OS Hors sujet: William

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Ça ne changera rien !

Les premiers mois qui avaient suivi la rupture du serment rouge, William s'était répété ces quelques mots comme une prière qui annulerait tout. Seulement la réalité était bien différente. Comme tous ses frères, l'Hélios avait ressenti dans sa chaire l'annulation du contrat fait avec les Elitiens. Ce jour-là, quelque chose d'ancien s'était éveillé dans sa poitrine pour recommencer à ronger son esprit et empoisonner ses vaines. William s'était alors raccroché à l'espoir que cette fois-ci serait différente, qu'il ne se laisserait pas emporter par ce monstre qui grognait en lui ou même par ses frères. Ceux-là étaient de son avis, le temps les avaient rendus plus fort et aucun maléfice ne pourrait changer cela. Et pourtant...

Malgré toute sa bonne volonté, William avait vu ses pas le conduire aux alentours de l'Elite, son esprit noter les entrées et sorties des Elitiens, les points stratégiques et autres détails qu'on cherche à savoir que quand on s'apprête à commettre le pire.

Ses frères étaient dans la même situation, ils sortaient de leur chaumière pour faire un tour dehors et ne revenaient que plusieurs heures plus tard, un peu perdu et prétendant ne pas savoir ce qu'ils avaient fait de leur après-midi.

Puis un jour, le traitre avait débarqué chez eux prêt à les servir. Il avait les yeux vides et froids de ceux à qui on a dérobé leur conscience. Tybalt avait négligemment toqué sur sa tête comme il l'aurait fait sur la porte d'une maison qu'il savait vide.

— Voilà ce qu'il nous attend si on s'entête à ne pas vouloir affronter l'Elite. Si nous sommes encore conscients de ce que nous faisons ce n'est pas parce que nous sommes plus fort que des humains mais parce que notre désir de ne pas faire le mal est faible. Regardez ce que le sortilège à fait à leur cher capitaine qui tient plus que tout à son Elite adoré. Il est hors de question que je finisse comme ce pantin sur patte !

Quatre Estaffes avaient acquiescé, arguant qu'ils avaient passé des mois à lutter contre sortilège mais que ce dernier était trop fort et qu'il valait mieux lutter avec lui que contre lui.

William avait gardé le silence bien décidé à ne pas revenir sur cette promesse qu'il s'était fait à lui-même.

S'il y tenait tant, ce n'était pas par volonté de voir l'Elite leur survivre. Seulement, le siècle passé dans ce royaume lui avait appris une chose : sous le maléfice de Circé, sang, mort et immortalité avaient le même gout de poussière. Aucune vie prise n'apparaissait comme une victoire pas plus que comme une tragédie. Cette quête qu'il avait entamé avec fierté en rentrant à l'Elite aurait de toute façon perdu de sa saveur avec le temps mais le maléfice de Circé lui avait donné une forte amertume d'autant plus que cette vengeance pour le peuple Hélios n'était plus de sa volonté propre.

Fatigué par tout cela, il était allé au bar du Poète borgne écouter des conteurs amateurs balbutier des blagues et des balades pour payer leurs consommations. Deux Elitiens intrigués par le fait qu'il cache son identité sous un capuchon étaient venu le voir pour en savoir plus.

— J'ai parier que votre visage était couvert de cicatrice, expliqua joyeusement le premier qui devaient faire au bas mots deux tête de plus que William.

— Et vous ? demanda l'Hélios à son camarade, un homme blond, maigre et taciturne.

— Je n'ai rien parié, mais je dirais que vous êtes une personne louche qui a donné un rendez-vous ici à quelqu'un de peu recommandable et que nous devrions vous laisser tranquille.

Il avait dit cela sur un ton sans aucune hostilité, surtout gêné que son ami l'aille trainer au fond de la salle pour poser des questions indiscrètes à un inconnu. Alors avec un sourire crispé, William répondit :

Les inséparables (Recueil d'OS)Historias para obsesionarse. Descúbrelo ahora