Chapitre 57 - Anna

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Mon père est parti ce matin, je l'ai accompagné à la gare qui doit l'emmener jusque l'aéroport. C'était moins difficile que ce que je croyais. Disons que je suis habituée à ce qu'il parte, même si chaque départ est différent et que j'aurais vraiment aimé qu'il reste à la maison. Je pense malgré tout à tout ce qui l'attend et je suis emplie de fierté envers lui. Nous nous enlaçons encore une fois, je le serre fort dans mes bras. Ma mère et lui échangent encore quelques mots et le voilà qui monte dans le train, ses deux valises derrière lui. Une larme s'échappe de mes yeux et je l'essuie du revers de ma main. Il nous fait signe de la fenêtre. Ma mère semble très affectée et elle pose une main sur mon épaule, ce geste me surprend mais je ne la repousse pas. Nous allons désormais devoir cohabiter uniquement toutes les deux et peut-être que nous pourrons enfin essayer de nous entendre... J'aimerais vraiment qu'elle se livre enfin et qu'elle m'explique les raisons de ses trop nombreuses absences.

Voilà que le train se met en marche, et mon père s'éloigne peu à peu. Un long voyage l'attend et une chose est sûre c'est qu'il ne sera pas de tout repos.


***


Assise aux côtés de Jay qui joue du piano, mes pensées divaguent au rythme de sa mélodie. Il déplace ses doigts de manière habile et est comme possédé par sa musique. J'adore le voir tant passionné dans ce qu'il fait. La douce mélodie qui sort de l'instrument nous berce et nous emporte ailleurs. Il n'a pas encore voulu chanter depuis tout à l'heure, mais je le supplie de le faire, au moins une fois.

Je suis tombée amoureuse de sa voix, de sa façon de chanter chaque mot, de sa façon de ressentir chaque mot. Il est si beau lorsqu'il articule chaque syllabe de chaque vers. Après lui avoir demandé plusieurs fois, il se décide enfin à me chanter une de ses compositions.

Alors qu'il commence d'abord au piano, je suis subjuguée par son regard. Il le plante dans le mien avec une telle force. Je suis impressionnée qu'il réussisse à jouer sans regarder une seule fois les notes ou ses doigts. Il est fait pour ça, il est né pour ça. J'aurais tellement aimé le connaître avec sa maman, pouvoir les voir évoluer ensemble. Je ravale mes pensées pour ne me concentrer que sur ce qu'il chante.


Mirame, mirame, espero que puedes ver como te mire

Si pudieras saber lo que pienso ahora

Ojala que puedes sentir como to amo

Quiero verte cada segundo, cada minuta, cada hora

Quiero verte para nunca olvidar tu cara

Salvame, salvame, necesito ayuda

En silencio insinuastete en mi

Cada pensamiento me recuerda lo importante que eres

Te quiero más que nunca

Te quiero más que ayer

Solo tu, es solo tu en mis pensamientos

Me voy a perderme en tu ojos

En tus ojos tan profundos

Todo lo que quiero decirte es que

Gracias a ti estoy salavado

Me salvaste, sabes que me salvaste ?

Nunca olvidaré, nunca te olvidare

Y espero que tu tampoco nunca vas a olvidarme

On n'oublie pas [Publié en auto-édition]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant