Des pas se faisaient entendre. Un homme pénétrait dans une grande pièce sombre, aux odeurs d'humidité et de moisissure. Au milieu de cette pièce se trouvait une femme.
Les ongles des mains et des pieds arrachés, le corps rempli de griffures, elle respirait difficilement.
- Yuki, l'homme, se plaça en face de la femme, qui ne daigna relever le menton et garda les yeux fermés.
— Yuki, tu dois me répondre.
La voix de l'homme était effrayante.
— Tu vas mourir ici si tu ne parles pas.
La femme fut prise de spasmes. Elle riait, d'abord doucement, puis de plus en plus fort. Là, attachée au milieu de cette pièce, les ongles entièrement arrachés et le corps mutilé, cette femme se moquait de la faiblesse d'esprit de l'homme qui se tenait en face d'elle.
Soudainement agacé, l'homme attrapa le cou de la femme et commença à le serrer.
— PARLE ! QUI ME TUERA ?! Tu dois me répondre, Yuki, je sais que tu le sais. QUI ?!
Essoufflé après sa tirade, l'homme relâcha le cou de la femme. Il ne la ferait pas parler comme ça. Il le savait : cette démone n'avait peur de rien. Ou presque, songea-t-il. Il ne lui restait qu'une carte à jouer. Mais cette fois-ci, il était sûr que la femme parlerait.
Cela faisait des semaines qu'il avait capturé cette femme, celle que l'on appelait la Gardienne du Temps. Grande héroïne, elle possédait le pouvoir du temps. Yuki Aoki était capable d'anticiper les mouvements et les actions futures. Ce don avait immédiatement éveillé l'intérêt de l'homme. Si elle pouvait prédire les actions futures, alors elle était capable de voir l'avenir.
Alerté par la puissance de ce pouvoir, l'homme avait voulu s'en emparer. Et après des années de combat pour la capturer, il y était parvenu. Seulement, il n'arrivait pas à lui voler son alter. Pire encore, lorsqu'il avait tenté d'utiliser un alter volé qui lui permettait de lire dans l'esprit de cette femme, elle se jouait de lui, lui montrant ses souvenirs comme elle le voulait. Elle semblait maîtriser son esprit à la perfection. Sa force mentale était indéniable.
L'homme avait tout essayé pour parvenir à ses fins, mais la femme était plus forte. Elle se fichait de mourir.
Aujourd'hui, dans ce sous-sol pourri, il était prêt à jouer sa dernière carte.
— J'ai retrouvé la trace de ton mari et de ta fille, murmura-t-il à l'oreille de la femme.
À l'entente de ces mots, la femme fut prise d'un frisson.
— Tu mourras aujourd'hui, Yuki. Mais si tu me parles, tu peux empêcher qu'ils te rejoignent.
La femme avait longuement côtoyé cet homme. Depuis qu'elle avait été faite prisonnière, elle comptait les minutes, les heures, les jours, les semaines, les mois. Elle, qu'on appelait la Gardienne du Temps, refusait de perdre la notion du temps. Quinze mois, quatre jours, neuf heures et dix-sept minutes. C'était le temps écoulé depuis sa capture. Elle avait eu tout le temps nécessaire pour analyser l'homme qui la torturait. Elle le connaissait par cœur. Et à ce moment-là, lorsqu'il avait prononcé ces mots, elle sut qu'il ne mentait pas. Il avait déjà, à de nombreuses reprises, menacé sa famille. Mais aujourd'hui était la première fois où la femme savait qu'il disait la vérité.
Pour la première fois depuis sa capture, il la sentit paniquer. Et il se réjouit de ce spectacle.
Mais il savait que même cette menace ne la ferait pas céder. Alors, il en profita pour pénétrer son esprit. Il était obsédé par une seule idée : savoir qui le tuerait. Qui porterait le coup fatal ? Qui mettrait fin à la terreur d'All For One ?
Des grands yeux verts. Des ailes blanches.
Des grands yeux verts. Des ailes blanches.
Des grands yeux verts. Des ailes blanches.
Ces images tournaient en boucle dans l'esprit de l'homme, quand soudain la femme hurla :
— SORS !
Il se sentit expulsé de son esprit. Il était terrifié par ce qu'il venait d'apercevoir. Mais il était encore plus terrifié car, à présent, la femme — Yuki Aoki — le regardait droit dans les yeux. Son regard transpirait la bravoure et la détermination. Et pire encore... elle souriait.
— SON PRÉNOM ! hurlait l'homme, à présent à genoux devant elle.
— Elle te tuera, toi et tes idées, dit la femme.
Un coup. Un poignard dans le cœur. Il avait tué la femme. Il ne pouvait supporter ce sourire. Mais surtout, il ne pouvait supporter ces prunelles vertes... bien trop semblables à celles qu'il avait aperçues dans la vision.
Les mots étaient restés ancrés dans son esprit. Et la seule chose à laquelle il pouvait penser était :
Des grands yeux verts. Des ailes blanches.
Elle te tuera.
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SUPERNOVA
FanfictionDu plus loin qu'elle s'en souvienne, Tenshi a toujours voulu être une héroïne. Depuis son plus jeune âge, elle poursuit le rêve d'être utile, de dessiner un sourire sur le visage de tous ceux qu'elle croise. « Pourquoi tu veux être héroïne ? Sérieus...
