La pluie battait sur les fenêtres du commissariat. Le bruit des gouttes martelant le verre apportait une certaine tranquillité étrange à l'air tendu qui régnait dans la pièce. Caroline, la policière, observait la délinquante qui était assise en face d'elle, les bras croisés sur la table, un sourire défiant aux lèvres.
Elle savait que c'était une routine maintenant. Chaque mois, parfois même chaque semaine, Julie se retrouvait là, sous ses yeux, pour un vol, une altercation, une ivresse sur la voie publique. Julie. La même femme qui, chaque fois, luttait contre la loi et le système sans jamais se soucier des conséquences. Chaque fois, Caroline la prenait sur le fait, chaque fois, elle se retrouvait face à cette insolence crue qui la mettait hors d'elle.
Caroline avait l'habitude de l'attitude de
Julie, ce mélange de défi et de provocation. La jeune délinquante, d'a peine vingt-cinq ans, semblait toujours en quête de se tester. Chaque audition devenait un combat de regards.
Caroline n'était pas du genre à céder.
Son uniforme, son autorité, ses principes, tout ça faisait d'elle une personne respectée, mais parfois, elle se demandait si cela suffisait à la faire avancer dans cette ville où tout semblait tourner en rond.
• "Julie, vous avez de la chance qu'on ne vous ait pas mis en garde à vue. Mais ça suffit maintenant. À quoi vous jouez?"
lança Caroline en posant le dossier avec force sur la table.
Julie, les yeux pétillants de défi, ne répondit pas tout de suite. Elle semblait profiter du moment, savourer la tension.
Puis, enfin, elle se leva lentement, un sourire aux lèvres.
• "Je joue à ce que je veux, Caro. Si tu veux vraiment savoir."Ce surnom. C'était le premier qu'elle lui avait donné, et Caroline n'avait pas pu s'empêcher de frissonner la première fois qu'elle l'avait entendu. La familiarité de ce "Caro", cette façon de le dire avec une pointe de moquerie, la mettait en colère. Elle n'était pas là pour des jeux.
• "Ce n'est pas un jeu, Julie. Vous jouez avec votre liberté, et croyez-moi, un jour ça ne sera pas qu'un avertissement."
Caroline tenta de ne pas laisser son agacement transparaître. Elle avait un devoir à accomplir. Elle devait garder le contrôle.
Julie haussait les épaules, imperturbable. Elle savait exactement où la policière voulait en venir. Elle le savait trop bien. Mais elle n'avait pas peur de la loi. Elle n'avait pas peur de l'ordre.
• "La liberté, c'est juste un mot vide pour des gens comme toi. Et pour des gens comme moi, c'est une blague." Julie lança cela d'un ton désinvolte, un petit éclat dans le regard, comme si elle voulait provoquer Caroline jusqu'au bout.
Caroline se força à ne pas céder. Elle scruta Julie, cherchant dans ses yeux quelque chose, n'importe quoi, pour comprendre ce qui poussait cette jeune femme à cette rébellion constante. Mais il n'y avait rien. Juste une froideur distante. Pourtant, Caroline sentait une étrange attirance qui la perturbait.
Quelque chose qu'elle refusait d'admettre. Elle détourna le regard et se leva brusquement.
• "Vous savez, Julie, je pourrais vous laisser repartir cette fois. Mais vous devez comprendre que ce n'est pas le dernier avertissement." Elle marqua une pause. "Mais il serait peut-être temps que vous grandissiez."
Julie éclata de rire, un rire léger, mais plein de sous-entendus. Ses yeux se braquèrent un instant sur Caroline, comme pour la sonder.
• "Caro... la vie c'est pas un putain de manuel. J'ai bien compris, t'inquiète pas." Puis, plus bas, presque pour elle-même: "Mais toi, tu comprends ce que c'est vivre pour de vrai ?"
Le silence qui suivit laissa Caroline perplexe. Elle avait l'impression que cette confrontation n'était qu'un prélude, une scène qui se rejouerait encore et encore, et qui, dans un coin de sa tête, la fascinait étrangement.
Julie se leva enfin, se dirigeant vers la porte, avant de se retourner un instant pour lancer :
• "Tu me connais pas, Caro. T'as aucune idée."
Et elle disparut dans le couloir.
Caroline, elle, resta là, les mains légèrement tremblantes, l'esprit troublé par cette dernière remarque. Elle se rendait bien compte qu'elle n'avait pas réussi à garder toute sa lucidité, mais une question persistait : Pourquoi ce nom, "Caro"? Et pourquoi avait-elle eu
ce frisson ?
YOU ARE READING
Sous les apparences
RomanceDans une petite ville où la loi semble parfois plus floue que les règles qu'elle impose, Caroline, une policière rigide et idéaliste, et Julie, une jeune délinquante au passé trouble, se croisent régulièrement. Leur première rencontre se fait dans u...
