⨙Minsung⨚

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↹Killing me softly↹

⨇ Fluff⨇

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J'allais le voir tous les soirs. Oui, chaque jours, lorsque la nuit tombait, j'allais là-bas et il y était toujours. Oui lui, avec ses airs condescendants que je ne connaissais que trop bien, son teint clair, et ses yeux sombres. Il était là avec son piano, ses phalanges glissant dessus, on aurait dit qu'il ne touchait même pas les rectangles d'ivoires. On aurait dit que sa voix caressait doucement mes oreilles comme pour les anesthésier. On aurait dit un médecin guérissant mes peines. On aurait dit une drogue me faisant planer. On aurait dit un alcool me faisant oublier. 

Strumming my pain with his fingers 

Le bar dans lequel il jouait était toujours plein. Les gens venaient pour diverses raisons : Fêter quelque chose, sortir avec des amis, se changer les idées ou tout simplement pour oublier... Moi je ne venais que pour lui. Je ne venais que pour le voir raconter ma vie à travers ses chansons. Je venais le voir frapper mes peines avec ses doigts. Je venais le voir manier sa voix tel un soldat manierais son épée. Oui, je venais pour lui.

Singing my life with his words 

Il m'avait ensorcelé, envouté, hypnotisé. Il était tellement de choses à la fois. Un ange, un médecin. Une drogue, un alcool. Un sauveur, un meurtrier. Il me soignait pour m'achever. Il me faisait voler pour me faire oublier. Mes battements de cœur s'accordaient avec le rythme de sa musique, comme si il dansait. Oui il faisait tournoyer mon cœur. Il le faisait décoller et le contrôlait à sa guise. Comme si d'un seul mot il pouvait l'arrêter. Comme si d'une seule parole il pouvait me tuer.

Killing me softly with his song  

Il ne me voyait pas et pourtant moi je ne voyais que lui. Il faisait vibrer ses cordes vocales comme si rien ne pouvait l'atteindre. Comme si il était éternel. Je ne me souviens même plus de la première fois... Mais peut-être qu'en essayant...

I heard he sang a good song

On m'avait parlé de ce bar. On m'avait dit qu'ils servaient de bons cocktails là-bas et que leur chanteur était doué. Alors j'y suis allé. J'y suis allé pour oublier. Pour oublier quoi ? Je ne sais pas. Peut-être pour m'oublier moi ou seulement pour oublier mes pensées. Une fois là-bas je me suis assis au bar et ai commandé ce qu'ils avaient de plus fort. Et puis plus rien. Aucuns souvenirs. 

Je ne me souviens pas de cette fois ci, ni d'hier, ni du jour avant. C'est là ce qui rend ce jour si spécial. Car aujourd'hui c'est comme si je le voyais pour la première fois. Comme si je sentais ses paroles monter jusqu'à mes oreilles pour la première fois.

Si seulement je n'avais pas été envoyé ici. Si seulement j'avais eu le courage de lui parler de tout ce que je ressentais quand il performait sur scène... Mais je ne l'ai pas fais. Non je n'en ai pas eu la force...

I felt he found my letters...

Alors je me suis emparé de ma plus belle plume et ai pris trois jours complets pour lui rédiger une lettre. Je l'ai soigneusement inséré dans une enveloppe au papier le plus doux que j'ai trouvé et y ai accroché le timbre le plus coloré qu'il puisse exister dans ce pays. Et sur le dessus j'y ai inscrit l'adresse du bar où il jouait. 

Puis j'ai attendu. Des heures, des jours, des mois, des années. Chaque jours je m'empressais d'aller déverrouiller le loquet de ma boîte aux lettres et repartais bredouille en me répétant que j'allais surement recevoir sa réponse le lendemain. Et quand le lendemain arrivait et que ma boîte aux lettres n'était remplie que de mauvaises publicités, de factures et autres paperasses ou tout simplement vide, je rentrais chez moi et attendais encore. Chaque jours mon espoir de recevoir une réponse diminuait un peu. Et j'ai fini par oublier... Il a réussi à me faire oublier la seule chose que je voulais garder en mémoire. Le seul souvenir qui m'intéressait. Il me l'a enlevé. Alors je l'ai haïs. Du plus profond de mon cœur. Mais je ne pouvais pas m'empêcher de l'aimer. La haine a prit le dessus jusqu'à ce que je finisse par ne plus rien ressentir. Jusqu'à me vider de mes sentiments. Me vider de mes souvenirs. J'avais eu ce que je voulais. J'avais oublié...

Un jour, un 14 septembre, j'avais pris une semaine de vacances. Je savais pertinemment que c'était mon anniversaire mais je m'en fichais. Je me fichais des messages de mes amis et de ma famille, de leur invitation à boire un verre. Je voulais rester chez moi devant ma télévision à vider les bouteilles de tout alcool que je pouvais trouver. Je voulais continuer d'oublier. J'ai alors entendu la sonnette s'enclencher.

"-Allez vous en !" ai-je crié.

Ça doit encore être quelqu'un qui vient en personne me souhaiter joyeux anniversaire, me suis-je dis. Je n'avais aucune envie que cette personne entre chez moi et se mette à me dire que je devrais ranger mon appartement, arrêter de boire ou encore sortir un peu. J'en avais entendu toute la matinée et là je voulais juste qu'on me laisse tranquille. L'inconnu sonna de nouveau, en tambourinant sur le bouton de la sonnette. Exaspéré, je me suis levé et d'un pas décidé et furieux j'ai ouvert la porte pour lâcher un:

"-Je vous ai dis de foutre le camp !"

Je fus intrigué par la taille de mon vis-à-vis, alors je relevai la tête et mon cœur rata un battement quand j'ai aperçu les fins traits de son beau faciès. Il était là devant moi. Et je me suis souvenu. Je me suis souvenu de cet ange, de mon beau médecin, de ma drogue, de mon alcool, de mon sauveur, de mon meurtrier. Je me suis souvenu de l'emprise qu'il avait sur mon cœur. Je me suis souvenu de sa voix. Dans sa main gauche, il tenait une lettre, ma lettre. Celle que j'avais passé trois jours entiers à écrire, celle que j'avais enveloppé dans le papier le plus doux qu'il puisse y avoir, celle où j'y avais collé le timbre le plus coloré de ce pays, celle sur laquelle j'avais inscrit à l'encre bleue l'adresse du bar où il me faisait voler. 

"-Si tu savais le temps que ça m'a pris pour enfin te trouver..." Dit-il.  

Même lorsque il parlait j'avais l'impression que sa voix était une douce mélodie. Je ne savais pas quoi répondre. Je ne savais même pas si ce que j'avais devant mes yeux était réel. Je ne savais pas si il était à quelques centimètres de moi ou si le voisin d'en face était entrain d'appeler une ambulance car je parlais seul devant le seuil de ma porte. Et honnêtement je m'en fichais. Je me fichais de savoir ce qui était réel ou non. Je ne voulais pas savoir. La seule chose que je voulais, c'était lui. Lui et rien d'autre. Car il était le seul à pouvoir me rendre mes souvenirs. Car il était le seul à pouvoir contrôler mon cœur. Car il était le seul médicament dont j'avais besoin, ma seule anesthésie. Car il était la seule drogue qui me faisait planer, le seul alcool qui me faisait oublier. Car il était Lee Minho. Car J'étais Han Jisung. Car nous nous sommes mariés. Car il m'aime. Car je l'aime.

Killing me softly with his song.

Os Stray Kids en tous genres ;)Historias para obsesionarse. Descúbrelo ahora