Le grand départ pour un voyage de rêve

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Enfin, l’avion a fini par décoller !

Aujourd’hui, la revue de ce texte me permet un magnifique retour en arrière. Je retrouve toutes les sensations vécues il y a quelques années. C’était le 30 juin 2004 et il était 20 h 45. Denis, mon époux et mon merveilleux compagnon de voyage, était aussi fébrile que moi face à ce début de l’expédition que nous avions planifié depuis plus d’un an. Attachés dans nos sièges, ressentant l’effet du décollage, nous avions entrecroisé nos doigts; ainsi, nous partagions l’euphorie qui s’immisçait dans nos corps. Le bonheur s’éclatait dans nos cœurs. Enfin ! Nous étions en route pour Dublin, la première destination de ce magnifique périple qui durera 55 jours. Nous partions explorer l’Irlande, l’Écosse et le Pays de Galles : à notre rythme; de cette façon bien à nous de chercher les coins perdus pour mieux comprendre le monde.

L’harmonie est également de l’aventure. Habitués de voyager ensemble, nous savons depuis longtemps que nos compétences et nos capacités se complètent. Nous respectons cet état de fait sans nous imposer de contraintes. À titre d’exemple, notons que nous sommes tous les deux passionnés d’histoire, mais nos observations diffèrent. Denis s’intéresse particulièrement à l’angle technique, dont les armes et les architectures. Quant à moi, je préfère apprendre sur l’aspect social, dont l’existence au quotidien. Il ne fallait pas s’étonner de notre attirance pour ces régions du globe où les vestiges néolithiques longent les routes principales et dont les châteaux, les forts et les abbayes en ruines laissent nos esprits imaginer ce qui aurait pu être la vie des gens de cette époque.

Généralement, nous n’avons besoin que d’une seule motivation pour visiter des coins perdus de la planète : le goût de voir ce qui se passe ailleurs. S’ajoutait, en cette année 2004, le fait que nous fêtions tous les deux nos 50 ans. Bien sûr, quel merveilleux prétexte pour planifier cette longue escapade aux pays des Celtes.

La destination a été choisie il y a un peu plus d’un an. Nous avions examiné des possibilités comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Scandinavie et le sud de l’Europe. « Hé ! Un demi-siècle, ça fête en grand ! » Par contre, nous revenions constamment sur notre merveilleux voyage en Écosse de 2001. De toute évidence, nous n’avions pas fini de fouiller à notre goût ce coin de la Terre; nous nous devions d’y retourner. Notre choix s’est donc fixé sur ce long périple, reléguant les autres destinations considérées aux calendes grecques. Au fur et à mesure que nos lectures chargeaient notre tête de liste de lieux à explorer et de gens à rencontrer, nous rêvions de montagnes, de bords de mer et d’histoire.

Pour nous, chaque expédition se divise en trois phases qui ont chacune leur intensité, leur apport en bonheur et leur nécessité. La préparation nous aide à établir l’itinéraire et à assurer que nous visiterons tout ce qui nous intéresse. Bien organisé d’avance, le voyage lui-même se remplit de moments suaves, prévus ou non; si certains changements nous permettent de tenir compte de nos trouvailles sur place, le parcours général est plutôt régulier. Puis, il y a le retour sur l’expérience, une fois que nous sommes revenus à la maison. Denis travaille toutes ces photos qu’il a récoltées pour en faire un ensemble cohérent; j’écris pour décrire les endroits visités, les gens rencontrés ainsi que les sensations et les émotions ressenties.  

Je me souviens encore avec délice de toutes ces heures de lecture et de recherche pour ce voyage. Je souris au rappel des discussions parfois interminables pour choisir des lieux que nous ne voulions pas manquer. Je rêvais déjà en m’inventant les détails d’une future trouvaille, en improvisant un accent particulier de langage, en visualisant les têtes rousses, les casquettes de travers… L’Irlande m’attirait comme un aimant et bousculait mon imaginaire.   

Quand je ferme les yeux, je revois l’étalage du matériel et des papiers sur le plancher et la table du salon, quelques semaines avant le grand départ. Les passeports et les billets d’avion constituent bien entendu les documents essentiels pour bien réussir n’importe quelle expédition. Il fallait essentiellement louer deux voitures puisque nous ne pouvions traverser d’une île à l’autre avec la même automobile.

Deux Québécois en vadrouille en IrlandeLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant