Charogne.

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Si je devais définir cet été ,le premier mot qui me viendrait à l'esprit serait "fiévreux ".

Une chaleur étouffante s'était installée sur le pays depuis plusieurs semaines et ne semblait pas prête à s'en aller .

Je ne saurais dire quelle fut l'étincelle qui avait déclenché mon départ mais ça avait du être terrible .J'étais parti en plein après midi de mon domicile sans même avoir prévu ne serait-ce qu'une bouteille d'eau et je m'étais mis à marcher sans autre but que celui de mettre un maximum de distance entre moi et ma compagne.

Déshydraté et épuisé,j'avais fini par m'écrouler sur la route...probablement durant quelques heures.                     

Quand je repris partiellement conscience,je me rappelle avoir vu le visage buriné  de George marchant à côté de sa mule sur laquelle il m'avait installée .

Je me rappelle avoir pensé qu'il me serait impossible de me débattre s'il décidait de me faire du mal.

Je perdis à nouveau consciente.

Je finis par m'éveiller plusieurs heures plus tard, couché dans un lit assez confortable .

Etrangement c'est à partir de ce moment que mes souvenirs deviennent particulièrement précis .

Il me fallu un temps considérable avant d'être capable de m'asseoir sur le bord du lit .

La pièce était plongée dans l'obscurité à l'exception d'une commode en bois sur laquelle était posée une bougie.

Il faisait nuit noire dehors .

Je repensai au vieil homme de tout à l'heure en me disant qu'il m'avait probablement sauvé la vie en m'amenant ici.

Je n'étais pas pour autant rassuré ,loin de là .

Il me fallait rencontrer mon hôte et cette idée ne m'enchantait pas .

Après avoir rassemblé mon courage, je finis par me lever et quitter la chambre à pas lents .

Je réalisais peu à peu que je me trouvais dans une ferme ancienne,la fraîcheur des lieux m'étonnait .

Je me mis à déambuler de couloirs en couloirs dans l'obscurité en espérant trouver une forme de vie amicale .

Tout était étrangement calme,comme s'il n'y avait  personne à des kilomètres à la ronde .

J'effleurais les murs  du bout des doigts appréciant le froid de la pierre.

Je finis par apercevoir la lueur vacillante d'une bougie venant d'une pièce annexe éclairant doucement le bout d'un couloir .

Je restai un instant figé sans savoir si j'avais réellement envie d'y entrer .Mon estomac se mit à gargouiller comme s'il avait pris la décision à ma place .

J'accelerai le pas comme pour me donner du courage et m'engoufrai dans la pièce d'un pas décidé .

Il y avait ce vieil homme assis sur un fauteuil à côté d'une fenêtre donnant sur l'obscurité ,une légère flamme éclairait  son visage d'un orange doux et apaisant.

Sans trop comprendre pourquoi,je me sentais rassuré .

L'homme tourna légèrement la tête vers moi.

-Vous êtes debout ? je ne pensais pas vous voir avant demain matin .

Il avait une voix chaude qui ne dégageait que très peu d'émotions.Je m'approchai de lui .

-J'ai dormi longtemps ?

-Quelques heures.

Un long silence s'ensuivit .L'homme fixait l'extérieur en silence,il était dans ses pensées.

CharogneWhere stories live. Discover now