Luc Awel : Le monde de Rodua

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Genèse :

La naissance d'un monde

Il y a de cela une éternité, le Néant était la seule chose de l'univers. Froid, sombre et vide, il s'étendait d'un bout à l'autre de l'espace et personne ne pouvait y vivre à l'exception de la Déesse. Pendant longtemps elle vécut seule dans le néant mais vînt le jour où cette existence ne lui convînt plus.

Elle décida alors de créer la Terre, un élément capable d'affronter le Vide et suffisamment robuste pour survivre au Néant. La Déesse n'avait pour compagnie que cet immense orbe immobile et se lassa rapidement. Elle façonna l'Air léger et doté du mouvement, en revanche il n'était pas assez résistant pour s'éloigner de la Terre.

Le Néant, fâché par tant de bouleversement, s'en prit au vent et utilisa son Froid pour le ralentir. Des milliers de cristaux de glace se formèrent et se dispersèrent dans l'air. Mécontente de voir le Néant s'attaquer à sa création, la Déesse riposta au Froid par le Feu. Une énorme sphère incandescente réchauffant l'univers s'éleva à côté de la Terre, liquéfiant la glace en Eau.

Le Feu précéda donc la Lumière, celle-ci fut débordante et très puissante. Le Vide, puis le Froid vaincus, l'irradiante Lumière réussit à emprisonner le Néant dans ce qui fut son opposé : les Ténèbres. Cependant le Néant déclara la guerre à la Déesse. Il jura de se libérer et de détruire ce monde. Depuis ces temps immémoriaux les combats entre le Néant, prisonnier de l'ombre, et les éléments conçus par la Déesse n'ont jamais cessé.

La Lumière, le plus important des éléments, se fit longtemps protéger par les autres, jusqu'à ce qu'un jour les Ténèbres menacent de remporter la guerre. Ce fut une grande bataille. Les Ténèbres recouvraient la Terre. Le Feu, juste avant de se faire absorber à son tour dans le voile de l'Ombre, avait aidé l'Eau à s'élever dans les airs sous sa forme gazeuse. Avec l'aide de l'Air, ils étaient les derniers protecteurs de la Lumière. Celle-ci ne devait en aucun cas disparaître, ou le Néant serait libéré. En plein cœur de la bataille, une tension naquit. L'Eau, attaquée par le Froid, s'écoulait sous forme de pluie. L'Air s'énerva violemment contre elle. La Lumière presque dissoute explosa en un grondement sourd pour les calmer. Les Ténèbres eux-mêmes tressaillirent dans ce tumulte, causé par la Foudre.

Ce long combat engendra l'Éclair qui, caché dans les nuages d'Air et d'Eau, éclata dans l'obscurité et pourfendit la nuit. Ainsi les éléments rejaillirent des Ténèbres. Grâce à ce nouvel allié, la victoire revenait à la Déesse.

La Terre, L'Air, L'Eau, le Feu, la Lumière, la Foudre et les Ténèbres n'ont jamais cessé de lutter. Depuis cette époque le monde a évolué. Les hommes sont apparus et vivent une ère prospère, toutefois cette paix semble être sur le point de s'estomper.

Prologue :

L'appel

Dans les profondeurs sombres d'un temple, quelques cierges blancs disposés en pentagramme entouraient un étrange sceau. Ce cercle tracé au charbon sur les dalles de pierres formait un pentacle. De la faible lueur émise par les flammes, une jeune femme était éclairée, placée au centre du cercle. Son visage était caché par la pénombre, face à elle un ancien grimoire au cuir vert et aux reliures usées. La prêtresse faisait appel à une magie ancestrale dont l'incantation était indéchiffrable pour de nombreux jeunes mages. Son index, pointé sur les lignes, parcourait les mots magiques. Au fur et à mesure qu'elle les prononçait dans cette ancienne langue, l'atmosphère s'alourdissait de leur incroyable puissance comme si chaque syllabe pesait dans l'antichambre. Sa voix n'avait rien de celle d'une femme, la magie la déformant, la muant en un cri rauque, elle psalmodia :

« Prends le chemin qui mène à notre monde, j'invoque ta présence en ce lieu.»

Sur cette dernière phrase, l'intégralité de l'antichambre fut baignée d'une éblouissante lumière blanche provenant du sceau. Chaque symbole, aussi mystérieux soit-il, irradiait de magie. La formule ayant réveillé le pouvoir qu'ils contenaient, chacun des glyphes éclairait la pièce bien plus que toutes les bougies. L'appel avait été envoyé. Nul ne sait qui le recevra mais tous les espoirs de la prêtresse, de ce monde, reposaient maintenant sur celui qui allait arriver.

 Nul ne sait qui le recevra mais tous les espoirs de la prêtresse, de ce monde, reposaient maintenant sur celui qui allait arriver

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Luc AwelWhere stories live. Discover now