15 : Inconnu et mystères

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Note : j'aimerais beaucoup que vous laissiez des commentaires ! Ça motive énormément et ça me permet de savoir ce que vous aimez, ou au contraire ce que vous n'aimez pas... Merci !

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Pourquoi ne serait-ce pas l'occasion de me lancer à sa recherche ? C'est d'ailleurs peut-être une des dernières chances de ma vie, car admettons qu'il soit emprisonné suite à cette chasse à l'homme, je ne pourrai rien faire et ne le retrouverai jamais. Car si j'ai bien compris, mon père est utile à tous les camps : il permettrait à celui des Originaux de retrouver toutes les Tribus et ainsi de leur permettre de constituer une alliance, et il permettrait également aux anti-Originaux de retrouver les Tribus, pour ensuite les exterminer. Je réfléchis sérieusement à me lancer moi aussi dans cette quête, bien que pour des raisons sensiblement différentes. Ce que je veux, ce sont des réponses à des questions que je me suis posée toute mon enfance, et encore aujourd'hui. Le seul problème, assez handicapant pour ne pas me laisser partir sur le champ, est que j'ignore où il se trouve, et que je ne sais même pas par quelles pistes commencer. Mes chances s'avèrent donc minces, voir quasiment inexistantes. Je soupire sur le chemin qui mène chez moi, et qui grimpe fortement au point que j'en suis toujours essoufflée. Retrouver mon père est un rêve de la gamine que j'étais, et de la presque adulte que je suis. Mais je n'ai pas seulement envie de le retrouver, je veux lui parler, le toucher. Et mon désir de voir toutes ces choses se réaliser se renforce au fur et à mesure que j'apprends des choses sur lui, comme l'engagement qu'il a pris au péril de sa vie pour sauver les Originaux. Et même si ma tante a toujours joué son rôle de mère et de père à la perfection, je ne peux m'empêcher de penser à retrouver mon géniteur. C'est une obsession qui se durcit de jour en jour ; et aujourd'hui particulièrement, ma volonté me paraît inébranlable. Le travail va s'avérer fastidieux, mais à ce moment, je me sens capable de tout, même de l'impossible.

C'est dans cet état d'esprit que je me décide à tout raconter à ma tante, d'Hans à l'exécution d'aujourd'hui en passant par mon désir de retrouver mon père, tout y passe. Et c'est assez naturellement qu'elle me lance sur une piste évidente : les albums de photos. Je saute de joie, m'empresse d'aller chercher les trois albums volumineux rangés dans l'étagère du salon, et les posent brusquement sur la table de la cuisine. C'est ainsi que nous passons notre soirée à décortiquer les photos, cherchant des personnes apparaissant de façon récurrente susceptibles de m'aider plus tard à localiser mon père, notant les lieux, les événements, tout indice susceptible de nous mettre sur une piste. Mais ce travail est extrêmement lent et long, et lorsque nous décidons d'aller nous coucher, nous sommes à peine au quart du premier album, et j'ai l'attention de commencer mes investigations sur le terrain dès la semaine prochaine, si possible. Car s'il faut en plus que j'interviewe des gens, que je parcoure toute la planète, je n'aurai pas fini d'ici la fin de l'été, car mon objectif est clair : si je ne le retrouve pas dans deux mois, j'arrête tout. Je ne vais pas passer ma vie, gaspiller ma jeunesse et mes rêves à chercher un fantôme. Ou plutôt un esprit, pour être exacte, puisque c'est son Incarnation fille. En réalisant cet élément que j'avais oublié, j'étouffe un cri de rage : comment retrouver un esprit capable de revêtir l'apparence de tous les êtres vivants présents sur Terre ? C'est tout bonnement et irrévocablement impossible. Autant abandonner tout de suite, me laissé-je abattre par la fatigue et le désespoir. C'est le point contracté en une boule compacte, sensé étouffer ma rage, que je lâche prise : je m'endors sur l'album photo. Mon sommeil me calme, je rêve de forêts, de montagnes, de neige, et ce déploiement de nature m'apaise.

   Le lendemain, je suis de nouveau disposée à continuer d'éplucher les photos, classées dans l'ordre chronologique. En début d'après-midi, je m'offre une pause et retrouve Elio, Julie et Tristan au café que nous avons l'habitude de retrouver le mercredi midi. Or, aujourd'hui, nous ne sommes pas mercredi. Aujourd'hui, nous nous disons au revoir avant de nous laisser partir en vacances. A la rentrée, nous n'aurons malheureusement pas la chance de tous nous retrouver dans la même ville pour faire nos études : Tristan part à Paris étudier le droit ; mais, à mon plus grand bonheur, Elio et Julie se retrouveront tout comme moi à Grenoble. Quant à Mila, elle ira à Lyon pour suivre une licence de physique.
   Je profite du silence qui s'est installé autour de la tablée pour leur faire part des derniers événements et de ma volonté de retrouver mon père. Julie hoche silencieusement la tête, tandis qu'Elio s'exclame :

Tome 1 : Le Reflet de l'HiverOù les histoires vivent. Découvrez maintenant