-Viens ici, j'ai trouvé quelque chose !
Et voilà qu'il me semblait entendre quelqu'un.
-Regarde ! C'est une fille...
J'étais couchée sur le sable brûlant. Ma tête me cognait, et je sentais que mon cœur battait de moins en moins vite. J'avais ouvert les yeux en sentant que le soleil touchait à nouveau ma peau sèche et craquelée sous l'effet de la chaleur suffocante.
-Mais viens ! Amène les gourdes !
La personne tendit la main et me toucha doucement la joue dans un geste tellement tendre. J'avais envie de me blottir contre cette main qui m'avait réveillée. J'ouvris doucement les paupières, ce qui me tira un faible râle. Je n'arrivai presque plus à penser, encore moins à parler, alors sûrement pas à me lever, mais la main quitta ma joue pour venir se poser sur mes épaules. La personne me releva et j'entrouvris les lèvres, voulant faire quelque chose, n'importe quoi, pour cette personne. A la place, quelque chose de froid, incroyablement frais dans cette fournaise qu'était cet endroit, se posa sur mes lèvres, déversant doucement de l'eau froide dans mon corps desséché. Je gémis, mon corps se réveillant grâce au liquide vital. Mes mains se remirent à bouger incroyablement vite, agrippant brusquement l'outre d'eau en la pressant pour boire plus vite, plus, tout simplement. Mes lèvres me brûlaient, et mes yeux me piquaient. Le vent chaud et sec du désert me frappa de plein fouet et j'en lâchai l'eau salvatrice. La personne à mon côté avait d'extraordinaires réflexe, parce qu'elle rattrapa la gourde en ne renversant que quelques gouttes qui trempèrent le sable à mes pieds. Je fixai le sable mouillé quelques secondes. Secondes suffisantes pour que le soleil évapore l'eau. Quand je relève la tête, trois grandes créatures crème sur quatre pattes marchent nonchalamment vers mon sauveur et moi. Ils portent des paquetages sur les flancs et deux bosses se balancent sur leur dos quand ils posent les sabots par terre. Ils sont tenus entre eux par une corde tressée que tenait une silhouette toute enrubannée de blanc. Seul un petit nez en trompette dépassait de la longue robe crème et blanche et du foulard noir qui lui couvrait le visage. Une sorte de long bâton sortait du dos du large vêtement du personnage en face de moi. Il enroula la corde autour de sa main et abaissa son foulard en dessous de son menton. C'était une jeune femme. Elle avait la peau très pâle, d'un blanc crayeux, et de longs cheveux blonds platine ondulés tombèrent sur ses épaules quand elle me sourit. Elle ouvrit la bouche et je vis ses lèvres bouger, mais aucun son ne m'atteignait. Je voulus secouer la tête, mais quand mon cou craqua, je compris que ce n'était pas une bonne idée. Seulement, c'était trop tard. Ma vision se brouilla et des points multicolores dansèrent devant moi. Je m'effondrai sur le sable, de l'autre côté de la personne qui m'avait donné de l'eau.
*~*~*
-On ne peut pas s'occuper d'elle ?
-Non ! Tu as vu dans quel état elle est ? Elle mourra dans quelques jours, qu'on l'aide ou pas, et ça serai comme s'accrocher à un animal de compagnie, si on ne peut rien faire.
Cette phrase m'avait réveillée un instant de mon état comateux avant que j'y replonge brièvement. Je me rappelai cependant d'une chose. Je n'étais plus une enfant. Je ne savais pas comment je pouvais en être tellement certaine, ni même comment je savais que j'étais une fille ou un garçon, mais je le sentais. Quand j'en rêvai, des fourmillements apparaissaient à la lisière de mon subconscient, comme pour m'attirer plus loin dans les méandres de mon esprit. Je ne m'étais pas vue une seule fois, pas même mes mains, depuis que les voyageurs m'avaient donné de l'eau.
Un grondement sourd me fit ouvrir brusquement les yeux. Je venais de voir une curieuse créature dans mes songes. Elle était trapue, mais assez grande pour m'arriver à l'épaule, car dans mon rêve, je marchai à sa gauche, la frôlant quelques fois. De longs crocs dépassaient de ses babines pour venir effleurer la pointe de ses moustaches blanches. Sa fourrure épaisse, d'un brun-roux doux était striée de rayures noires et blanches qui étaient assez légères pour ne pas les apercevoir tout de suite, mais toute fois assez profondes dans les couleurs pour qu'elles ressortent quand on les avait aperçues. Une jeune fille, se passait l'autre main dans les cheveux. Ils étaient rouges et noirs, et à certains endroits, de fines mèches blanches ressortaient de la masse de grosses boucles. L'enfant, parce que c'était une enfant, ne devait pas avoir plus de douze ans, pourtant, elle avait déjà perdu les rondeurs de l'enfance et quelques formes commençaient à apparaître sur son petit corps. Sa peau caramel était assez claire, mais les traces d'une vie passée au soleil ne disparaissaient pas, de plus, de curieuses marques rouges, noires et blanches couvraient sa mâchoire jusqu'à son œil gauche. Elle portait un ensemble en cuir crème et marron et marchait calmement dans les dunes perdues du désert, le curieux animal à ses côtés. Sa chemise semblait souple, ce qui m'amenait à penser que c'était peut-être un simple tissu, et pas du cuir, mais le pantalon semblait bel et bien fait en peau d'animal tannée, car il lui collait aux jambes. Le tissu de son haut protégeait ses bras, remontait jusqu'à sa nuque et son cou et rentrait dans la ceinture du pantalon, empêchant le sable de s'infiltrer dans ses vêtements. Un foulard volait au vent, à peine attaché au col de la chemise. La jeune fille semblait très à l'aise dans le sable, seule avec cette magnifique créature. Le duo s'arrêta au milieu d'une dune et je vis enfin le regard de la jeune fille, ce qui me pétrifia. Ses yeux étaient deux puits noirs. Ils étaient noirs comme la nuit, et plus clairs sur les bords des yeux, comme s'ils avaient voulu remplacer le blanc qui avait disparu. L'enfant ouvrit la bouche, et parla, seulement, je n'entendais pas une voix, j'en entendais plusieurs à la fois, et chacune parlaient un langage différent, ce qui donnait un ensemble discordant et assourdissant de paroles incompréhensibles. Quand l'enfant referma la bouche, le calme revint, comme si il n'y avait jamais eu cette cacophonie de voix étranges.
KAMU SEDANG MEMBACA
Dakota 5
Fiksi IlmiahMai 2015 Quand la jeune fille est réveillée et sauvée par un couple dans le désert, tout s'enchaîne, et les secrets et souvenirs cachés qu'elle traînait derrière elle refont surface et la noient. Alors, l'aventure commence.
