Chapitre 1 : Tess

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C'était toujours la même rengaine. Ma mère me rappelant de me tenir droite, les deux bras sur la table MAIS sans poser mes coudes sur la table, un sourire aimable aux lèvres, et  qu'on ne coupe pas la parole MAIS qu'à moi on a le droit car après tout je suis jeune et je dois le respect à mes ailleux.

Je soupirais en me laissant légèrement aller sur le fauteuil.

Je n'étais pas du genre à faire des histoires et je n'étais pas une rebelle mais il y avait, sans conteste, des inégalités persistantes qui m'agacaient au plus haut point. Je venais d'une famille aisée, propriétaire d'une des plus grandes marques de vins du monde, par conséquent je faisais partie de la catégorie de personnes appelée "riches". Je n'avais jamais eu de problèmes financiers et avais toujours obtenu ce que je voulais. Je n'étais pas prétentieuse ni une petite fille pourri gâtée, j'avais simplement ce qu'il était normal d'avoir en tant que fille d'une famille aisée. Mais au fur et à mesure j'avais bien vu que ce qui s'apparentait à un conte de fée ressemblait plutôt à une de ses terreurs nocturnes qui, pour moi,  ne commençait qu'au lever du soleil.Il y avait toujours plus de règles à respecter, un comportement qui devait être irréprochable et même en étant parfaite, ce n'était pas assez.

J'étais donc là, assise dans notre petit café habituel, le cherry sweet's, une tasse de thé à la main en face de ma mère et de ses amis qui touillaient ridiculement leurs cafés depuis un bon quarts d'heure et qui, notons le, devait certainement être plus froid qu'un iceberg. À vrai dire ça leur ferait un point commun. Elles sont si dédaigneuses. J'avais terriblement envie d'une de ses pâtisseries dont le nom est impossible à prononcer mais qui toute fois, ont l'air succulentes, mais ma mère, extrêmement soucieuse de mon poids, m'avait ca-té-go-ri-que-ment interdit d'en manger une.

J'étais donc,comme une poupée, assise sans rien dire et sans bouger, sur un petit fauteuil bordé de feuilles d'or et matelassé d'un joli tissu blanc avec de petites fleurs violettes. Le tout surmonté du doux song de mon ventre qui gargouillait comme jamais. D'ailleurs ma mère me fit bien vite fais comprendre à quel point ce bruit était déplacé par un regard glacial digne de la reine des neiges. Comme si je contrôlais mon corps ! Ce n'est pas de ma faute si mon ventre criait à la famine !

Je m'enfoncais donc un peu plus dans mon siège en croisant les bras sur mon ventre en lui ordonnant  de faire moins de bruit, ce qui ne servira strictement à rien étant donné qu'un estomac n'a pas de cerveau et ne peut donc pas exécuter des ordres.

Je me concentrais sur la musique classique en fond et oubliais petit à petit toutes mes contraintes... Jusqu'à ce qu'un grand fracas se fasse entendre.

Je tournais la tête, horrifiée, et vit un garçon, très certainement soûl, qui s'avançait ( ou du moins ce qui devait s'y apprêter étant donné  qu'il avait l'air d'un éléphant dans un magasin de porcelaine ) en slalomant entre les tables, balayant la vaisselle de certaines. Il faisait certainement parti de ces bikers du bar d'à côté ( un des désavantages de la campagne, c'est petit et tout le monde se côtoit ). Tatouages, piercings, veste en cuir, alcool... Bref le cliché du motard. Je n'avais jamais compris comment un si respectable endroit que le cherry sweet's puisse avoir un lieu aussi mal famé que le ****** pour voisin.  J'avais un profond dédain pour les gens qui fréquentaient ce bar. Des alcooliques, des drogués, des criminels... Le lieu parfait à éviter. Je perdis vite mon air supérieur quand je vis le motard s'approcher dangereusement de moi. Il me regardait droit dans les yeux.

- Ah ! Regardez ça ! Une petite bourge ! Regardez donc cet air supérieur à la con ! Eh chérie ! Redescends t'es pas la reine du monde. T'es juste une petite pétasse !

