01h46
vendredi
Charli Miles pov
Une énième larme coula le long de ma joue pour atterrir sur les feuilles éparpillées devant moi.
Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais là. Et ne voulais même pas savoir. Ma main tremblante, m'indiqua que je n'avais même plus la force de tenir mon stylo correctement. Un seul mouvement de tête et la pièce toute entière dans laquelle je me trouvais se mettais à tourner.
À bouts de forces.
Et pourtant, je m'obligeais à rester. C'était plus que nécessaire si je ne voulais pas rater mon examen final en fin d'année.
Des mois que ça dur. Que physiquement et mentalement mon corps ne tient plus. Que je me demande comment je fais pour être encore assis à ce bureau de la bibliothèque du campus, dans le noir quasi complet. Accompagné de feuilles, de livres, de cahiers et d'une trousse renversée qui traîne sur la table.
«La bibliothèque n'est pas en libre accès à cette heure-ci jeune homme. »
Mais qu'est-ce qu'elle fout là...
D'un revers de main plus que rapide, j'essuyai les dernières larmes qui perlait sur mon visage.
« Fermé-là à clé alors. » Ma voix était dure et sèche. Des heures que je n'avais pas avalé une goutte d'eau.
« Ce ne sont pas des horaires pour travailler » l'entendis-je dire dans mon dos. Elle se rapprochait.
« Il n'y a pas d'horaires pour travailler » répondis-je à voix basse en fixant mes mains posées contre le rebord du bureau.
« -Il est trop tard Charli. Elle se trouvait juste derrière moi.
-N'essayer pas de m'aider.
-Il va falloir que tu comprennes que tu ne fais pas tout le temps les bons choix pour toi, et qu'il te faut de l'aide. C'est mon devoir d'aider les étudiants en difficulté. » Elle le faisait inconsciemment, mais je ne pouvais pas supporter de sentir la proximité se réduire entre sa main et mon épaule.
« Je n'aurais jamais besoin de personne. N'essayer pas de me faire croire que vous êtes celle qui fera miraculeusement changer les choses.
Les choses.
« -J'ai aucune envie de me disputer avec toi et encore moi à cette heure-ci.
-tout comme je n'ai aucune envie d'avoir votre aide comme celle de quelqu'un d'autre.
-Très bien. Alors remonte dans ton bâtiment et notre conversation s'arrêtera là. »
Mon regard passa de mes cahiers à elle puis de nouveau, mes yeux se posèrent sur mes feuilles froissées.
À contre cœur, car je savais que je voulais travailler bien plus tard, je rassemblai mes affaires dans mon sac qui traînai par terre.
Je me leva de la chaise et manqua de tomber par terre n'étant plus soutenu par mes jambes devenues trop faibles à force de ne pas les avoirs bouger pendant... pendant des heures, je ne sais plus, et puis merde je vais encore plus me sentir mal en sachant depuis combien de temps je suis ici.
En me dirigeant vers la porte, je passai mes yeux tout autour de l'immense pièce qui m'entourait.
La bibliothèque du campus ressemble exactement à celle qu'on voit dans les universités, dans les films. À vrai dire le campus entier y ressemble. Veilles bâtisses d'une hauteur démentielle, dans un style architectural assez particulier, entourées de parcs aux pelouses d'un vert toujours éclatant. Je n'ai jamais vraiment croisé grand monde dans ces espaces. Excepté dans l'immense parc au centre du campus, qui me fait penser à un mini central park, ou les étudiants pense changer la donne en révisant allonger sur l'herbe.
La bibliothèque reste mon lieu préféré de tout le campus. Avec ses airs de château et d'Harry Potter, c'était le lieu où je me sens le mieux. Enfin, se sentir mieux est un grand mot.
J'arrivai enfin vers la grande porte et l'ouvris pour m'engouffrer dehors en me prenant en pleine face une violente bourrasque. La météo anglaise...
Trop occupé à râler contre ce temps, je n'eus pas le temps d'entendre Mme. Avery rester au milieu de la bibliothèque prononcé ces mots dans un murmure très léger derrière moi.
Fait attention à toi Charli... j'ai tristement l'impression de le revoir en toi
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like mirrors
Romance"La vie humaine est une suite vertigineuse de faux-pas et de reprises, d'illusions et de désenchantements, d'obstinations et de brusques réveils." -Robert Mauzi Charli n'a pas choisi sa vie, on l'a choisi pour lui, et aujourd'hui il n'a plus la forc...
