Il y a quelque chose dans mon cœur,
Quelque chose dans mon corps,
Qui ne demande qu'à parler, qu'à crier
Mais qui reste sans voix, sans force et muet.
Il y a quelque chose au fond de moi,
Un sentiment, une émotion je crois
Qui murmure comme un ruisseau
Mais se tait dès que je crois saisir un mot.
Il y a des silences, il y a des tempêtes,
Des ouragans et des calmes trompeurs
Il y a des cris, il y a des injures,
Une impuissance qui grandit et s'entête.
Il y a une soif que nulle pluie n'étanche,
Un désir que nul toucher ne satisfait,
Il y a beaucoup, il y a plus, encore
Mais jamais complet, toujours manquant.
Il y a des cris qui réclament justice
Des murmures qui demandent de la compassion
Une colère, qui se veut milice
Mais qui s'étrangle sous sa propre passion.
Il y a plus, il n'y a rien,
Jamais assez et pourtant toujours trop
Il y a le mal, il y a le bien
Mais jamais, oh jamais de héros.
Il y a des mots qui ne trouvent de cible
Et un théâtre sans spectateurs
Il y a un orchestre sans public
Et des cris d'amour qui se meurent.
Il y a l'envie, il y a le besoin
Et entre les deux un vide
Que rien jamais ne comble.
Il y a tout, il y a plus, mais ce n'est rien.
Il y a des mots sans voix
Des pleurs sans paroles
Il y a beaucoup mais jamais de sens
Il n'y a rien – rien d'importance.
