Le calme de mon appartement est brusquement interrompu par les vibrations insistantes de mon téléphone. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je finis par tendre le bras depuis le canapé et attraper l'appareil posé sur la table basse.
Théo.
Évidemment. Je déverrouille l'écran et lis son message.
— J'viens te chercher, tu bouges ce soir. Y'en a marre que tu joues à faire l'ermite.
Je laisse échapper un soupir. Ça ne fait même pas une semaine que je suis à Paris et il a déjà décidé que ma vie sociale était devenue son problème personnel. Je tape rapidement.
— T'es chiant.
La réponse arrive presque immédiatement.
— Habille-toi.
Je fixe l'écran quelques secondes.
— J'ai pas envie de sortir.
Trois petits points apparaissent. Disparaissent.
Réapparaissent.
— J'ai pas demandé ton avis.
Je lève les yeux au ciel.
— Je te déteste.
— À tout.
Je souris malgré moi. C'est bien le problème avec Théo. Il est incapable de comprendre le mot « non » lorsqu'il pense que je fais une connerie. Et, dans sa tête, rester seule chez moi depuis mon arrivée à Paris est apparemment une connerie monumentale. Je pose mon téléphone sur la table et m'enfonce dans le canapé. Je pourrais simplement ne pas descendre. Le laisser attendre.
Mais je sais très bien comment ça va se terminer. Il va m'appeler quinze fois, monter jusqu'à mon appartement, sonner comme un malade et finir par me faire culpabiliser. Alors, plutôt que de lui donner cette satisfaction, je me lève.
Je troque mon pyjama contre un jogging et un sweat. Pas de maquillage. Pas d'effort particulier. Je passe rapidement une main dans mes cheveux avant de regarder mon reflet dans le miroir de l'entrée. Une semaine. Une seule petite semaine.
Et j'ai déjà l'impression d'être enfermée dans une ville qui ne m'appartient pas. Marseille me manque. Le soleil me manque. La mer aussi. Ici, tout est grand, bruyant, rapide. Les gens marchent vite, parlent vite, conduisent comme s'ils étaient poursuivis. Même quand je suis chez moi, j'entends constamment quelque chose à travers les fenêtres. Je vérifie mon téléphone. Un message de Théo.
— J'suis là.
Évidemment. Je prends mes clés et descends. Il est garé un peu plus loin dans la rue. Quand j'ouvre la portière passager, Théo tourne la tête vers moi avec ce sourire satisfait qu'il arbore chaque fois qu'il pense avoir gagné une bataille.
— Ça va ?
Je lui fais la bise avant de m'installer.
— On est là.
Il démarre.
— T'as vu ? T'es pas morte.
— Pas encore.
Il rit. Je boucle ma ceinture et regarde par la fenêtre.
— Par contre, je te préviens, lui dis-je, si tu recommences à me harceler comme ça, la prochaine fois je te bloque.
— Tu dis ça, mais t'es quand même descendue.
— Parce que t'es chiant.
— C'est ce que je viens de dire.
Je secoue la tête avec un sourire. Avec Théo, c'est toujours comme ça. Il m'énerve, me fatigue, m'envahit parfois, mais il fait partie des rares personnes avec qui je n'ai pas besoin de réfléchir à ce que je vais dire. Je le regarde du coin de l'œil.
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COMPLEXE // NEKFEU
FanfictionParfois être une femme est plus compliqué que cela, Naomi en est témoin elle qui portait le fardeau de la complexité sur ses épaules, l'empêchant de pleinement profiter de la vie qui s'offrait à elle. Son chemin croisa celui d'un homme mystérieux, q...
