Chapitre 30 - Anna

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- Devine qui j'ai vu en venant ici ! Je demande juste après lui avoir dit bonjour.

- Euh, je sais pas ?

- Nolan et Julia ! Ils étaient en train de s'embrasser, donc bon il est clair qu'ils sont ensembles.

- Ah, oui ça ne peut pas être plus clair effectivement !

Il rigole mais je sens que le cœur n'y ait pas vraiment.

Dans son message, il a dit qu'il avait quelque chose à me montrer, alors je lui demande ce que c'est et il me dit de le suivre. Nous traversons encore une fois ces pièces si vides, sans décoration et sans meuble... Je m'arrête un instant.

- Ces pièces... Jay, pourquoi elles sont vides ?

Il me dévisage et je sens qu'il se renferme.

- La maison est trop grande, on n'a pas besoin de toutes ces pièces.

On ? Qui ça, on ?

- Jay... qu'est-ce qui ne va pas ?

Je vois bien qu'il y a quelque chose, mais il ne veut sans doute pas en parler.

Il reprend son souffle et en souriant du coin des lèvres il me répond :

- Non, tout va bien ! Allez, viens, il faut que je te montre quelque chose.

On continue de traverser les pièces une à une, comme la dernière fois et je me dis que nous allons au même endroit puisque je me souviens être passée aux mêmes endroits. Je tente de m'enlever toutes les questions qui me passent par la tête, mais j'ai du mal. D'un coup, il s'arrête et avec un grand sourire il me montre un... baby-foot ! J'en reviens pas, c'était donc de ça qu'il parlait ? Il voulait me montrer son baby-foot ?

Il a l'air plutôt heureux et ça me fait plaisir. Il me demande si je veux faire une partie, et nous voilà à jouer au baby-foot au milieu de sa véranda. Je ne l'avais pas vu la dernière fois, je pense qu'il faisait partie de tous les meubles recouverts. Ils le sont tous encore, d'ailleurs. Je voudrais lui demander pourquoi, mais je ne me sens pas de lui plomber le moral, pas maintenant.

Il retrouve sa joie de vivre et c'est tout ce dont j'ai besoin à cet instant.


On en est déjà à notre quatrième partie, il gagne tous les matchs, évidemment. On s'amuse comme deux gosses et ça me fait vraiment rire aux éclats. Jay est à fond et joue comme si sa vie en dépendait alors que je suis totalement nulle et que je peine à jongler entre les deux endroits où je dois placer mes mains pour jouer.

Après le baby-foot, je décide de le défier à Just Dance, juste parce que je suis sûre de gagner à ce jeu.

Au bout de huit danses, il déclare forfait. J'ai carrément tout déchiré !

- Alors, pas trop déçu ? je lui demande épuisée.

- Bon, OK, j'avoue t'es trop forte pour moi à ce jeu, mais avant...

- Avant c'était ton domaine, là c'est le mien c'est tout.

Il rit et nous dirige dans la cuisine pour boire quelque chose. Une pause bien méritée !

Le temps est passée vite, on se pose sur son canapé, juste en écoutant de la musique. Je ne sais pas vraiment ce qui m'arrive, chaque jour que je le vois, mes sentiments s'intensifient, je ne saurais l'expliquer plus clairement, mais je ressens quelque chose de plus à chaque fois... J'aimerais pouvoir savoir s'il ressent lui aussi quelque chose, je l'avoue.


***


Ce midi, je me sens d'humeur à discuter avec ma mère. Je l'aide à débarrasser et pendant qu'elle fait la vaisselle elle me dit qu'elle va aller faire quelques courses juste après. Alors qu'elle a les mains occupées, elle me demande d'aller voir dans son sac à main si c'est elle ou mon père qui a la carte bleue. Je me dirige vers son sac à main qui est posé dans l'entrée. J'entends Mint miauler, je crois qu'il a faim. Je lui fais quelques caresses et prends le sac de ma mère. En sortant son portefeuille, je fais tomber un ticket parterre. Mint le renifle et essaie de le prendre avec ses petites dents, mais je l'attrape avant qu'il n'y arrive.Par curiosité, je regarde de quoi il s'agit. Mon étonnement pourrait se voir à des kilomètres, heureusement que ma mère ne me voit pas. Il s'agit d'un ticket d'une boulangerie où il y est écrit que deux pâtisseries ont été achetées, avec un café et un chocolat chaud. Je ne comprends pas vraiment avec qui elle a pu y être. La date indique lundi dernier et je me souviens très bien qu'elle m'a dit être allée à la fac pour travailler. Je me souviens avoir douté, peut-être que j'avais raison finalement. Avec qui était-elle ? Ce n'était clairement pas mon père puisqu'il était à l'hôpital. Sur le ticket il est clairement stipulé « sur place », elle n'aurait pas commandé tout ça si elle avait été seule.

Je le mets dans la poche de mon jeans et je continue quand même de regarder dans son portefeuille afin de confirmer à ma mère que sa carte bleue est bien dedans. Elle me remercie et sans plus attendre, je monte dans ma chambre allumer mon ordinateur pour trouver l'adresse de la boulangerie parce que ça ne me dit rien du tout.


L'adresse m'étonne encore plus que le fait d'avoir trouvé ce ticket de caisse ! La boulangerie se situe à plus de cinquante kilomètres de chez nous. Ce qui n'est clairement pas à côté. Je ne comprends plus rien. Je ne sais pas si je dois lui poser la question, j'ai peur qu'elle pense que j'ai fouillé, j'ai peur qu'elle se braque. Ai-je même le droit de me mêler de sa vie ? Un côté de moi me dit que oui, puisqu'on parle de ma mère tout de même, mais mon autre côté me dit que non parce qu'elle n'a pas à se justifier auprès de moi. Je ne sais vraiment plus quoi penser !


Au bout de quelques minutes, je me décide quand même à lui demander où elle était ce jour-là, sinon je sais que je vais regretter de ne pas l'avoir fait.

- T'as fait quoi lundi ?

- J'étais à la fac, pourquoi cette question ? me demande-t-elle sur la défensive.

Je sais qu'elle ment, ça se sent.

- Je sais pas, t'avais pas faim, par hasard... ?

Je décide de tenter ma chance, mais je ne pense pas qu'elle sera réceptive. Elle me regarde perplexe, je ne pense pas qu'elle s'attendait à ce genre de question venant de ma part.

- De quoi tu parles ? J'étais à la fac, un point c'est tout !

Elle se fâche presque sur ses derniers mots et se précipite de mettre sa veste et de s'en aller, sans dire un mot de plus.

Merde, j'ai tout fait foirer. Elle ne répondra plus à mes questions. J'avoue que ma question était carrément nulle, mais j'étais désemparée, je ne savais pas comment aborder le sujet. Je suis déçue qu'elle me mente si facilement. Le fait qu'elle fuie ne peux que m'indiquer qu'elle a quelque chose à se reprocher. Je suis bien décidée à découvrir ce qu'elle me cache, même si pour ça je dois employer les grands moyens, même si ce que je peux découvrir risque de ne pas me plaire.

On n'oublie pas [Publié en auto-édition]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant