Chapitre 12 - Anna

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- Une quoi ? je m'exclame, choquée.

- Une blague... Mais alors t'y as totalement cru ? Sérieux ? me répond Maria.

- Mais bien sûr que je t'ai cru, tu m'as dit ça sur un ton sérieux !

Je n'en reviens pas, Maria ne déménage pas. C'était une simple blague. J'avoue ne pas comprendre pourquoi elle a fait ça, ce n'est pas...drôle.

Elle est hilare à côté de moi et je tente d'esquisser un sourire mais ça ne me faire pas rire une seule seconde. Elle poursuit :

- Ouais avec June et Lisa on s'est dit que ce serait drôle de voir ta tête si on te disait ça.

- Et en quoi c'est drôle que je m'inquiète de ne plus voir ma meilleure amie ? j'assène d'un ton cassant.

Maria se dirige vers les filles et je ne peux que la suivre si je ne veux pas rester planter là, toute seule.

- Tu lui as dit ? ricanent-elle en cœur.

Je leur lance un regard en coin, mais je ne souhaite pas m'attarder en leur compagnie, je ne sais pas ce que Maria leur trouve pour rester avec elles. Il est vrai qu'elle les a toujours complimenté et admiré, mais de là à devenir leur amie, sérieusement ?

Je tente de leur rendre leur sourire et fait mine que ça ne m'a pas touchée. Elles ne se rendent pas compte que j'avais peur de la perdre, que je me suis rendue compte que si Maria déménageait ça voulait dire qu'on ne pouvait plus se voir. Elle a l'air de prendre cette blague vraiment à la légère quand moi j'ai cogité plusieurs nuits à ce propos. Je n'en reviens pas non plus qu'elle ait mis autant de temps à me dire que ce n'était pas vrai. En quoi est-ce amusant de jouer avec mes émotions comme ça ?


Je me désintéresse de leur conversation puisque je n'y suis clairement pas incluse. June tente de me garder dans leur cercle mais il est clair que Lisa ne veut pas de moi, vue la façon dont elle me dévisage. Le message est passé, je vous laisse tranquille les filles !

Je vois Jay et Ayden plus loin en train de discuter ensemble, ce qui me réconforte un peu. Je peux passer du temps avec mon meilleur ami et le nouveau, sans qu'ils se détestent. Je remarque quand même un truc qui ne va pas entre Nolan et Ayden, ils sont d'habitude toujours fourrés ensemble lorsque Ayden n'est pas avec moi.

Puisque apparemment personne ne semble vouloir me tenir compagnie, je décide de me diriger vers Mattéo pour mettre les choses au clair et aussi pour qu'il arrête de parler à Maria. Même si je ne comprends pas le comportement de cette dernière, ce n'est pas une raison pour la laisser tomber.


J'approche de Mattéo, qui est avec trois nanas que je ne connais que de vue, leur conversation semble animée et l'impression de déranger et d'être de trop me gagne au fur et à mesure que je marche vers eux. Tant pis, si je fais demi-tour je passerai pour une fille indécise qui rebrousse chemin au premier obstacle alors je continue d'un pas déterminé.

- Mattéo, on peut parler ? je demande en profitant d'un moment de blanc entre les quatre compères.

Il me regarde avec dédain et me lance :

- Nan, tu vois je suis pas tout seul là.

- Merci, j'ai bien vu, mais il faut vraiment qu'on se parle toi et moi.

Je prends appuie sur une jambe, pour me donner une contenance mais j'avoue que les filles à ses côtés ont de quoi m'impressionner : leur maquillage est impeccable, leurs cheveux le sont tout autant et elle doivent faire une tête de plus que moi grâce à les chaussures à talons ou plate-formes d'au moins huit centimètres.

- Eh bien, moi je te dis que je suis occupé. Alors tu retournes d'où tu viens et t'es gentille, tu me laisses tranquille.

