Chapitre 18.

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DIX-HUIT.

Céline, Clara, Nataly, Cyril, Philippe.

Décrochez-moi ces gousses d'ail 

Qui déshonorent mon portail

Et me chercher sans retard, 

L'ami qui soigne et guérit
La folie qui m'accompagne 

Et jamais ne m'a trahi : 

Champagne...

Jacques Higelin.




Un mois plus tard Céline et Nataly avaient invité Clara et Philippe à la demande de Cyril.

Les deux jeunes femmes avaient préparé le dîner ensemble. La Russe et l'Italienne s'entendaient à merveille, tout comme se mêlaient divinement leurs façons de cuisiner. Céline et Cyril les soutenaient de leur présence en cuisine, remplissant les verres d'apéritif, vodka et asti spumante. Clara comptait sur cette soirée pour leur faire découvrir ses nouvelles glaces.

Philippe était arrivé le dernier, à neuf heures. La faim les tenaillant tous, ils se mirent tout de suite à table.

Céline, en maitresse de maison, fit les présentations.

Les desserts connurent un immense succès: le sorbet citron au fouet, dont les lanières de chocolat s'enroulaient autour des courbes voluptueuses, la fessée, avec sa fine couche de vanille sur sorbet aux mûres, le sorbet à la pêche pincée, que l'on attrapait avec une petite pince, le bondage de fruits, enfin, dont les multiples saveurs relevées d'un coulis de melon étaient maintenues en un savant assemblage par un ushiro takate kote de fines lamelles de vanille...

Clara leur présenta également les nouvelles cartes, illustrées d'aquarelles réalisées par Cyril. Les glaces étaient représentées sur des fonds dans lesquels on distinguait à peine des corps de femmes encordés.

Lorsqu'ils passèrent au salon, rassasiés,Céline se rapprocha de Philippe, sous l'oeil attendri de Nataly.

Cyril s'était mis au piano, la tête de Clara posée sur ses cuisses.

Les travaux de la nouvelle boutique de Clara avançaient à grands pas ; Cyril s'avérait un bon Architecte, et leur entente était parfaite, jusque dans les choix de décoration.

Ils avaient mis au point le concept général de la nouvelle boutique, inventant les nouveaux parfums, les nouveaux designs.

Céline avait eu raison ; le BDSM était du dernier chic et tous les magazines s'étaient rués sur l'expérience de ces glaces érotiques, leur faisant une immense publicité. Ils étaient obligés d'organiser des soirées spéciales privées pour accueillir la presse.

Ils fourmillaient de projets trop longtemps retenus : un grand voilier pour Cyril, sur lequel ils partiraient ensemble pour de longues croisières, tantôt bordant des écoutes, tantôt enrobant des corps de ces mêmes cordes.

De nouvelles glaces, de nouveaux gâteaux, toujours.

Puis Philippe, qui était resté étonnement silencieux durant toute la soirée, prit la parole.

L'alcool lui déliait la langue, il ressentait le besoin de se confier, de se débarrasser de toutes ses pensées des dernières semaines.

Chut, taisez-vous, Philippe fait son comming-out, ordonna Clara.

-Il était temps, c'est vrai qu'on ne sait rien de toi, ajouta Céline.

Philippe reprit, en adoptant un ton théâtral :

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