-Su !
Ça, c'est ma mère qui crie de bon matin. Moi, bah je suis ladite Su.
-Lève-toi ! Il faut que tu ailles dédicacer tes autographes !
Ah oui, j'avais oublié de vous dire que je suis super connue au Japon. En même temps, j'ai joué le rôle de l'actrice principale dans une série qui a eu un succès fou. Encore avant, j'ai eu la chance de rencontrer par hasard le metteur en scène qui faisait cette série. Et sur le tournage, j'ai eu la chance insolente de rencontrer Nao Lin, le célèbre acteur-chanteur. Ça a été l'amour fou réciproque. D'ailleurs, je le vois cet après-midi.
Bon, je file, je dois aller signer mes autographes.
•~~~•~~~•
Je n'ai rien à faire avant cet après-midi, alors je vais vous raconter mon incroyable histoire. Il y en a certains d'entre vous qui ne vont pas la croire. Tant pis pour vous. En tout cas, ce n'est pas le hasard qui est a l'œuvre, dans ma vie. C'est un dragon. Ou plus précisément, un violon, entre autres. Bon, je commence.
Il y a 8 ans, je me baladais dans Tokyo. D'ordinaire, je n'aime pas les villes, mais mon instinct, ou plutôt mon père, m'y a emmené. Il était en train de faire ses courses dans une petite librairie proche d'une étroite ruelle. Je m'ennuyais ferme, alors il m'a permit d'aller me dégourdir les jambes. J'ai tracé dans la petite ruelle. J'avais emmené mon argent de poche avec moi pour acheter des bonbons. En courant, j'ai aperçut tout au fond une petite boutique qui était mal éclairée mais ouverte. Je l'ai observée attentivement. Elle faisait un petit peu peur, avec sa pancarte qui pendait. Mon instinct me disait de ne pas y aller. En fait, mon corps entier me suppliait de ne pas entrer.
Vous n'aller pas me croire, mais je suis tout de même entrée dans la boutique.
Notez que j'ai actuellement 17 ans, et j'avais donc 9 ans quand je suis rentrée dans cette boutique. Oui, j'étais vraiment stupide de m'être fait avoir par la vitrine alléchante, même si je ne le regrette plus du tout aujourd'hui. En fait, c'était plutôt chez un antiquaire. Ça sentait le moisi. Tout était en bois, des objets décoratifs jusqu'aux souliers. Il y avait des articles qui dataient de plus de 80 ans. C'était incroyable. Tout était parfaitement immobile. Sauf les deux yeux derrière l'étagère qui me suivaient depuis que j'étais entrée.
Attendez, des yeux ?
Oui, des yeux marrons foncés qui se confondaient parfaitement avec le bois de l'étagère.
J'ai fais un bond de 64 mètres environs. Le propriétaire de la paire d'yeux sortit de derrière l'étagère.
Il était aussi vieux que ses articles. La première impression que j'ai eue, c'était que c'était l'empereur. Il avait une grande barbe blanche et un petit chapeau carré rouge. Il était grand, maigre, et à part ses vêtements quelques peu vieillots, je vous assure que n'importe qui se serait incliné bien bas.
- Bonjour bonjour jeune fille ! Un article t'intéresse ? Demanda t'il de sa voix usée.
-Qui êtes vous ?
Excusez cette question idiote, j'étais encore sous le choc.
L'homme me regarda bizarrement.
- Je suis le marchand, le vendeur, quoi.
Logique, du coup.
- Un article t'intéresse ? redemanda t'il, avec moins de conviction cependant.
-Non, je...
Je n'avais pas finit ma phrase qu'il se mit a m'embarquer dans des explications en me montrant tour à tour un bac à chaussettes, un arrosoir démodé mais utilisable, une table en bois verni, etc.
Jusqu'à ce qu'il soit épuisé. Voyant le malheur de cet homme n'arrivant pas à vendre ses articles, j'eus pitié et demanda :
-Vous n'auriez pas un instrument de musique ?
C'était bien la seule chose que je voulais. J'avais toujours eu envie d'un instrument de musique.
Les yeux du bonhomme s'illuminèrent, et il courut dans l'arrière boutique chercher tout ce qu'il avait.
Il me montra tour à tour un trombone, une guitare, une trompette, mais tout ce qu'il me montrait était vieux, sale, moche, tordu, cassé puis réparé... je le remerciais en lui demandant s'il n'avait pas autre chose. Il me répondit par la négation. Soudain, son regard se fit terne et se perdit au loin.
-Si...Si, j'ai encore une chose.
Il retourna lentement dans l'arrière boutique en se parlant a lui même, ce qui ne me rassura pas.
Il revint avec une boîte d'ébène.
-Vieux de 132 ans... un bijoux... mais il est étrange... trop étrange pour moi... d'une beauté incomparable...
Je n'écoutais pas vraiment ce qu'il disait. Un sentiment étrange s'empara de moi. Je posais mes doigts sur le couvercle de la boîte, et poussais avec mes pouces les attaches. La boîte s'ouvrît. Le vendeur détourna vite le regard et s'éloigna de quelques centimètres de la boîte.
Là, un tissus de satin rouge recouvrait un petit objet. Je soulevais le tissus.
Un violon bleu, d'un bleu éclatant, mais sombre, se reposait là. Sur sa table, un dragon d'or était dessiné. Le bois semblait fin et léger. Je ne le touchais pas que déjà je le trouvais doux.
Je regardais le vendeur droit dans les yeux. Il me lança un regard craintif.
-Vous... Vous l'emportez ?
- C'est combien ?
-25 000 yens (environ 150€). C'est la promotion. Normalement il est à 113 000 yens (700€).
-Voilà.
Je déposais le montant sur l'étagère la plus proche, et filais avec mon paquet sous le bras. Enfin, je retrouvais mon père et rentrais chez moi.
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Violon et dragon
ParanormalSu fait l'achat d'un violon chez un antiquaire. Elle ne s'imagine jamais qu'il va chambouler sa vie.
