Chapitre 1 - Perdue

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Mes yeux lourds se réveillent à peine alors que j'ai du mal à y voir et à me lever.

Je suis si bien ici, me dis-je en gardant les yeux fermés et me tournant un peu vers la droite.

Étrangement, ces quelques secondes de plus à rester ici à dormir me paraissent étranges.

Quelques respirations longues et je finis par ouvrir mes yeux. Il fait si sombre ici, j'aurais imaginé un semblant de lumière tapant sur ma fenêtre. Je me tourne doucement sur moi-même et me fige devant des yeux rouges écarlates. Je m'arrête de respirer et je vois ses yeux se tourner vers moi. La peur m'envahit alors que j'entends sa voix lourde et pensante.

– Ah, tu es enfin réveillée. Ne me regarde pas comme ça, humain. Dit-il avec fermeté.

– Je ne suis pas là pour te tuer, mais je comprends que tu sembles surprise. Ne t'en fais pas, je t'expliquerai mais il va falloir marcher. Il se lève lentement en me regardant avec ses larges yeux perçant dans le noir alors que je commençais à peine à me calmer.

Je me relevai avec peur et tâtonnement, gardant un regard fixe sur cette créature que je ne comprenais pas.

Comment suis-je arrivée ici ? Dis-je presque naturellement, puisque c'était alors la question que je me posais le plus.

– Tu vas bien vite, humain. Même moi, je ne sais pas exactement comment j'ai atterri ici, mais j'ai fini par trouver mon but ici. Tu verras que cet endroit n'est pas qu'un vaste champ de noirceur.

Comment cela pourrait-il être différent ? Me demandais-je en regardant ce paysage lugubre, sans vies. Un panorama qui en ferait frissonner plus d'un. Un espace rempli de vide sinistre et macabre qui me pèse sur le cœur. Je marchais alors en suivant cette bête grisâtre, se mariant parfaitement avec le décor. Il marchait lentement, mais semblait savoir où aller, alors que pour moi, je ressentais plus qu'on se perdait du point de départ de plus en plus, surtout que tout se ressemble ici, j'ai l'impression. Quelques lueurs dans la brume me perturbent quelque peu et je finis alors par m'exprimer après ce long moment sans aucun bruit autre que nos pas.

Quelles sont ses lueurs, bleues ou rouges parfois ?

Morsu se retourne légèrement vers moi avant de continuer la marche.

– Des gens égarés. Comme toi.

Je suis alors surprise de sa réponse et rétorque ensuite.

Mais ce ne sont que des lueurs, comment cela peut-il être des personnes ?

– Pour eux, nous ne sommes rien non plus. Que des lueurs dans un vaste monde noir, froid. Mais ne t'en fais pas, j'étais perdu comme toi aujourd'hui et j'ai fini par trouver mon chemin à travers ce vaste plateau sombre. Étrangement, je crois que cet endroit nous indique où aller sans même avoir de carte.

Plus il parlait et plus je me posais des questions sur où j'étais exactement. Je reste alors sans voix, contemplant l'environnement comme une enfant qui découvrirait le monde ; ce monde. Cet endroit est si étrange et plein de mystères.

Je finirai par avoir mes réponses, j'en suis certaine. Me disais-je en marchant d'un pas plus assuré.

Soudain, on entend quelques pas au loin, une large silhouette s'approche doucement. Je vois Morsu se tourner vers moi.

– Cache-toi, il ne doit pas te voir ici. Dit-il d'un ton ferme alors que je m'empresse de suivre cet ordre, m'attendant au pire. C'est là que je vois cette silhouette blanche avec une lampe à huile. On pouvait même entendre les grincements de cette dernière comme si elle avait vécu cent ans. Sur sa tête, des bois assez larges qui lui donnent un semblant d'animal. Pourtant, sa tête et son corps est bien humanoïde. Il avait enfin un amas de chair qui constituait une jupe pour protéger le bas de son corps.

Créature : Morsu. Tu n'as rien à faire ici et tu le sais très bien. Tu dois être à ta place, retourne à ton poste. Nous avons tous et toutes un rôle ici et je ne devrais pas te le rappeler encore. Dit-il, sûr de lui et fier.

Morsu soupire et grommèle.

Morsu : Tu es toujours si loyal à ton poste, Alexandre. Si je suis ici, ce n'est pas pour rien, j'ai besoin de passer, alors laisse-moi passer.

Alexandre : Tu sais que je ne peux pas te laisser passer comme ça. As-tu un présent à m'offrir pour te laisser passer ?

Morsu regarde lentement vers le sol, réfléchissant. Je ne pouvais m'empêcher de regarder cette créature qui visiblement avait un prénom. J'étais époustouflée par sa grandeur, mais peut-être que Morsu est simplement plus petit que ce que je pensais. Morsu finit par sortir quelque chose que j'ai du mal à voir d'ici, mais Alexandre semble satisfait.

Alexandre : Bien. Je suis heureux d'avoir fait affaire avec toi, Morsu. Dit-il avant de partir lentement dans la brume noire qui nous entourait.

Morsu attend quelques instants puis avance légèrement vers moi.

Il est parti, dit-il avant de reprendre sa marche lente.

J'accours alors à ses côtés, pleine d'engouements et de questions.

Il y a d'autres créatures comme toi ici ? Tu semblais le connaitre, est-ce que c'est le cas de tout le monde ?

– Alexandre n'est que l'un d'entre nous. Il reste encore du chemin à parcourir et ce ne sera pas le seul à nous empêcher d'avancer.

Et qu'est-ce que tu lui ai donné en cadeau ?

– Ça ne m'étonne pas que tu ne l'es pas vu. Je ne pourrais pas te l'expliquer, si tu ne l'as pas vu, c'est que c'est un objet incompréhensible pour un humain. Nous échangeons des choses qui vont au-delà de ta compréhension.

Toujours de questions. Toujours plus de questions. Je crois que je vais finir par arrêter d'en poser, vu que cela devient toujours plus mystérieux. Mais est-ce qu'il y a au moins une sortie ? Et où va-t-on comme ça ?

Dans les abyssesWhere stories live. Discover now