Crad Kilodney : la littérature comme un coup de poing dans ta gueule

Crad Kilodney : la littérature comme un coup de poing dans ta gueule

259 Reads 47 Votes 6 Part Story
A.M. IVANKOV-DIAZ By AMIVANKOVDIAZ Updated Aug 05

Crad Kilodney : un nom improbable, impossible, un nom d'anti-héros. N'importe quel écrivain couche un nom pareil dans une nouvelle, un roman et tout de suite on se dit : "ça fait faux".
Crad Kilodney, le type au nom improbable n'a donc pas existé.

Faux. Crad Kilodney (1948-2014) a vécu par et pour la littérature. Dans ses tripes, vendant ses bouquins aux titres aussi improbables (Bloodsucking Monkeys from North Tonawanda, Suburban Chicken-strangling Stories, Putrid Scum, Malignant humors ) que son nom.  Ecrivain auto-publié (bien avant qu'Amazon ne vienne vampiriser l'auto-publication)  il tentait de vendre, jour après jour, sa prose aux passants de Toronto.  Dans les rues souvent froides de Toronto, il se tint, pendant des décennies, une pancarte écrite accrochée autour du cou, un exemplaire de ses productions à la main. 
La pancarte indiquait "Rotten Canadian litterature here" (Littérature canadienne pourrie ici). Il n'essayait pas d'enjoliver ce qu'il produisait. Pas de tromperie sur la marchandise, pas de mièvrerie.
Crad Kilodney est devenu culte.
Crad Kilodney se foutait de lui, se moquait de moi, de toi, de nous. Crad Kilodney est mort, mais il en rigole encore.