Kyle of Lochalsh

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Ce que l'on retient en premier de l'Écosse, c'est l'accent de ses habitants, surtout celui des glasgowiens. Puis, on remarque les montagnes, autant les Bens que les Monroes. Entre ces géants, il y a les lochs, ces lacs aux noms étranges : loch Ness, Oich, Lochy et Linnhe. Couchée au fond du Great Glen, cette longue vallée qui traverse l’Écosse, cette série de lochs constitue la frontière naturelle entre les highlands et le reste de l’Écosse.

Pourtant, parmi les plus belles images accrochées à mes souvenirs viennent de cette longue bordure de mer qui touche l'Écosse sur les 5/6 de son contour. 

Kyle of Lochalsh est l'un de ses merveilleux coins écossais où s'unissent des faits d'histoire, des fantaisies, du rêve, la proximité de la mer, une grande île mystérieuse et des gens fort sympathiques. Nous l'avons visité en 2001. 

Le 20 juillet, nous sommes partis de Ullapool avec des sentiments mitigés, entre la hâte de poursuivre notre route de vadrouilleur et le goût de rester sur ce bout de terre calme et accueillant. Mais nous avions rendez-vous avec une île et nous ne voulions pas le manquer. Au gîte, nous avions convaincu la propriétaire de nous servir un déjeuner léger, des toasts, des céréales et du café plutôt que le lourd « scottish breakfast » proposé avec fierté tous les matins. 

Tous nos effets remplissant notre petit Rover, nous avons pris la route, en direction sud, qui nous a mené à Kyle of Lochalsh pour visiter l’île de Skye. Comme il faisait très beau, nous avons décidé de suivre une route secondaire qui longe la côte. Ce fut une bonne décision. Les « single track roads » très nombreuses ne permettent pas la conduite rapide et nous avons eu ainsi tout le temps de regarder les paysages magnifiques qui présentaient un mariage harmonieux entre la montagne et la mer, entre le roc noirci par le temps et la bruyère fouettée par le vent, entre l'air salin craché par la mer et celui plus froid qui siffle sur les pentes. Nous avons traversé plusieurs lochs, qui étaient en fait des fjords et qui nous rappellent tous ceux que nous avons visités à Terre-Neuve, cette province la plus à l'est du Canada et dont l'origine géologique est la même que celle de cette partie de l'Écosse. Les fjords eux-mêmes, ceux de Terre-Neuve et d'Écosse, sont les témoins du travail des glaces au cours de la dernière glaciation. Par contre, l’aspect des montagnes est différent ; les montagnes très arrondies des Appalaches sont remplacées ici par des montagnes en pentes accentuées d’un côté et de falaises abruptes de 4 à 500 mètres de l’autre ; la géologie du sol beaucoup plus friable, l’effet du vent plus fort et l’effet de la pluie plus abondante sont probablement en grande partie responsables de ces différences. 

Il y a des sentiers de randonnée partout. A tous les quelques kilomètres, on observe des endroits pour garer quelques voitures. Certaines pistes sont balisées, d’autres pas ; c’est la méthode en Écosse où nul territoire n’est interdit aux montagnards. L’absence d’arbre dans les hauteurs aide grandement à l’orientation sur les montagnes et les nombreux points de repère sont faciles à trouver ; il n’y a pas deux montagnes semblables et les lacs et les rivières sont nombreux. 

Ce petit tour de campagne nous a montré que les habitations dans les highlands sont plus modestes que dans le reste de l’Écosse. Des grosses maisons en pierres que nous avons admirées sur la côte est de l’Écosse et même à Inverness, nous passons ici à des petites maisons aux façades en stucco, en bois ou en briques. Tout comme dans notre pays, les pêcheurs et les travailleurs de la terre ont moins de moyens financiers que les commerçants et les bourgeois. Mais cela ne les empêche pas d’être fiers ; toutes les maisons s'harmonisent bien avec l'environnement ; elles sont très propres, portent un nom personnalisé et possèdent un jardin bien aménagé.

Tranquillement, notre petite balade nous a amenés, vers la fin de l’avant-midi, à Balmacara où nous avons installé notre tente au reraig Caravan Site. Comme il y toujours du vent qui vient du loch et de la mer, il y presque pas de midges et nous en sommes très heureux. Nous en avions assez de ces petites bestioles plus petites que nos brûlots québécois, mais cent plus vicieuses... ou presque... Comme à notre habitude, nous avons monté notre campement rapidement, presssés de reprendre l’aventure pour explorer cette fois des campements pictes, vieux de 2,500 ans situés sur les bords du Glen More, un peu plus au sud. 

Deux Québécois en vadrouille en ÉcosseLà où vivent les histoires. Découvrez maintenant