chap 74

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Louis me regarde fixement.

  — Tu me trouves trop intense ? J'éclate de rire.

— C'est le moins qu'on puisse dire !

A la lumière des lampadaires, je vois les commissures de ses lèvres se retrousser.

— Riez-vous de moi, monsieur styles?

— Je n'oserais pas, monsieur tomlinson.

— Je crois que si, et je crois que tu ris souvent de moi.

— Tu es assez drôle, en effet.

— Drôle ?

— Oh oui.

— Drôle bizarre, ou drôle ah, ah ?

— Disons... un peu des deux.

— L'un plus que l'autre ?

— A toi de le deviner.

— Je ne sais pas si je peux deviner quoi que ce soit en ce qui te concerne, Harry , lâche-t-il d'une voix sardonique, avant de reprendre plus calmement :

— A quoi veux-tu réfléchir à Savannah ?

— A nous deux. Il me fixe, impassible.

— Tu m'as dit que tu essaierais, me souffle-t-il.

— Je sais.

— Tu as changé d'avis ?

— Peut-être. Il se recule un peu.

— Pourquoi ?

Ça y est, c'est reparti pour un tour. Cette conversation m'est tombée dessus comme une interro surprise. Que répondre ? Parce que je pense que je suis amoureus de toi, et que tu me vois simplement comme un jouet. Parce que je ne peux pas te toucher, parce que j'ai peur de te montrer mon affection, peur que tu te dérobes, que tu m'engueules, ou pis encore, que tu me frappes. Et parce que tout ça, j'ai peur de te le dire. Je me tourne vers la fenêtre.

Nous retraversons le pont. La nuit masque nos pensées et nos  sentiments ; il est vrai que, pour ça, nous n'avons pas besoin de la nuit.

— Pourquoi, harry ? insiste louis. Je hausse les épaules, pris au piège. Je ne veux pas le perdre. Malgré ses exigences bizarres, son besoin de tout contrôler, ses vices effrayants, je ne me suis jamais senti aussi vivant. C'est exaltant d'être avec lui. Il est tellement imprévisible, sexy, intelligent et drôle. Mais ses sautes d'humeur... son envie de me faire mal... Il m'a promis de réfléchir à mes réserves, mais je ne sais pas si je peux y compter. Je ferme les yeux. Que dire ? Au fond de moi-même, je sais que j'en veux plus, tout simplement : plus de tendresse, plus de légèreté, plus... d'amour. Il me serre la main.

— Parle-moi, harry. Je ne veux pas te perdre. Cette semaine qu'on a passée ensemble...

Nous approchons du bout du pont, et la route est à nouveau baignée par la lueur des lampadaires, de sorte que son visage est tantôt éclairé, tantôt plongé dans l'obscurité. Cet homme, que je voyais jadis en preux chevalier blanc - ou en chevalier noir, selon lui -, n'est pas un héros de roman, mais un être profondément perturbé qui m'entraîne vers une voie obscure. Ne pourrais-je pas, moi, le guider vers la lumière ?

— J'en veux plus.

— Je sais, murmure-t-il. Je vais essayer.

Je cligne des yeux en le regardant. Il lâche ma main et me prend par le menton pour que je relâche ma lèvre coincée entre mes dents.

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