Chapitre 1

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Le soleil se couchait lentement sur le village plongeant le ciel dans une palette rouge et d'orange. Au coeur de ce crépuscule vibrant, les cris et les pleurs résonnaient parmi les maisons en terre battues. Amara une jeune femme d'une vingtaine d'année aux yeux pleins d'innocence, était séparée de sa famille dans un chaos qu'elle ne comprenait pas entièrement. Les hommes armés, impassibles et froids, étaient autour d'elle la tirant hors de la maison qu'elle avait toujours connue.

Les dernièrs instants qu'elle passait auprès de sa mère et de ses frères étaient un tourbillon de chagrin et de confusion. Les larmes de sa mère et les regards désespérés de ses proches restaient gravées dans sa mémoire alors qu'on la poussait à monter à bord d'un navire imposant, ancré dans le port. A mesure que  les chaînes résonnaient et que les esclaves étaient entassés dans la cale sombre et etroite, Amara se sentait glisser dans un abîme de désespoir.

Chaque jour elle regardait les marins et leur chants lugubres se mêlaient aux murmures désespérés des captifs, et l'air était lourd. Dans les cales obscures du navire une cinquantaine d'esclaves entassés, affamés et enchaînés survivaient dans une puanteur insoutenable.

Parfois un marin descendait leur jeta un sceau de bouillie grise et moisie, accompagnée de quelques morceaux de poisson salé. La nourriture jetée avec mépris était insuffisante, indigne mais ils se battaient pour y goûter, affaiblis par la faim et l'humiliation.

Leur chaîne était lourd et dans le noir ils résonnaient le cliquetis du métal. La vie qu'elle connaissait, pleine de chaleur et de sécurité était maintenant remplacée par une obscurité oppressante et une incertitude glaciale.

Enfermée dans ce qu'elle comprenait maintenant comme un piège cruel. Amara se demandait si elle verrait un jour la lumière du jour sur cette terre lointaine, ou si ce voyage marquerait le début d'une existence marquée par la souffrance et la résignation.

Amara faible et effrayée, trouve une petite place contre une paroie en bois regardant la mer et les activités des marins. Là, elle rencontre une vieille femme appelée Fatoumata, dont les yeux fatigués trahissaient des années de souffrance.

Elle a pris Amara sous son aile et au fil des jours, elle devient la seule repère d'Amara dans cet enfer flottante. Elle lui raconte des histoires de leur terre natale, des traditions et des chants qu'elle ont laissées derrière elles.

Mais un jour Fatoumata commença à la parler de ce qui les attend à destination, elle explique à Amara qu'une fois vendue, elle deviendra la priorité de quelqu'un d'autre, un maître qui la traitara comme une simple marchandise et elle devra obéir à ses ordres.

Dès lors Amara commence à pensés aux travaux forcés, aux abus auxquels elle sera confrontée et le fait qu'elle devra être docile et obéissante pour éviter les punitions cruelles qui l'attendait.

AMARA Where stories live. Discover now