Chapitre 47 - Anna

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Je rentre chez moi après avoir été courir seule, j'en avais besoin. J'avais envie de me retrouver seule, même si tout va bien avec Jay. Tous les événements passés me sont remontés d'un coup et j'avais envie de me défouler. Je passe la porte et ma mère me tombe dessus. Je ne l'ai pas prévenu que je sortais, pour la simple et bonne raison qu'elle n'était pas là. Je ne pensais pas qu'elle s'inquiéterait, surtout qu'elle ne fait jamais attention à moi ces derniers temps.

Sans me dire bonjour, ni même me demander comment s'est passé ma journée, elle crie déjà :

– Anna ! Tu étais où ? T'aurais pu me prévenir au moins !

– Désolée, tu n'étais pas là et je pensais pas que tu rentrerais entre temps, je lui réponds en montant les escaliers.

– Et mes messages ? Tu aurais pu me répondre, je me suis inquiétée !

– Ah ouais ? Depuis quand tu t'inquiètes pour moi ? Et je n'ai reçu aucun message !

Je m'arrête dans les escaliers, attendant qu'elle me réponde.

– Je t'ai envoyé plein de messages, regarde ton téléphone ! menace-t-elle.

Je sors mon téléphone de ma poche et lui montre que je n'ai reçu aucune notification.

Elle observe quelques instants l'écran de mon iPhone et je sens déjà qu'elle ne comprend pas pourquoi. Je lui demande de me montrer son téléphone à son tour et ce que je vois me fait vraiment rire.

– Maman, tu as envoyé les messages à Juliette, pas à moi !

Elle m'arrache son téléphone de mes mains et le verrouille en même temps.

– Ouais, bon tu aurais pu m'en envoyer un, toi !

Je la sens vexée, forcément lorsqu'elle a tort, elle se braque et disparaît aussi vite dans son bureau. 

Je monte alors dans ma chambre, sidérée par la scène qu'elle vient de me jouer. Elle en fait des tonnes, alors que la personne qui n'est jamais là c'est bien elle ! 

Je n'arrive pas trop à m'habituer à nouveau au fait qu'elle se soucie de moi. Ça fait quelques temps qu'elle était tellement ailleurs qu'elle ne s'occupait plus de moi. Je m'y étais habituée, j'ai appris à aimer cette liberté qu'elle me laissait alors le fait qu'elle me surveille, si on peut dire ça comme ça, eh bien je suis perturbée.


***


Mon chat ronronne alors que je lui fais des caresses sur le ventre, il se blottit contre mes jambes et je continue d'écrire sur mon ordinateur. Parfois, écrire avec un clavier va plus vite que d'écrire avec un stylo. Lorsque je pense à trop de choses en même temps, il me faut une page blanche de Word et simplement mes mains pour taper sur le clavier, afin d'extérioriser tout ce à quoi je pense constamment. 

Mes pensées se tournent vers Jay, puis vers Ayden et inévitablement vers Maria. Quand j'y repense, je n'arrive pas réellement à m'y faire. Bien sûr, j'ai James, Ayden, puis Jenny depuis quelques temps avec qui je m'entends sincèrement bien. Je les adore, tous. Mais Maria était Maria. Et malgré nos différends, je l'aimais, vraiment. Elle était une partie de moi, c'est avec elle que j'ai grandi pendant de longues années... Et c'était avec elle que je voulais tout partager, même plus tard... Je m'imaginais déjà nos longues soirées dans nos appartements. Malheureusement, la vie en a décidé autrement, du moins elle en a décidé autrement. Je pensais la connaître, mais je vois bien que ce n'est pas le cas. Je n'arrive pas à comprendre comment quelqu'un peut se laisser si facilement influencer. Pourtant, ce n'est pas comme si je n'étais plus là, nous sommes encore dans la même classe. Elle peut encore me voir tous les jours. Je la pensais sincère pendant toutes ces années. Eh bien, finalement je n'étais que de passage pour elle, peut-être qu'elle n'a jamais pensé que je lui accordais autant d'importance dans ma vie.

Je suis profondément attristée par ses actes, elle est devenue le type de fille qu'elle critiquait, et ça me fait mal. La déception m'a envahi, et je ne ressens rien d'autre à part ce sentiment d'impuissance face à la situation. Je n'ai pas envie de la provoquer, je n'ai pas non plus envie de l'affronter devant Julia et Lisa. Il est hors de question que je ne me donne en spectacle.

Je devrais pourtant faire un effort, pour Ayden. Je sais qu'ils sont proches, je crois même qu'ils sont ensemble. Il ne m'a encore rien dit, mais à la façon dont ils se comportent l'un envers l'autre, je ne suis pas dupe, je la vois le dévorer du regard. 

Malgré tout, je ne peux que vouloir le bonheur d'Ayden et si c'est avec elle, alors je dois l'accepter. Peut-être que je ferai un effort, un jour. Mais ce serait bien trop me demander de le faire tout de suite. Je ne m'en sens pas capable. j'ai besoin de prendre encore du recul sur la situation, sur le fait qu'elle ait tant changé en l'espace de quelques semaines. Peut-être qu'elle a toujours été comme ça et que je l'idolâtrais, je ne sais plus quoi penser.


Je sors de ma rêverie, lorsque Mint se lève pour me demander de sortir par la fenêtre, je lui ouvre et prends mon téléphone. Un message de Jay m'y attend :


« J'ai vraiment très envie d'être avec toi ce soir. »


Ce message me fait esquisser un large sourire, c'est exactement ce que je ressens à cet instant : j'ai envie de le prendre dans mes bras et qu'il me dise que tout ira bien, qu'il ne faut pas que je m'en fasse pour Maria, ni pour rien d'autre, parce que nous sommes tous les deux. Et tous les deux, on n'oublie pas que le plus important est l'amour qu'on se porte.  

Je lui réponds alors en tapant rapidement sur le clavier de mon téléphone cette fois :


« J'aimerais beaucoup être dans tes bras. »


Sa réponse ne tarde pas à arriver :


« Moi aussi, il faut que tu viennes dormir chez moi, tous les jours, toutes les nuits ! »


J'aime ses petits messages, ils me font craquer chaque jour un peu plus et j'ai sans cesse envie de le retrouver pour l'embrasser, l'enlacer, le toucher, être avec lui, tout simplement.

On n'oublie pas [Publié en auto-édition]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant