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Renaissance

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Une main surgit hors des flots glacés et sombres de la mer. S'accrochant dans le sable, la main remorqua un corps recouvert d'une fourrure trempée. Rampant sur la grève, le corps se débattait contre le poids de ses habits. Le vent froid soufflait si fort que de fines pellicules de givres se formaient sur les doigts nus de l'homme qui venait de s'échouer sur la plage. Il marqua une pause avant de se remettre à ramper, laissant découvrir une traînée rougeâtre dans les sillons du sable.

  Un peu plus loin, une plaine s'étendait, recouverte de cadavres et de d'armes brisées. Un groupe de mercenaire marchait dans les herbes sablonneuses imbibées de sang, tranchant la gorge du peu de rescapé de la bataille qui avait eût lieu. L'un d'eux, repéra d'un coin de l'œil l'homme qui rampait sur la plage. Il donna un coup de coude à l'un de ses acolytes. Ce dernier vis à son tour l'individu blessé qu'il se dirigeait vers eux. Un sourire carnassier apparut sur les visages des mercenaires alors qu'ils se dirigeaient vers l'homme. Marchant sur les corps inertes dont les os se brisaient sous le poids des armures, le groupe sanguinaire arriva en face de celui qui continuait de ramper sans arrêt.

  - Eh bien les gars ! On a affaire à un survivant coriace là ! »

  Le groupe commença à rire au dessus de l'homme qui se traînait plus loin sans faire attention à ces derniers.

  - Alors quoi ? Qu'est-ce que tu fais si loin du champ de bataille, tu serais pas un lâche qui a fui le combat ? Ahahah les tiens n'ont aucune chance avec des couard comme toi dans leurs rang ! »

  Les rires commencèrent à se faire plus gras, cependant l'homme ne les entendait pas. Il continuait de ramper, son souffle laissant une traînée blanchâtre dans l'air glacé.

  Le chef, visiblement agacé par ce manque de considération, regarda autour de lui et remarqua une épée brisée. Il s'en saisit et la planta violemment dans la jambe de l'échoué. Ce dernier s'arrêta net.

  Aucun son, aucun mouvement, même le souffle de l'homme sembla s'être arrêté. Le sang s'ajouta à celui des guerriers morts, contribuant à transformer la plaine en un marais sanglant et putréfié.

  - Hehe comment trouves-tu encore la fierté de refuser de couiner de douleur ! Amusez-vous les gars. »

  Le groupe de mercenaires se mit à imiter son chef, saisissant dagues, claymore et épée avant de les planter dans le corps de l'homme rampant. Durant plusieurs minutes, les mercenaires tentèrent en vain de tirer un signe de douleur de la part de l'échoué, mais rien ne se produisit.

- Cet insolent ! »

Le chef perdit patiente avant de trancher haineusement la gorge de l'homme. Dans son accès de colère, il cracha sur le visage du cadavre de l'échoué.

Le groupe s'éloigna enfin, laissant découvrir une vingtaine de lames plantées dans le corps inerte de l'homme.

Soudain, les mercenaires se figèrent sur places, leur sang se glaçant dans leurs veines. Un souffle profond et sonore se fit entendre derrière eux. Dans un capharnaüm infernal de lames se percutant, l'échoué se redressa, laissant les armes plantées dans son corps tomber à terre.

Debout, l'inconnu dévoilait des épaules larges et une taille démesurée. Il ne portait pas d'armure, seulement un manteau de fourrure sur lequel ne figurait aucun blason, aucunes couleur, aucun signe distinctif d'un soldat.

L'un des mercenaires trébucha et tomba en arrière sur une pile de cadavres. Les autres reculaient lentement tandis que le chef sortit son glaive. L'adrénaline faisait trembler ses mains, malgré sa piteuse tentative de garder un calme de guerrier, ses subordonnés voyaient bien transparaître sa terreur.

L'inconnu saisit la claymore qui était auparavant plantée dans son corps ensanglanté. Et soudain, il chargea tel un ours, faisant siffler la lame d'acier dans les airs. Le premier mercenaire reçu le coup dans les côtes. La lame s'arrêta net, bloquée par le plastron de fer. Mais l'inconnu resserra sa poigne et déploya une force surhumaine avant de découper le mercenaire et de trancher le ventre de celui qui se tenait à la gauche de sa première victime. Tandis que le buste du premier mercenaire se décrochait du reste de son corps dans un bruit de succion infâme, les tripes du second s'écrasèrent au sol suivies par le reste du corps.

Seul des trois autres mercenaires eurent le temps de hurler avant de s'écrouler sous les coups déchaînés de l'échoué.

Le chef lâcha son arme qui se planta à se pieds et commença à reculer en criant.

- QUI ES-TU ? QUEL DIEU TE RENVOIE ICI ! DE QUELS ENFERS VIENS-TU ?! »

La lame siffla une ultime fois avant de décrocher la tête du chef des mercenaires. Un silence assourdissant tomba sur le champ de bataille.

Et soudain l'inconnu parla.

- Je m'appelle Hjorrdil, et je ne suis jamais parti... »

Hjorrdil planta sa lame dans le sable rouge avant de marcher vers le lointain sans se retourner.

La Trahison D'OrinnStories to obsess over. Discover now