votre frère, est bien arrivé dans ce monde étrange qu'est celui de l'espèce humaine.C'est un peuple bien étrange que celui-là, et les décennies que j'ai employées à son étude me paraissent soudain bien dérisoires. Comment ce brave Vasilis a-t—il pu simplement imaginer comprendre cette espèce qui ne se comprend pas elle-même ? Je vais tâcher d'essayer de vous décrire et de déchiffrer les comportements que j'observe durant ce voyage, même si je crains de ne pouvoir dresser de conclusions sur toutes les bizarreries que j'ai l'occasion d'observer. Cela ne m'étonne point cependant, ayant toujours su que cette espèce se distinguait de la nôtre par un très grande sensibilité, rendant la démarche scientifique hasardeuse et susceptible aux erreurs. Vasilis est logé dans une ville de taille moyenne, appelée dans le temps de nos manuels d'étude Lugdunum, même si les locaux n'utilisent plus ce terme pour la désigner. Vous aurez beau demander « Lugdunum », personne -sauf peut-être quelques originaux- ne sera en mesure de vous répondre. Cela peut paraître déroutant, surtout lorsque nous savons qu'il y a encore quelques siècles, vous auriez été parfaitement compris, mais cela révèle aussi l'une des particularités les plus composantes de la société humaine. Je parle bien évidement de la longévité effroyablement courte des individus humains, dont la majorité n'atteignent pas un siècle d'âge. Leurs corps sont constitués de manière à grandir et à mourir bien vite, le processus de dégénération prenant parfois des années pendant lesquels l'individu est inutile à la société. Ainsi, une décennie de la vie humaine -ce qui constitue pour eux autant qu'une siècle pour nous- est gâchée par les caprices du corps, se cassant de toutes parts en attendant l'heure du trépas. Vasilis votre frère, est bien heureux du destin brutal de condition vampirique, celle de devenir poussière dès qu'être n'est plus souhaitable. Cette durée limitée dans la vie des humains les oblige à courir dès qu'ils en sont capables. Ici, chaque journée peut-être autant décisive qu'une autre, l'individu n'en possédant qu'un nombre limité. Je vois donc des hommes, des femmes et autres gens courir sur les trottoirs, se presser dans leurs outils de transportation publics et passer d'un lieu à l'autre en un claquement de doigts. La langueur des vampires, si élégante et si précise n'a pas sa place. En effet, il n'est pour nous la place dans une journée que de nous éveiller, de nous sustenter quelques fois et de nous rendre en lieu précis pour parler à la personne de loutre choix. Tu me diras, ma soeur, que ce quotidien nous laisse tout un temps pour l'activité vénérable penser, ce que les humains ne semblent pas avoir. Cependant nos longues élucubrations sont peut-être ce qui nous empêche d'agir, car à peine a-t-on trouvé une idée satisfaisante que le soleil se couche et que nous décidons de la remettre à plus part, jusqu'à totalement l'oublier. C'est peutetre pour ça que les humains, malgré leur réflexions superficielles inventent tant de choses incroyables -la menace de leur mort prochaine ne leur donne pas le luxe de tant cogiter et la promesse de leur mort prochaine les pousse à l'impulsivité. Je ne cesse de m'émerveiller devant les produits de cette éphémérité, mais elle me cause aussi quelques embarras sur la manière d'organiser mon temps. Car voilà, ma chère Carmilla, que votre pauvre frère avait tout juste conçu l'idée de vous écrirez et entrepris de le faire qu'on sonna à sa porte pour quelque dinner. Me voilà alors forcé d'achever cette lettre alors qu'il me reste tant de choses à dire...
Je vous salue respectueusement, Vasilis de Bellemark, membre du comité de recherche inter-espèce
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Paranormalj'essaie d'écrire un texte par jour (plus ou moins???) et je poste ici ceux qui sont un truc à part entière parce que j'ai envie même si c'est nul Leslie/10