Je me raidis, le gargouillement de mon ventre s'était expressément tû laissant place à une peur immense. Je tournais lentement mon regard vers ma mère qui m'ignorait complètement. C'était limite si elle n'approuvait pas ce que l'homme disait. J'essayais donc de maintenir mon regard sur celui du motard, non sans trembler un peu. Soudain une voix retentit.

- Chase ! Nom d'un chien ! Chase reviens ici tout de suite !

Je vis un jeune homme, un autre motard, arriver en suivant le même chemin que son compagnon. Il bouscula quelqu'un et se confondit en excuse avant de retourner jurer contre son ami.

- Chase !

Et son regard se posait sur lui, puis moi, terrifiée. Il eut un petit rictus mais continua d'avancer jusqu'à arriver à sa hauteur. Il aggripa son bras et grognait :

- Nom d'un chien Chase, certes tu es bourré et triste mais tout péter dans un café de bourges ça ne va que faire ramener les flics. Bouge toi et dégage. ( Voyant que son ami ne bougeait pas il ajouta d'une voix plus ferme ) Maintenant.

Son ami baissa la tête et parti lentement et en grommelant. L'inconnu soupira puis se tournait vers moi.

- Désolé pour le trouble causé. Il ne vous a pas fait de mal ?

Je secouais la tête négativement en essayant de reprendre un semblant de composture.

- Je... Je vais bien, répondis-je d'une toute petite voix.

Il hocha la tête et se tournait ensuite vers les personnes présentes dans le café.

- Je suis sincèrement désolé, déclara-t-il d'une voix grave, mon ami a un peu trop bu et n'aurait pas dû faire ce qu'il a fait. Je m'excuse pour la gêne occasionnée. Je paierai pour la vaisselle.

Le gérant, furieux s'approche de lui avec un agent de sécurité.

- Vous avez intérêt mon garçon ! Mais je doute que vous pourrez tout rembourser !, dit - il avec un air de dédain.

Il baissa la tête et sourit légèrement.

- Vous êtes bien prétentieux monsieur. Après j'aurais dû m'y attendre de la part d'un bourge.

Il releva la tête et le défia du regard. Le gérant rit.

- Retourne dans la niche qui te sers de maison sale chien et casse toi.

- Une niche ? Le seul chien ici c'est vous. Je me suis excusé et ais été poli. C'est vous qui m'agresser. Vous nous traitez comme de la vermine, nous, les gens du "bas peuple" mais les seuls misérables ici c'est vous. Vous ne connaissez pas la réelle valeur de choses. Vous êtes tous nés avec une putain de cuillère en argent dans la bouche et n'avez jamais manqué de rien. Redescendez de votre piédestal. Sans les pauvres, les riches ne sont rien.

L'inconnu nous défie ouvertement. Je le regarde, fascinée. Maintenant que je l'observe il est plutôt joli garçon. Avec ses cheveux d'un noir de jais, sa peau pâle et des yeux gris. Il était habillé d'un pantalon noir orné de chaînes en argent et d'un tee shirt moulant, noir aussi, qui laissait voir les contours de ses abdos bien dessinés. Il avait aux pieds des rangers et pour veste, un perfecto de cuir noir. Il était habillé entièrement en noir. Le style enterrement devait être à la mode chez les bikers. Peut être sont ils en deuils du cerveau qu'ils ont perdus à leur naissance ?
J'avais beau me moquer, il était beau, vraiment beau.
Je secouais la tête pour reprendre mes esprits. Oui, il était peut être beau mais son comportement était tout simplement insolent.

Il sourit et tournait le dos au gérant, lui faisant un petit signe de main. Mes yeux rencontraient les siens et pendant quelques secondes qui me semblèrent des heures, j'observais les ombres qui dansaient dans ses beaux yeux gris. On aurait dit qu'une tempête y avait domicile. Il me tira la langue et repartit laissant un grand silence dans la pièce.

Je le surnommais, Thunder.








    

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