Cela fait des semaines, des mois qu'elle est perdue. Elle ne sait pas où elle va, comment elle va. Elle essaie d'avancer avec la force qu'il lui reste. Elle n'avait plus espoir en l'amitié et surtout pas en l'amour. Je le savais, je le ressentais.
Et puis il est arrivé, bêtement, soudainement, comme le début d'un film qu'elle avait déjà vu. À ce moment-là, elle n'avait pas accepté. Elle n'écoutais pas la petite voix en elle qui lui hurlais d'essayer. Elle avait peur. Peur de souffrir, peur de se faire du mal. Peur de retomber dans ce gouffre sans fond dont elle ne connais toujours pas la sortie.
Le destin la pourtant forcé. Il était là quand elle en avait besoin. Il croyait en elle, quand elle même doutais. Il l'a soutenais, l'a faisais rire tous les jours. Il prenais soin d'elle et s'inquiétais comme personne ne l'avait déjà fait. Mais tout cela, n'étais que la réponse à tout ce qu'elle même avait déjà fait pour lui. Il était seulement reconnaissant, ou peut être pas. Elle ne le saura sûrement jamais. C'est pourtant ces petits gestes, insignifiants et pourtant si beaux qui vont engendré le reste..
Ensemble dans le même établissement, dans la même classe, dans la même table. Ensemble même dans les travaux de groupes. Elle était pourtant toujours seule pour travailler. Lui était le seul à être resté pour l'aider. Ça lui faisait plaisir.
Ce jour là, il était trois heures du matin, un samedi soir. Elle voulais avancer le travaille seule, pour ne pas déranger. Mais il n'a pas voulu. Malgré sa journée intense, il l'a aidé. Ils ont discuté la soirée entière en riant, ayant comme unique barrière un écran qui les séparais. C'est surement ce jour là, qu'il est tombé dans le tourbillon que l'on appelle l'Amour. C'était lui, qui s'était fait avoir en premier. Elle , n'y avait même pas pensé. Elle avait pris ça comme une preuve de gentillesse. C'était pourtant si flagrant, pourquoi ne l'a t-elle pas remarqué ? Surement l'innocence, oui surement...
Le temps passe, et des doutes naissent. Lui tombe chaque jour un peu plus sous son charme, tandis qu'elle doute et ignore les paroles de son coeur. Les moments qu'ils partagent se multiplient et deviennent peu à peu, de scènes tous droit sortis d'un roman d'amour. Elle devient peu à peu, son moteur, son envie d'avancer. Elle lui fait remonter la pente qu'il avait pris tant de temps à remonter. Il allait mieux grâce à elle. Grâce à ses paroles, à son humeur, son sourire, sa présence. Mais elle ne le savais surement pas. Elle donnait tellement d'elle qu'elle s'oubliait même. Mais ça ne l'a dérangeait pas, au contraire. Le voir aller mieux était la meilleure des récompenses. Il devient plus heureux, souriant et reprend gout à la vie. Elle fait de son année, l'une des plus belle. Elle était incroyable à ses yeux, il l'a respectais.
Et finalement, malgré toutes les promesses qu'elle s'était juré de tenir, elle a lâché prise. Son cœur m'a battu et a laissé s'exprimer les joies de l'amour. Elle le regarde avec des étoiles dans les yeux. Elle cherche son regard quand lui cherche le sien. Un lien nouveau se créer, et tous deux le savent. Mais pourtant aucun ne cherche à faire le premier pas. Ils se découvrent des points communs, il se soutiennent. Elle le regarde, un sourire aux lèvres, lorsqu'il chante au concert de Noël, et lui ne peux s'empêcher de montrer ses dents, lorsque ses yeux se posent sur elle. Tout étais si beau.
Et ces sentiments continuent de grandir pendant une année scolaire, de leur première discussion seul à seul en septembre à leur déclaration en juillet. Elle se souvient de leur première interaction une année plus tôt, lorsqu'elle venait à peine d'arriver dans l'établissement, avant qu'ils ne soient dans la même classe. Sûrement un signe se disait-elle.
Mais elle se souvient aussi de cette journée ensoleillée, magnifique, parfaite où son rêve s'était réalisé. Ils étaient heureux. Après tout ce temps d'attente, ils pouvaient enfin commencer leur histoire d'amour...
