Chapitre 1

9 0 0
                                        

Vincent était allongé sur son lit, les bras et les jambes tendus au possible. Il avait l'impression qu'ainsi, la douleur se propageait et par conséquent, ne stagnait pas à des endroits tels que le cœur, où elle frappait avec force et intensité. Le plafond qu'il fixait depuis belle lurette était aussi fade et vide que sa vie lui semblait être. Le silence dans sa chambre faisait écho à celui dans sa tête ; ce qui n'était pas toujours le cas, en ce moment. Hier était un de ses jours de remise en question : pourquoi m'a t-elle laissé ? Ai-je fait quelque chose de mal ? Et il s'était remis à passer en boucle, dans son esprit, tous les moments clés passés avec elle. Et puis il s'était dit ; non ! Peut-être que justement, c'était pour moi quelque chose de très bénin, mais qui elle l'avait marqué. 

Dans son esprit, il ne pouvait pas en être autrement. Dans ses souvenirs et encore maintenant, son amour pour elle brillait si ardemment, soufflait si fort. Apparemment trop.

"Connasse." souffla t-il. 

Il décida qu'il en était assez de ruminer, bascula sur son flanc droit et attrapa son téléphone, sur sa table de chevet. Le fond d'écran de lui et sa dulcinée en Italie, leurs deux sourires si radieux et leurs visages illuminés par le soleil fit naître dans sa gorge une boule, et avec elle vinrent des larmes. Il alla sur Instagram, et scrolla quelques instants à travers les publications, se faisant la réflexion qu'elles étaient aussi inintéressantes que les derniers jours qu'il a passé. 

Jusqu'à cette publication : il y a encore une semaine, il l'aurait lu et puis aurait ricané en se disant que c'est certainement une adolescente au cœur brisé qui avait écrit ça pendant qu'elle essuyait le khôl mal appliqué qui coulait sous ses yeux. Mais aujourd'hui, il était tel un adolescent au cœur brisé et cette phrase attira toute son attention : 

"Parfois, il vaut mieux s'échapper pour guérir." 

Instantanément lui revint ce souvenir avec son ex petite-amie : "Maelle, j'adorerais visiter Stockholm ! Pas toi ?" et puis son visage indécit, penchant plus pour un "non, pas vraiment" qu'un oui. Ni une ni deux, il s'empara de son ordinateur et de sa carte bleue, et fit l'achat le plus impulsif de toute sa vie : un billet d'avion et une réservation de chambre d'hôtel. 

KÄRLEKStories to obsess over. Discover now