Chapitre 48 - James

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Ma petite amie écoute ce que je compose, les yeux rivés sur mes doigts qui jouent habilement sur le piano. Elle aime lorsque je créé de nouvelle mélodie, elle trouve ce genre de moment « hors du temps ». Je ne peux pas la regarder puisque je suis concentré sur les notes à enchaîner, mais je peux sentir son regard pesé. Une main dans mon dos et sa tête sur mon épaule, elle est calme et attentive. J'hésite un long moment à accompagner mon morceau des paroles que j'ai écrite cette nuit, mais je ne suis pas certain qu'elles soient abouties. Je me retiens alors de les faire sortir de ma tête, je préfère peaufiner encore un peu, pour qu'elles soient parfaites lorsque Anna les écoutera.

Elle m'a beaucoup inspiré pour cette chanson et j'aimerais vraiment qu'elle puisse l'écouter lorsqu'elle sera terminée.


Sophia ne rentre pas ce soir, elle passe la nuit chez Lyam, ce qui a l'air de la rendre plus heureuse que jamais. J'aime retrouver en elle cette joie de vivre qu'elle avait auparavant, et je trouve ça vraiment bien pour elle. Anna peut donc dormir à la maison ce soir, ce qui me réjouit vraiment puisque nous sommes rien que tous les deux.

Elle me demande ce que j'avais prévu pour manger ce soir, et comme je n'ai pas vraiment d'idées, elle propose alors de commander quelque chose. Je suis partant et lui demande ce qu'elle préfère.

– Des sushis, ça te tente ? m'interroge-t-elle.

– Carrément, je commande.

Elle semble ravie puisqu'un grand sourire naît sur son visage. Elle m'embrasse furtivement pendant que j'attends que l'on décroche à l'autre bout du téléphone.


Cette soirée est vraiment parfaite, nous mangeons devant la télé, avec un film. Lorsqu'elle finit son dernier maki, elle vient se coller à moi dans le canapé et j'apprécie cette proximité. Elle me fait le plus grand bien. On somnole tous les deux vers la fin du film mais nous luttons pour en savoir la fin quand même. 

Alors que le générique apparaît, je m'étire et réveille Anna. Elle s'est endormie cinq minutes avant le fin ! Je la lui raconte alors, et débarrasse la table basse. Elle s'étire à son tour et baille.

– Oh toi, tu es vraiment crevée ! dis-je en me levant.

– Désolée ! Je ne voulais pas louper la fin, mais je ne tenais vraiment plus ! se plaint-elle.

Je rigole devant sa petite moue et lui fais un câlin en reposant ce que j'avais dans les mains.

– On débarrassera demain, OK ? me supplie-t-elle en épousant mes lèvres.

Je ne peux qu'acquiescer, trop occupé pour répondre de vive voix.


Nous montons dans ma chambre, je pousse des objets sur le sol à l'aide de mon pied, ayant Anna accrochée à moi, continuant à m'embrasser un peu partout où ma peau est visible. Je sais qu'elle ne va pas tarder à être entièrement visible si Anna continue à ce rythme.

Je la dépose délicatement sur mon lit, prenant soin de nous coucher sur l'oreiller. Elle gémit de mécontentement lorsque nos lèvres se décrochent l'espace de quelques instants. Je retire mon tee-shirt et elle fait de même. Ma petite amie fait même bien plus puisqu'elle se déshabille entièrement, ne laissant que ses sous-vêtements. Elle est à couper le souffle. La lueur de la lune éclaire ma chambre, si bien que je peux vraiment admirer Anna au clair de lune. Ses cheveux lui vont si bien, ses petites boucles me font craquer. Je passe une main dans ses cheveux et me mets à califourchon sur elle. Sa réaction ne se fait pas attendre. J'aime lorsqu'elle est comme ça. Elle oublie tout, elle se donne totalement à moi et j'arrive moi aussi à tout oublier lors de ces moments rien que nous deux.

Elle possède ce don de me déconnecter d'absolument tout pour me consacrer rien qu'à elle. 

Ce soir, nous faisons l'amour, passionnellement, avec beaucoup de tendresse et en même temps on sent que l'on a besoin l'un de l'autre. Nos instincts primaires se font ressentir également.


Elle revient de la salle de bain, où elle a sans doute effectué un brin de toilette, puis elle s'installe à mes côtés, passe un bras autour de mon torse et me fait des petits baisers.

Nous restons ainsi pendant un moment, jusqu'au moment où elle me demande si je suis fatigué. J'avoue qu'après ça, je le suis quand même, mais pas au point de m'endormir de suite alors je lui réponds par la négative. Nous commençons alors à nous dire de petits mots. Elle commence par me dire qu'elle aime mes cheveux, passant sa main dedans. Puis, elle trace le contour de mon visage à l'aide d'un seul doigt et elle continue à me dire qu'elle aime mes yeux, mon nez, mes pommettes, ma bouche. 

Je pourrais lui dire la même chose, mais rien ne sort à ce moment. Elle plonge son regard dans le mien et je peux voir la lueur bleue lagon encore plus profondément grâce à la lumière de la lune qui reflète pile à l'endroit de ses yeux. Anna continue ses lentes caresses et je fais de même, sur ses mains, son ventre, sa poitrine.

Elle se tourne sur le ventre pour me faire face, puis je sens dans son attitude qu'elle aimerait me dire quelque chose mais qu'elle hésite. Je prends alors les devant, lui écartant une mèche de cheveux devant ses yeux, je plonge à mon tour mon regard dans le sien.

– Je t'aime. Je t'aime, Anna. Seulement toi, je t'aime toi, toute entière. Quand tu me souris, quand tu me confies tes doutes, quand tu es triste, quand tu es heureuse, quand on est tous les deux, quand on est avec nos amis, je ne vois que toi.... ce sera toujours comme ça, je serai toujours là pour toi, je t'aime. Tu es ce que j'ai de plus précieux dans ma vie.

Une larme perle aux coins de ses yeux et je sens toute l'intensité de cette déclaration. Je la ressens au plus profond de moi, je ne sais pas comment ni pourquoi j'ai réussi à lui parler de ce que je ressens, mais voilà une chose que je voulais lui dire depuis bien longtemps. Je n'ai simplement pas trouvé le bon moment...

– Oh, Jay... mon cœur. Je t'aime, bien plus que tu ne l'imagines. Tu es une personne tellement extraordinaire. Je suis tellement admirative de ta force, de ton courage et de tout ce que tu es. Je t'aime. Ce que tu me dis me touche énormément... Je suis là pour toi, tu sais, quoi qu'il arrive, tu peux tout me dire. Je t'aime aussi Jay.

Je l'attire à moi et l'embrasse délicatement puis plus durement, pour lui montrer tout l'amour que je ressens pour elle, pour qu'elle prenne conscience que je l'aime, plus que tout. Elle est celle qui me fait vivre, celle qui me sort de ma léthargie, celle qui me sauve de tout, de mon passé mais aussi de mon avenir que je voyais si noir... Désormais j'aspire à un avenir meilleur, simplement parce qu'elle est entrée dans ma vie.

Nous nous endormons tous les deux, main dans la main, peau contre peau, pour sombrer dans une nuit paisible et loin de tous les cauchemars que je faisais auparavant.

On n'oublie pas [Publié en auto-édition]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant