Chapitre 1

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Cela fait une demi-heure que je suis face au vide. En haut de cette falaise. Les larmes coulent sur mes joues et le vent froid me glace le corps. Mais qu'importe. Je suis là à fixer le sol du haut d'une falaise. Je me sens vidé, nul, inutile et triste.

J'ai beau essayer de faire face à tout ça, je n'en suis plus capable. Plus capable de me lever le matin, de sourire ou d'encaisser quoi que ce soit.

Pourtant mes parents et ma psychologue avaient essayés de m'aider. Mais c'était peine perdu. Je sombrais dans la tristesse et la dépression. Je n'ai plus goût à rien. Plus de ressources suffisantes pour me battre. Et puis je culpabilise tellement d'être ici, prête à faire le dernier saut.

A quel moment ma vie avait dérapé à ce point ?

J'observais le paysage face à moi, flou à cause de mes larmes. La beauté de la nature face à la souffrance humaine.

Pour la millième fois de la journée je ressassai tout les événements qui me conduire à cette décision.

Mon harcèlement était déjà bien installé lorsque cette histoire se passa. Il n'y a seulement quelques mois.

Nous étions en sport, dans les vestiaires entrain de nous changer.
Je me dépêchais pour ne pas me faire remarquer et éviter les remarques et critiques sur mon physique.
Elles étaient trop fréquentes.
A cause d'elles je ne pouvais plus me voir dans un miroir.
Je ne me voyais plus comme « Céleste » mais comme cette grosse vache que tout le monde préférait voir morte.

Un de mes bourreaux, Noémie, me prit par le bras et me poussa sur le radiateur. Je cria sous le coup de la surprise et la douleur. Je n'osais rien dire. Qu'est-ce que je suis faible...

«-Quelle cruche ! Elle ne sait même pas tenir debout ! A quoi tu sers sérieux ? Tu es raté ma pauvre, une erreur de la nature... »

Cette remarque me fit mal, très mal. Car à force de vous répéter que vous êtes une moins que rien, et que vous ne servez à rien, vous finissez par y croire.

Je ne broncha pas par peur d'aggraver la situation, et me leva pour finir de m'habiller. J'étais en soutient gorge. Juste un pull aurait suffi à m'éviter l'enfer.

Une de ses copines attrapa mon sac de sport et mon sac de cours et les mirent sous une des douches. Elle alluma l'eau, sous les moqueries de toutes les filles de la classe.

« -Bien joué Pauline ! Avec ça, elle ne va pas se rhabiller de sitôt cette pute ! »

Le pire, c'est que tout le monde les soutiennes quoi qu'il arrive.

Je courus chercher mes affaires trempées en paniquant à l'idées que mes cours soit bons à jeter à la poubelle. Et que je ne puisse pas me rhabiller.

Pauline sortie son téléphone et me filma. Au début je ne l'avais pas vu, mais lorsqu'une des autres filles du groupe dégrafa mon soutien gorge, je leva la tête et vis avec horreur la camera braquée sur moi.

Quelle humiliation ! J'essaya tant bien que mal de me cacher mais c'était trop tard. Je me sentais souillée. Elle allait publier la vidéo et elle aillait me suivre jusqu'à la fin du lycée.

Morte de honte je m'habilla avec mes affaires trempés et sorti en vitesse.

Dans ces moments d'humiliations publiques, je cours aux toilettes. Encore une fois je prouve à quel point je suis faible. Pourquoi ne suis-je pas comme ces femmes fortes qui s'en sortent toujours quoi qu'il arrive ? Non moi je suis là à pleurer comme une enfant.

S'il m'arrivait tout ce malheur, ne l'aurais-je pas cherché malgré tout ?

Suite à cette histoire, cette vidéo tourna dans tout le lycée. J'avais perdu le peu d'amis que j'avais et on m'insultait de pute à chaque récrée. Certain se permettait même de me toucher. Ma dépression commença à ce moment-là. Mes idées noires aussi...

Les Entrailles de la TerreWhere stories live. Discover now