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Des étrangers dans l'eau

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Hello ! Tous les chapitres de cette ff sont prêts, j'en posterais environ 1 ou deux par jour !
J'espère que vous allez comprendre la complexité du personnage d'eyla, il faut avancer dans l'histoire pour voir pourquoi elle se comporte comme ça !

L'eau m'appelle. Elle le fait souvent, mais ce matin, c'est différent. Je le sens dans mes os, dans mes muscles, dans l'air même qui circule dans mon torse. Elle a un goût étrange. Comme si quelque chose était sur le point de changer.

Je suis perchée sur une racine de mangrove, les jambes dans le vide, le visage tourné vers le large. Le vent salé joue avec mes cheveux. Je ferme les yeux. J'écoute. Le clapotis des vagues. Les ulu qui chantent au loin. Le craquement de l'écorce sous mon poids. Et dessous... un silence. Un vide. Comme si la mer retenait son souffle.

Mes mains s'agrippent à la racine. Mon cœur bat plus vite.
Quelque chose approche.

Je descends sans un bruit, glisse dans l'eau, et me fonds dans les courants. Je plonge, m'éloigne de la rive. Là, je me sens entière. L'eau me caresse comme une mère. Je longe les rochers de corail, salue un banc de poissons qui se replient sous mon passage. Tout semble normal. Mais je sais qu'il ne l'est pas. Ce que je ressens... ce n'est pas qu'un pressentiment. C'est Eywa. Elle me murmure, comme elle l'a toujours fait.

Je remonte à la surface.

Et j'entends les tambours.

Mon estomac se noue. J'attrape la première racine qui dépasse, grimpe comme un ilu blessé jusqu'à la plateforme de bois tressé. Les voix montent de la plage. Toute la tribu est là.

Et eux aussi.

Je m'arrête net. Les battements de mon cœur résonnent dans mes oreilles.

Des étrangers.

Ils débarquent à dos d'ikran, maladroits dans leur vol, leurs ailes trempées éclaboussant le rivage sacré. Ils sont six, et ils se tiennent droits malgré la tension visible dans leurs corps. Mon regard va immédiatement vers eux, balayant chaque visage.

L'homme en tête, je le reconnais. Même sans jamais l'avoir vu. Jake Sully. Le Toruk Makto. L'étranger devenu Na'vi. Une légende. Mais ce que je vois là, ce n'est pas un héros. C'est un père désespéré.

À ses côtés, une femme : Neytiri. Des yeux durs. Des mouvements de guerrière. Elle garde ses enfants près d'elle, comme une louve encerclée.

Et puis il y a eux. Les enfants. Ceux que nous allons devoir accueillir.

Je serre les dents.

Le premier garçon, le plus grand, me fixe un instant. Ses yeux ne fuient pas. Il se tient droit, tendu, mais digne. Ses bras sont noueux, marqués de cicatrices anciennes. Son nom, je l'apprendrai plus tard. Neteyam. Mais déjà, quelque chose en lui me dérange. Ou m'attire. Je ne sais pas encore.

Juste derrière, un autre garçon. Lo'ak. Plus impulsif, plus agité. Son regard file dans tous les sens. Il ricane, parle à voix basse. Il me donne envie de soupirer.

Puis je vois la fille. Elle marche pieds nus, sans bruit. Elle ne regarde personne dans les yeux, mais elle voit tout. Elle a l'air ailleurs. Son visage me trouble. Il y a une lumière en elle. Une vibration. Presque comme... moi. Mais je refuse cette idée.

Enfin, une petite. Une enfant. Trop jeune pour ces tensions. Elle serre la main de la grande. Ses yeux sont ronds de peur. Mon cœur se serre malgré moi.

Je jette un coup d'œil à Ronal, notre tsahìk. Sa voix coupe l'air comme une lame :
— Celle-ci est enceinte, dit-elle en posant une main sur le ventre de Neytiri. Et vous apportez la guerre avec vous.

Je vois le visage de Neytiri se durcir. Elle est prête à mordre. Jake baisse la tête. Il sait qu'il doit plier. Tonowari reste silencieux un moment. Puis il dit :

— Vous êtes les bienvenus, mais vous devrez apprendre notre voie.

Le clan murmure. Certains hochent la tête. D'autres, comme moi, restent figés. Je sens mon sang bouillir sous ma peau. Pourquoi doivent-ils rester ? Pourquoi ici ?

Je recule, sors de la foule. Je grimpe jusqu'au promontoire, vers la pierre plate où j'aime m'asseoir seule. La mer est calme, mais mon esprit ne l'est pas. J'ai mal à la poitrine, sans savoir pourquoi.

— Tu n'es pas curieuse ? me demande une voix douce derrière moi.

C'est Tsireya, la fille de Ronal. Ma cousine. Elle est belle, généreuse, pleine de lumière. Le contraire de moi.

— Non, je grogne. Ils ne sont pas d'ici. Ils n'ont rien à faire avec nous.

Elle sourit, comme toujours.
— Alors observe. Tu pourrais être surprise.

Je la regarde s'éloigner vers la plage, là où les étrangers installent leur tente.

Je reste seule. Le vent me gifle doucement. Quelque chose bouge dans ma poitrine, une gêne que je n'arrive pas à faire taire.

Je retourne dans l'eau. Je nage longtemps. Je descends profondément, jusqu'à ce que le monde devienne bleu nuit. C'est là que je me sens le mieux. Invisible. Intouchable.

Et là, dans le silence liquide, je l'entends.

Un murmure.

« L'eau accueille ce que la terre rejette. L'éloigné n'est pas toujours l'ennemi. »

Je ferme les yeux.

Je ne comprends pas ce que veut dire Eywa. Je ne veux pas comprendre.

Mais au fond de moi, quelque chose me dit que je n'aurai pas le choix.

Et que ce garçon — ce Neteyam — va changer quelque chose en moi. Que je le veuille ou non.

Deux âmes liées ~~ NETEYAMStories to obsess over. Discover now