Il reprend sa discussion sans même me laisser le temps de lui répondre et j'enrage intérieurement. Mon pouls s'accélère et je fulmine en faisant machine arrière. Je croise Ayden et James qui m'interpellent en me demandant ce qui ne va pas. Je suis donc si transparente à leur yeux. Ils décèlent directement mon énervement et m'intiment de me calmer. Après leur avoir raconté mon altercation avec Mattéo. Enfin, on ne peut même pas parler d'altercation puisqu'il m'a rembarrée bien comme il faut. Encore une fois, je ne comprends pas ce que Maria peut lui trouver. Il est antipathique au possible et après tout ce qu'il lui a fait subir, je me demande sincèrement ce qu'il peut bien y avoir entre eux-deux.


Alors qu'on se dirige tous vers nos bus respectifs ou les voitures des parents, je vois rouge en apercevant Maria rentrer avec Mattéo. Mon exaspération est grande lorsque je le vois la prendre par la taille. Ayden est de mon côté lorsqu'il se met à insulter de tous les noms Mattéo et je ressens alors qu'il compatit avec moi. Ou bien est-il vraiment en colère parce qu'elle se laisse faire ?

On marche tous les trois, avec Jay. Mon meilleur ami nous quitte juste avant de nous avoir fait par de son désarroi face à Nolan. Ce dernier aurait divulguer des petits « secrets » d'Ayden à plusieurs personnes en déformant ses propos. On en revient pas avec Jay mais il ne peut pas nous en dire plus parce sa mère est là pour le chercher et qu'elle attend dans la voiture depuis déjà quelques minutes. Il nous salue et nous souhaite une bonne soirée.

Jay et moi nous dirigeons vers notre bus et comme à notre habitude prenons place vers le milieu, côte à côte.


***


Nous avons quatre heures à tuer dans ce bus exigu où pas loin de soixante-dix élèves sont les uns sur les autres. Jay a insisté pour me laisser à côté de Maria, mais celle-ci n'a pas semblé touchée par cette attention et s'est dirigée directement vers June et Lisa, pour s'asseoir au fond du bus. Au final, elle s'est retrouvé assise à côté d'Ayden parce qu'il n'y avait plus de place et je me retrouve avec James. Il est cinq heures du matin et le réveil a été plutôt difficile si l'on prend en compte que j'ai discuté jusqu'à une heure du matin au téléphone avec Jay. Il n'arrivait pas à dormir et moi non plus à vrai dire.

Nous allons visité des grottes dans le cadre de notre cours de géologie. Ça à l'air passionnant. Je me demande encore aujourd'hui pourquoi j'ai accepté de suivre un bac scientifique si je n'ai aucun goût des sciences. Sûrement pour faire plaisir à ton père, me rappelle ma conscience.

Pourtant, il s'agit bien de l'écriture qui me passionne et non la découverte de grès et de l'érosion de la roche dans une grotte.


Jay et moi partageons nos écouteurs et il est en charge de la musique. Je dois dire qu'il a plutôt bon goût et un goût particulier pour les chansons acoustiques. J'aime bien, moi aussi.

Il s'endort pendant une petit demi-heure mais le reste du trajet nous paraît sacrément long. Je me dis alors que je pourrais raconter à James ce que je fais lorsque je m'ennuie, que je suis stressée ou énervée. Écrire. M'imaginer la vie des gens qui m'entourent. Dans ce cas, je connais la moitié des gens dans ce bus mais l'autre moitié est une classe avec laquelle je n'ai aucun contact, alors l'exercice devrait faire son effet tout de même.

Il se marre en imaginant toutes sortes de choses farfelues à propos des professeurs qui nous accompagnent. J'avoue que nous débordons d'imagination et passons d'une personne à une autre. Le temps passe plus vite, il semble s'amuser et sans le vouloir mes mains effleurent les siennes plus d'une fois. Ce qui me donne les frissons, plus d'une fois également.

Jay trouve cette occupation tout à fait normale et me dit qu'il adore cette idée.

- Tu devrais m'envoyer un message dès que tu fais ça.

- Et pourquoi je ferais ça ? je lui demande, intriguée.

- Parce que ça pourrait peut-être rendre ma journée plus agréable.

- Oh.

On n'oublie pas [Publié en auto-édition]Là où vivent les histoires. Découvrez maintenant