Passion flamboyante

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été 1991

Enfin !! Je ne tiens plus en place, je sais que plus le temps passait et me rapprochait de ce jour fatidique, plus mon agitation était palpable. Après avoir obtenu brillamment mes ASPIC, avec la recommandation de mes professeurs à Poudlard, j'ai obtenu un poste dans la plus grande réserve mondiale de dragons, en Roumanie.

D'ailleurs, n'importe lequel d'entre eux aurait sûrement été terrifié par maman quand celle-ci a appris que je partais pour je cite " jouer avec la mort". J'ai cru qu'elle allait entrer en combustion et tout ravager sur son passage. Je n'ai malheureusement pas eu d'autres choix que de lui cacher ma profonde passion pour ces créatures.

Depuis tout jeune, ils représentent pour moi, pourtant enfant sorcier et ayant grandi dans ce monde, un mythe. De gigantesques lézards, cracheurs de feu, dont les composants ont des propriétés magiques immenses, dont nous entendons parler presque tous les jours, car ils sont des marchandises recherchées, mais que nous ne voyons jamais en dehors des livres.

J'ai, je pense, tous les ouvrages qui peuvent traiter du sujet, par le moindre sorcier capable de tenir une plume, je suis même tellement mordu que depuis quelques années, j'achète des livres moldus qui fantasment sur ces derniers. D'ailleurs, les Moldus ont une imagination incroyable et leurs mythes et légendes, dont nous faisons partie, sont vraiment passionnants. Je dévore et redécouvre avec plaisir chaque oeuvre de ma collection régulièrement. Je suis intarissable à ce sujet. J'ai d'ailleurs passé beaucoup de temps avec Hagrid qui est au moins aussi passionné que moi, voire plus. Son rêve est d'en avoir un, un jour. Il a beaucoup d'histoires sur les créatures magiques mais c'est vrai que seuls les dragons retiennent mon attention.

Je ne sais pas comment maman n'a pas pu réaliser que j'allais forcément partir un jour vivre ma propre vie. Elle a déjà eu beaucoup de mal quand Bill a quitté la maison, surtout qu'il n'est pas sur un job sans risques non plus, c'est vrai. Je la plains un peu... Enfin bon, cela fait donc une semaine qu'elle me fait la tête. Bien évidemment, elle essaye de me faire changer d'avis, elle a même osé demander à papa d'intervenir auprès du ministère. Ce jour là, papa lui a fermement dit non, et j'ai éclaté en colère. De quel droit s'était-elle crue légitime dans cette requête ? Je suis majeur et c'est de mon avenir dont il est question. Je crois qu'elle ne m'avait jamais vu dans cet état. Personne d'ailleurs. C'est sûrement d'elle que je tiens ça et probablement ma passion brûlante pour ces êtres flamboyants.

Je souris à cette pensée et finis d'empaqueter mes affaires. Cet après-midi, je me rends au ministère pour prendre le portoloin qui me conduira en Roumanie, où m'attends l'aventure la plus palpitante de ma vie. Toute la famille m'accompagne et maman pleure depuis déjà plus de dix minutes en me faisant promettre de lui envoyer des lettres tous les jours, de faire attention surtout. Je souris doucement en la serrant plus fort dans mes bras.

Avant de me saisir de la tasse qui servira de portoloin, je me retourne vers ma famille. Je souris à mes petits frères et sœur, un pincement au cœur. Je ne les verrai plus grandir, seulement de loin. On se verra peut-être une ou deux fois par an. J'ai presque envie de faire marche arrière. Mais je ravale la tristesse qui menace de me faire vaciller et respire profondément avant d'avoir l'impression d'être tirée par le nombril.

Quand j'ouvre à nouveau les yeux, je suis aux portes de la réserve et un homme à la peau tannée et fripée m'attend. Ses yeux verts brillent de sagesse et son sourire chaleureux efface mes derniers doutes.

- Salut gamin, bienvenue chez toi pour les prochaines années. Je suis Rick, et tu dois être Charlie, mon nouvel apprenti.

Mon immense sourire doit parler à ma place. Je serre la main tendue avec empressement.

- Merci de m'accueillir, c'est un véritable honneur !

Je dois dégouliner d'excitation car il se met à rire devant mon enthousiasme et me fait signe de le suivre. Pendant toute la visite des quartiers, j'écoute attentivement et prends rapidement mes marques. Je n'ai qu'une hâte c'est de sortir et de parcourir la réserve avec Rick. Il doit l'avoir compris car, après avoir déposé mes affaires dans ma nouvelle chambre, nous entrons dans le vif du sujet.

Il me présente les gars avec qui je vais bosser dès demain, les différents rôles que nous avons, les actions entreprises, les espèces que nous abritons, le nombre de dragons. Je bois ses paroles et le suis à travers les bois. Mes yeux se posent partout où ils peuvent, j'ai toujours du mal à croire où je suis et que je vais travailler ici. Mon rêve prend enfin vie sous mes yeux et c'est incroyable.

Quand, sous mes yeux, enfin dans les hauteurs à plusieurs centaines de mètres, un éclat doré attire mon attention. Je reste bouche bée devant ce Cornelongue roumain absolument magnifique. C'est la première fois que je vois un dragon et je ne pense pas que l'instant aurait pu être plus beau qu'à ce moment précis.

Le soleil est sur la pente descendante à ma gauche. En face de moi se trouve une immense femelle aux écailles d'un vert émeraude qui étincellent sous la lumière déclinante du jour. Ses longues cornes dorées scintillent et donnent un aspect presque irréel à la scène. Le paysage montagneux alentours pourrait presque faire penser à une peinture de maître. Les couleurs sont magnifiques, l'instant figé par la beauté de la scène. Mon cœur s'emballe et mon sourire s'étire un peu plus si possible quand la femelle rugit, le son amplifié par les monts alentours. Un frisson d'allégresse parcourt ma colonne vertébrale et mes poils se hérissent, j'ai trouvé ma place en ce monde, qu'importe mes semblables, j'ai trouvé ma place, et c'est ici, avec elle en cet instant. Je ne me rends compte de la situation que lorsque Rick reprend la parole.

- On dirait moi, quand j'ai débarqué à ton âge dans cette réserve, tu es fait pour ça, gamin.

Je détache difficilement mes yeux de la dragonne et rencontre ceux de Rick, emprunts de tendresse et de nostalgie, je dirais. J'ai envie de sautiller partout comme un enfant devant le sapin de Noël. Je me pince le bras, mais non, je ne rêve pas, cette vie trépidante est bien la mienne.

-Marianne-

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