chap : 75

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Une fois de plus, il passe les deux mains dans ses cheveux en grommelant un juron.

Faisant volte-face, il se dirige vers la commode, en tire un tee-shirt et me le lance. Je l'attrape, perplexe.

— Mets ça et couche-toi, tranche-t-il, irrité. Je fronce les sourcils mais je décide d'obéir. Me retournant,  je passe le tee-shirt aussi vite que possible pour recouvrir ma nudité. Je garde que mon boxer au dessus : je ne l'ai pratiquement pas porté de la soiré.

— J'ai besoin de la salle de bains. Ma voix n'est qu'un murmure. Il fronce les sourcils, perplexe.

— Tu me demandes la permission ?

— Euh... non.

— Harry , tu sais où est la salle de bains. Aujourd'hui, à ce stade de notre accord bancal, tu n'as pas besoin de ma permission pour y aller. Il n'arrive pas à cacher son irritation. Il retire sa chemise et je me précipite dans la salle de bains. Je me scrute dans le miroir, étonné que ce soit toujours le même garcons banale qui me dévisage, l'air hébété, après tout ce que j'ai fait aujourd'hui. Tu t'attendais à quoi ? A te voir pousser des cornes et une petite queue fourchue ? me raille ma conscience. Et qu'est-ce qui t'a pris ? Se laisser toucher, c'est sa limite infranchissable, à lui. Il faut tout de même qu'il apprenne à marcher avant de courir. Ma conscience, furieuse, a l'air de Méduse avec ses cheveux qui volent dans tous les sens, ou bien du Cri d'Edvard Munch avec ses mains pressées sur ses joues. Je l'ignore, mais elle refuse de rentrer dans sa boîte. Tu le mets en colère. Pense à tout ce qu'il t'a dit, à tout ce qu'il t'a concédé. J'adresse une grimace à mon reflet. J'ai besoin de pouvoir lui montrer mon affection - du coup, peut-être qu'il pourra m'en montrer, lui aussi. Secouant la tête, résigné, je prends la brosse à dents de Louis . Ma conscience a raison, évidemment. Je veux aller trop vite. Il n'est pas prêt, moi non plus. Nous sommes en équilibre sur la balance délicate de notre étrange accord, oscillant tantôt de son côté, tantôt du mien. Nous devons nous rapprocher du milieu. J'espère simplement que ni l'un ni l'autre ne tombera en chemin. Tout s'est passé tellement vite. Il faut que je prenne du recul. Savannah me tente de plus en plus. Alors que je commence à me brosser les dents, il frappe à la porte. La bouche pleine de dentifrice, je lui lance :

— Entre !

Son pantalon de pyjama lui descend sur les hanches, et chacune des cellules de mon corps se met au garde-à-vous. Il est torse nu : je le bois des yeux comme si je mourais de soif et qu'il était un ruisseau de montagne. Il me contemple, impassible, puis, avec un petit rire narquois, il se met à côté de moi. Nos yeux se croisent dans le miroir : gris sur bleu. Quand j'ai fini de l'utiliser, je rince sa brosse à dents et la lui remets sans le quitter des yeux. Il la prend et l'introduit dans sa bouche. Je réponds à son petit sourire narquois ; tout d'un coup, ses yeux pétillent de malice.

— Si tu veux emprunter ma brosse à dents, ne te gêne surtout pas, dit’il, gentiment moqueur.

— Merci, monsieur. Je souris doucement et vais me coucher. Il me rejoint quelques minutes plus tard.

— Tu sais, ça n'est pas comme ça que je me voyais finir la soirée, marmonne-t-il, grognon.

— Imagine, si c'est moi qui te disais que tu ne pouvais pas me toucher. Il s'assoit en tailleur sur le lit.

— harrold , je te l'ai déjà dit. Cinquante nuances de folie. J'ai eu des débuts difficiles dans la vie - tu tiens vraiment à savoir ? Pourquoi ?

— Parce que je veux mieux te connaître.

— Tu me connais déjà assez bien.

— Comment peux-tu me dire ça ? Je m'agenouil pour lui faire face. Il lève les yeux au ciel. Je le lui fais remarquer :

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