Chapitre 1 : Ici, c'est PARIS

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Camp des Loges, Saint Germain en Laye, vendredi 4 octobre.

8h22

Octobre, déjà. Le temps se refroidit de plus en plus, le vent souffle, les nez coulent ; c'est le premier jour de Y/N à son nouveau travail. Aujourd'hui, elle commence au PSG. Pas en tant que joueuse, non, mais quelques jours plus tôt, elle avait candidaté à une annonce sur le forum de sa fac qui proposait un petit boulot à mi-temps en tant qu'assistante de terrain. Rien de très chic en fait, comme lui a expliqué le manager technique de l'équipe. Son boulot sera principalement de préparer les terrains pour l'entraînement des équipes, de ranger les vestiaires après le départ des joueurs et, quelques fois, si le besoin se fait sentir, d'aider à servir à la cantine. Beaucoup de candidats ont postulé selon le manager, mais ils se sont rapidement fait recalés. Principalement parce qu'ils n'avaient pas lu la description du travail en question, postulant uniquement après avoir vu le logo bleu et rouge du club qui en fait rêver plus d'un ; ou bien parce qu'il s'agissait de fans légèrement obsessionnels qui voyaient là l'occasion unique de se rapprocher de leurs idôles. Dans ce lot éclectique s'étaient apparemment aussi glissés quelques journalistes sans vergogne, qui attendaient la venue d'un scoop juteux comme on attend la démission de Macron chez le peuple français. Bref, dans tout ce petit monde, Y/N paraissait être la première candidate un minimum sérieuse pour le poste, et le manager commençait à sombrer dans le désespoir, expliquant son embauche rapide. Y/N a un but : gagner de l'argent, économiser pour payer son loyer (accessoirement), ses cours de boxe, et son entraînement en vue de sa qualification aux phases préparatoires des JO 2024 d'athlétisme. Son plan bien rodé reposant en grande partie sur sa faculté à faire rentrer de l'argent dans son compte en banque, Y/N s'est retroussée les manches pour se dégoter un travail. Et le PSG paie (en tous cas sur le papier). 1570€ net par mois pour 20h par semaine, c'est une offre plus que généreuse pour un mi-temps, surtout quand sa mission principale est de poser des plots et des piques sur un terrain, et de ramasser les ballons qui traînent. Le fait qu'elle n'y connaisse quasiment rien au foot semble être un avantage plus qu'autre chose, aux yeux de son manager. Qu'on ne s'y trompe pas : Y/N n'a rien contre le football, d'ailleurs elle suit les matchs de l'Euro et de la Coupe du Monde tous les 4 ans comme tout citoyen français qui se respecte, elle y est juste indifférente le reste du temps. Qu'il y ait des gens qui aiment le foot, très bien, tant mieux pour eux, elle peut d'autant plus le comprendre qu'elle-même est passionnée d'athlétisme, mais dans son train-train quotidien, le football n'occupe pas une place immense pour le dire simplement. Enfin, elle suppose que c'est quelque chose qui va changer dorénavant. Passer 3 jours entiers par semaine au contact de footballeurs, ça va forcément faire son effet, aussi minime qu'il soit. La vie est faite d'expérience de toutes les façons, et Y/N va faire en sorte que celle-ci soit aussi belle que possible. Après tout, pense-t-elle, on peut toujours apprendre des autres athlètes pour se perfectionner dans sa discipline ; et s'il y a bien une chose que Y/N vise dans l'athlétisme, c'est la perfection.

9h45

Le manager, Bertrand, lui a fait faire le tour des installations et lui a donné les instructions nécessaires pour mettre en place les parcours d'agilité. Là, tout de suite, elle dispose de 15 minutes avant l'arrivée des joueurs pour bien installer l'ensemble du matériel et faire les dernières vérifications de sécurité. Bertrand et son collègue, Pascal, vont bien évidemment passer derrière elle pour tout checker puisque c'est son premier jour, mais ils voulaient la lâcher dans le bain directement parce qu'ils croient en l'autonomie du staff. Aucun problème, Bertrand, j'apprends vite, tu vas voir. Challenge personnel de la journée : faire moins de 5 erreurs dans la mise en place. Challenge personnel de la semaine : passer de 5 à 0 erreurs dans l'installation. Tu seras tellement bluffé que tu voudras plus me laisser partir. 2m20 entre chaque poteau du slalom... C'est bon. 80cm avant le mini-trampoline... C'est bon aussi. Y/N remballe son mètre mesureur et envoie un pouce levé vers Bertrand et Pascal. Les deux compères se mettent en route dans sa direction, sortant leurs propres mètres pour valider ses mesures. Une petite rectification par-ci, par-là, Y/N voit Bertrand décaler légèrement un des cerceaux posés à terre.

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⏰ Last updated: Dec 23, 2022 ⏰

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