J'ai ouvert mon bras comme on ouvre une bouche qu'on a trop forcé à se taire.
Pas pour faire jolie, pas pour faire pitié.
Juste parce que je ne savais plus comment crier.
J'ai grandi dans un monde qui frappait plus fort que le silence.
Dans un monde où la douleur c'était le langage.
Pas de mot doux, juste des coups.
Pas de « je t'aime », juste un revers de main.
Je n'étais pas une enfant, j'étais une cible.
Une enfant à genoux, pas pour prier mais pour encaisser.
Les murs s'en souviennent mais pas les gens.
J'ai connu les mains sales, des mains qui m'exploraient comme si mon corps leurs appartenaient.
Et après??
Après, on ferme la porte, on continue la vie comme si de rien n'était.
On me dit de me taire, de sourire et d'oublier.
J'ai rien oublier et certainement pas les fois où j'avais peur des bruits dans le couloir.
Je n'avais pas peur des monstre sous mon lit non!
J'avais peur de ceux de la maison.
À l'école, c'était pas mieux pas de répit, pas d'amis.
Des insultes, des coups, des rires quand je me taisais, des regards qui jugent.
Des mots qui frappent plus fort que les coups.
Et le pire, c'est que j'y croyais..
Parce que chez moi on me frapper, dehors on me piétinait.
Pas d'espace pour respirer, je n'avais pas de place pour exister.
Je me suis couper car j'ai appris à devancer leurs coups en m'en mettant à moi même.
Et puis maman..
Maman est partie sans bruit et depuis c'est moi la tombe.
C'est moi l'absence, c'est moi le vide.
J'ai creusé sur ma peau parce que je ne l'as trouve plus dans mes souvenirs.
Elle, elle m'aimait, pas comme eux.
Pas comme les coups ou comme les cris.
Elle, elle me regardait comme si j'étais autre chose qu'un poids.
Et depuis qu'elle est partie, je n'ai plus personne.
Aujourd'hui, c'est moi ma lame, mon silence.
Maintenant, c'est moi qui me coupe.
Parce que j'ai appris la douleurs comme une langue familiale.
Parce qu'à cause d'eux j'ai pris l'habitude de souffrir pour me sentir vivante.
Ils m'ont programmé à encaisser.
À pleurer en silence, à cacher mes blessures.
À dire « je suis tombée » alors que c'est eux qui m'ont foutue à terre.
Maintenant, je parle avec des traits rouge.
Je me blesse avec précision, pas pour mourrir.
Simplement pour reprendre le contrôle.
Je me fissure seule.
Parce qu'au fond c'est plus simple.
Parce que je ne connais rien d'autres.
Mais que ça soit moi qui me blesse ou eux, c'est toujours moi qui saigne.
Et ouais, je suis morte en vie mais je me lève encore.
Et rien que pour ça, JE SUIS PLUS VIVANTE QU'EUX TOUS RÉUNIS!
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Je respire même en sang
PoetryPlongée dans un monde où la douleur et le silence règnent, une âme errante cherche la lumière au milieu des ténèbres. Entre souffrance et espoir, ce poème explore le combat intérieur d'une vie figée entre l'ombre et la lumière.