Elle regrette tellement. Elle aurait du dire non ce jour là. Quand il lui a proposé. Elle n'aurait pas du lui répondre. Ne pas lui dire ce qu'elle ressentais. Tout garder pour elle, et continuer la malédiction qui va surement la suivre jusqu'a sa fin.
L'été passe. Les aurevoirs sont douloureux. Mais les promesses de se revoir très vite en septembre redonne un peu d'espoir et de joie, dans ce nouveau sentiment qu'elle va ressentir : le manque. Cet été là ne sera pas très joyeux pour elle. Elle souffrira de la perte des certains de ses proches et d'accidents graves. Mais elle ne le dira pas. Elle le gardera pour elle et fera des seules interactions qu'elle a avec lui, des interactions belles joyeuses et drôles.
Mais soudainement, le rêve commence à se dissiper. Les communications deviennent plus difficiles et plus rare. Surement des occupations urgentes se disait elle. Elle ne voulait pas déranger. Elle n'appelait pas par peur de devenir insistante. Elle avait toujours en tête l'idée que les choses allaient se terminer, que ce n'était qu'un rêve momentané. Une chance qui durera le temps d'un instant. Elle savait surtout, qu'à chaque fois que ce genre d'idées lui venaient, elle avait toujours raison, toujours...
Même quelques semaines avant la rentrée, elle ne reçoit pas de nouvelles. Elle était pourtant excitée. Elle allait pouvoir le voir en vrai et s'était juré que dès qu'elle le verrai, elle sauterai dans se bras. Seulement, quand elle le voit au loin, il n'avait pas l'air d'avoir envie de la voir. Il était entouré, tout le temps, chaque instant, chaque seconde. Deux jours passent, sans toujours aucune interaction. Elle comprend très vite ce qui va se passer, mais nie et ne veux surtout pas y croire.
La réalité la rattrape alors rapidement et lui fait comprendre que la vie est majoritairement fait d'injustices. Mais le plus douloureux, c'est qu'il l'avait rattrapé d'une violence folle. D'une manière si brutale, qu'elle même n'y avait pas cru : c'était pas lui qui étais venu la voir et lui expliquer, c'était l'un de ses amis le plus proches. Un ancien camarade à elle aussi, une personne qu'elle appréciait beaucoup et qu'elle respecte, encore aujourd'hui. C'est lui qui est venu l'a voir. Pas parce que l'autre le lui avait demandé, parce que lui estimais ça injuste, et étais persuadée qu'elle ne méritais pas ça.
« Il en a marre, il s'est lassé »
Des mots qui raisonnent encore dans sa tête, même aujourd'hui. Des mots qu'elle aurait aimé ne jamais entendre, de mots qu'ils l'ont blessé. Mais le sentiment qu'elle a ressenti était surtout de la déception. Et les mots que le concerné avait prononcé pour sa défense n'avait fait qu'accentuer ce sentiment. « Désolée, je préfère te le dire en face, parce que je te respecte ». Encore aujourd'hui, elle ne connais pas la cause exacte de ce changement soudain, ni comment les choses se sont passé. Elle a seulement eu droit à une phrase encore plus minable que la personne qui l'a prononcé « On ne s'est pas beaucoup parlé pendant l'été. Tout ce que je sais, c'est que je n'ai plus aucun sentiment pour toi »
Son cœur voulait pleurer, crier à l'aide, en parler. Mais sa raison savait qu'en faisant cela, elle se terrerai un petit peu plus dans sa douleur. Elle a pleuré, dès qu'il est partie. Pleuré toutes les larmes de son corps. Elle a hurlé dans sa chambre, après avoir vérifié qu'il n'y avait personne. Ça lui a fait mal. Mais au lieu de le dire, elle l'a caché. Elle a sourie devant les gens comme elle le faisait toujours. Elle sautais rigolais, aidait les autres et leur donner toute la positivité qu'il lui restait. Même ses proches, amis, famille, pensait que ça ne l'avait pas atteint, et certains pensais même que ce n'était qu'un amour passager.
Seule elle savait dans quelle troue noir elle était tombée. Seule elle savait à quelle point ça allait la changer et à quel point son état allait s'aggraver. Seule elle savait que son cœur restera, pour un très bon moment, fermé. En tout cas, j'essaierai d'y veiller sérieusement.
Sa raison.
