Mon oncle est mort il y a peu. Je ne l’ai vu que quelque fois enfant et je me souviens d’un homme à l’esprit libre, une guitare à la main un calepin à dessin sous le bras et un énorme sourire sur les lèvres. Quand il venait à la maison je m’asseyais sur le grand tapis devant le canapé et je l'écoutais jouer pendant des heures. Il habitait la grande ville, la capitale Paris, il ne pouvait donc pas venir chez nous très souvent. Il n’avait pas non plus le permis et venait en train, en bus, parfois même en stop. Il voyageait énormément avec très peu, « c’est ça la vie d’artiste » disait il. Maman ne voulait pas que je l’imite alors elle me mettait toujours un livre sous les yeux. Harry Potter, le seigneur des anneaux, Percy Jackson… peut être aurait elle du me mettre un bon Tolstoï ou L’art de la guerre mais j’étais si heureuse de pouvoir m’évader dans ces mondes rempli de magies et d’aventures. J’en ai donc fais mon métier et suis devenu éditrice. Je passe mes journées à lire et à coordonner des équipes et j’adore ça. Je suis passée de la campagne dunquerquoise à la grande ville de Lille où j’ai étudié les lettres et le marché. J’ai grimpé les échelons un à un en passant de la photocopieuse à l’assistance de direction. Et mon oncle est mort. Le jour de la lecture de son testament nous avons eut la surprise de découvrir que j’étais sa seule véritable héritière. Ma mère, sa sœur et grande amoureuse de l’argent, était parti en trombe du bureau quand elle appris qu’il n’y aurait rien pour elle. Ma propre sœur avait quand à elle reçu un peu d’argent à utiliser pour elle et son nouveau né. Moi je gagnais le jackpot. J’ai toujours été économe et j’ai déjà accumulé de quoi bien vivre pendant très longtemps, j’ai aussi toujours pensé que mon oncle était complètement fauché après tout il vivait en bohème et ne montrait aucun signe de luxure. Quelle ne fût pas ma surprise quand je découvris qu’il me laissait un petit pactole et un appartement dans la banlieue parisienne. Et là je me suis dis que c’était ma chance. Peut être était ce le signe que je devais réarranger ma vie. J’avais un bon travail, une excellente situation mais je m’ennuyais… les conquêtes amoureuses m’ennuyait vite et la vie qu’elle soit à la campagne ou à Lille n’était pas si trépidante. Là j’avais une chance de vivre la grande aventure parisienne ! Quelle qu’elle fut ! Je décidais donc de régler les frais de succession et d’emménager là-bas. Ma maison d’édition avait son q.g. sur place qui se réjouissait de m’accueillir, justement le poste d’assistante de direction c’était libéré il y a peu. Je décidai donc de faire une première visite à l’appartement avant de prendre toute ces décisions afin d’être sure de mon choix.
Gare du Nord c’est vraiment grand. De hautes voûtes gothiques, des dizaines de voies. Une voix de femme caverneuses annonçant les informations ferroviaires. Tout ces gens qui se pressent comme si leur vie en dépendaient. Ce qui me frappe le plus c’est le nombre de sans abri… un véritable crève cœur. Ici les gens ne se regardent pas, ne décrochent pas un seul sourire, c’est une machine bien huilée où chacun connaît sa place et s'y tient, une ville si vivante et pourtant si superficielle, presque robotique. Je commande un uber et le temps qu’il arrive trois démarcheurs en gilet bleu ont déjà essayé de me soutirer mes informations bancaires pour l’écologie, la faim dans le monde et les enfants malades. Je leur ai bien proposé un peu de monnaie qu’ils ont refusé nette me proposant des formule de paiement en plusieurs fois. J’ai détesté ça préférant donné ma monnaie à cette vieille dame qui avait faim. Mon uber arrive enfin, Ibrahim est au volant. Je glisse ma valise dans son coffre et monte à l’arrière de sa Toyota.
-Bonjour, madame. La Courneuve c’est ça ?
-Oui monsieur c’est bien ça.
-Vous revenez de vacances ?
-À vrai dire c’est ma première fois ici, je ne suis pas du coin.
-Ah bon ? Mais d’où êtes vous ?
- Du nord.
-Oh le nord je connais !
Il eut un immense sourire.
-Vous connaissez Le Touquet ? J’y suis allé avec ma femme et mes deux filles ! C’est tellement beau et les gens du nord, alala qu’est-ce qu’il sont gentils ! D’ailleurs vous aussi vous m’avez l’air bien gentille. J’ai toujours été tellement bien accueilli dans le nord !
Je le laisse divaguer dans ses souvenirs et lui souris poliment. A vrai dire je n’ai jamais été au Touquet. Par chez moi cette plage est réputée prétentieuse. Je préfère de loin la mer de Malo-les-bains, la plage sauvage de Leffrinckoucke ou encore la digue du break cachée au cœur de la zone industrielle, savant mélange de béton et de sable ou personne n’est autorisé à aller se baigner mais où pourtant tout le monde persiste à aller. Le Touquet pas pour moi. Un jour peut être. Ibrahim me parle de sa femme et de ses filles qui sont toutes les trois très belles au vu des photos qu’il arrive à me montrer tant le périphérique est bouché. Je suis fascinée par le paysage. Paris est tout de même une ville très belle. L’architecture est impressionnante, majestueuse et fait un drôle de contraste avec tout les marchants à ses pieds, il y en a de tout type et partout, du primeur au vendeur de robe de mariée en passant par le coiffeur qui apparemment fait aussi boutique de téléphonie. Un beau melting pot multicolore et improbable. La seule image que j’avais de cette ville je l’avais de la télévision : les champs Elysée, la tour Eiffel, Versailles… J’étais bien loin de la réalité. La voiture sort de Paris pour rejoindre une ville périphérique : la Courneuve. Ma destination. Le changement d’ambiance est évident. Les gens paraissent se méfier de tout et de tout le monde, je me sent presque en danger dans cette banlieue où même la végétation n’est pas entretenue voir inexistante. Mon über s’arrête devant un bâtiment gris à trois étages. Je le remercie et sors pendant qu’il court pour m’aider à sortir ma valise du coffre. Il est très gentil je vais lui mettre 5 étoiles.
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Voisins
RomancePetite romance pour lecteurs avisés et majeur ⚠️ n'hésitez pas à me partager vos impressions que je puisse améliorer mon œuvre.
